Blue Spring Ride - Les Petits Mouchoirs en japonais

» Critique de l'anime Blue Spring Ride par GTZ le
18 Novembre 2014
Blue Spring Ride - Screenshot #1

Il est des périodes comme je l'ai déjà dit dans de précédente critique où la soif de romance, mon envie de Chick Flick, japonais de surcroit, m'emplit et me dévore. Je me dois de l'assouvir. Un truc périodique quoi, une fois tous les trois ans un peu près. Sentiment que j'appelle d'ailleurs, le syndrome "Elle est trop bien". Car depuis que j'ai vu ce film je fus irrémédiablement atteint par une tolérance élevée et même une certaine passion pour le genre.

Il est à noté que les japonais ont dans ce domaine une touche particulière. A l'instar du teen movie dans une High School, le shojo détient les mêmes ficèles et un peu près les mêmes codes. Excepté que c'est avec des japonais et que ça se passe au Japon. Cela marque une grande différence de ton, de type d'humour, de relations, qui vont plus jouer sur le non dit, l'introspection et donc frapper encore plus fort sur le créneau Fleur Bleue. Blue Spring Ride n'y fait pas défaut.

Après avoir lu cette pompeuse introduction, vous vous rendez comptez que j'apprécie un minimum le genre. Donc faut nourrir l'animal. Après des avis avisés (tatatam ! ça c'est de la verve) je me suis penché sur Ao Haru Ride, le nom japonais du truc dont je vais vous parler.

Blue Spring Ride - Screenshot #2Au début j'y ai cru. Me suis dit "ouah, c'est joli, c'est finement colorée, c'est mignon, ça faisait longtemps quand même". Le grand bluff quoi. J'ai rien vu venir. Une fois arrivé à la moitié je constate que l'argent il a foutu le camp, que de l'audace y en avait jamais eu, pareil pour ce qui s'appelle la nouveauté, l'originalité, et tous ces trucs en "té".

Non, non c'était un truc normal. Voir presque bas de gamme par moment, du à des pertes graphiques et de rythmes notables à la moitié de la série. Genre on m'a menti quoi. Vraiment ? A moitié, l'emballage était pompeux mais l'histoire derrière n'avait aucune prétention autre que ce qu'elle voulait transmettre.

Bon, c'est relativement divertissant, pis j'en avais déjà mangé la moitié et je n'aime pas gâcher la nourriture. Surtout celle qui possède un minimum de saveur. Une fois arrivé à la fin, le retour de l'argent, de la passion et de la classe, ça passe la pommade et pis finalement je me dis que ce n'était pas si mal.

Mais un arrière goût, une amertume m'est restée sur le coin de la langue. Le début avait une pâte intéressante. Par une utilisation sensible de fond en aquarelle qui apportait une ambiance nostalgique, sentimental, aidée par une colorimétrie inspirée, de la classe, Ao Haru se positionnait bien. L'équipe, la passion et le budget, je croyais que tout y était. Par la suite cet effet de style ne fut plus qu'employé pour les flash-backs. Normal certains me dirons, c'était leur utilisation première, de différencier ces passages du présent. Pour justement amener cette mélancolie, ce regret du passé. La suite en devient alors banal, et les passages de FB sont presque là pour réveiller, bousculer un peu le visuel plutôt quelconque tout comme le design des personnages.
Mais est-ce cela donc finalement le but ? De montrer de vrais moments de vie, en suivant avec honnêteté le quotidien d'une adolescente qui apprend à se connaître, sort du passé et se tourne vers l'autre. Premier amour, première vrais amitiés, tout ça tout ça. Oui et non, car si l'attachement ne prend pas, ou si le spectateur décroche, de part une mollesse graphique et scénique le propos devient alors triviale. Le récit avait pourtant une certaine justesse, une belle sensibilité dans son démarrage, malgré un propos maintes fois utilisés - le fil "être soi-même" combo "amitiés superficiels" - comme point de départ. Le personnage principal masculin était crédible avec un petit fond derrière loin d'être rebutant. L'héroïne elle-même est un minimum attachante, on pourrait en croire autant pour les personnages secondaires. Une fois la série terminée et digérée, je me rends à l'évidence. C'était plutôt plat et sans conséquence.

Blue Spring Ride - Screenshot #3Pourquoi me demanderez-vous ? Il serait appréciable que je fournisse plus de contenu à un avis qui se veut si catégorique. Restons simple et concis. Il y a, il est vrai dans cet animé des points intéressants, des personnages un peu en dehors des poncifs habituels. Une mise en scène simple mais joliment illustré, agréable et presque envoûtante. Mais cela est survolé, adaptation d'un manga ? Peut-être cela est-ce la raison du sentiment d'inachevé ressentie. Je ne le pense pas. Cela reste trop doux, trop lisse, presque sans passion. De même pour les personnages secondaires, dont l'attachement est faible, relatif, sans réelle importance. En particulier la petite brune et le petit blond, qui ne font qu'habiller la série pour lui donner plus de corps.

Des petites rires, des petites joies, des petits pleurs (pour les sensibles), des petites émotions, Ao Haru Ride est une balade tranquille dans le monde de l'adolescence. Arrivant à camoufler avec une relative efficacité un récit léger mais point nocif Blue Spring Ride apporte la dose de sentiments et de jolies émotions promise et se permet en plus d'être agréable à regarder. En gros ça sauve les meubles et c'est déjà pas mal.

Pour les fans quoi.

6.5

Verdict :6/10
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A propos de l'auteur

GTZ, inscrit depuis le 09/06/2010.
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