Critique de l'anime Kenshin le Vagabond (TV)

» par Starrynight le
21 Février 2007
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Ah, Kenshin, mon premier anime (essuie furtivement une larme).

Un des grands intérêts de cet anime est son contexte historique dans lequel il est profondément ancré. Dix ans après le bakumatsu – la fin officielle du shogunat – l’Empereur - récemment redevenu chef de l’Etat dans les faits - ainsi qu’une poignée d’hommes politiques influents et visionnaires ont instauré l’ère Meiji, époque des Lumières de l’Histoire japonaise où les contacts avec l’extérieur reprennent et où le pays connaît un véritable essor économique ainsi qu’un boom technologique (l’anime montre par exemple l’arrivée du train au Japon, sur le trajet Tôkyô-Yokohama). Mais ce nouvel ordre est encore fragile et les partisans du shogun n’ont pas tous disparus. De plus, parmi les hommes (samourais, ninjas, …) qui ont combattu au cœur du conflit, qu’ils soient partisans de l’Empereur ou des Tokugawa, certains ont survécu mais n’ont pu se réinsérer dans la pax japonica et continuent à se battre pour un idéal perdu. Rurouni Kenshin intègre ainsi de nombreux faits et personnages réels : exemple parmi d’autres, le Shinsengumi a vraiment existé, Sôji Okita et Hajime Saitô en ont bien été deux chefs de groupe.

Parmi ces héros méconnus du grand public, ceux qui ont tué sans relâche pour établir un ordre nouveau, on suit l’histoire de l’un d’entre eux, Kenshin Himura, lequel connaît un destin particulier. A la suite d’un événement mystérieux qui l’a bouleversé, il s’est juré de ne plus jamais tuer et a troqué son sabre contre un à lame inversée (et qui donc assomme au lieu de trancher). C’est un personnage émotionnellement et spirituellement fort, par son souci de continuer à suivre une voie décalée, envers et contre tous et par ses nombreuses interrogations liées à son passé.

Un autre attrait de cette série est également de nous présenter une galerie de personnages charismatiques et à la psychologie développée, outre Kenshin : Kaoru qui tente se tenir le dôjô créé par son père à une époque où l’art du sabre est en disgrâce (et où l’on voit l’apparition du kendô), Sanosuke révolté par certains procédés des dirigeants de l’Ere Meiji, Yahiko enfant issu d’une famille de samouraïs et donc déconsidéré aujourd’hui, ainsi que Aoshi Shinomori, Hajime Saito, Misao Makimachi et bien d’autres encore. Tous dégagent un charisme impressionnant et sont passionnants par la manière dont ils ont choisi de vivre à l’heure actuelle par rapport aux temps de troubles permanents qu’ils ont chacun connus à leur manière, ainsi que par la manière dont Kenshin va peu à peu changer ces choix de vie.

Sur un ton parfois grave mais souvent léger et drôle (Kenshin en SD qui s’en prend plein la tronche ou encore Kaoru et Megumi se disputant Kenshin), l’anime raconte l’histoire d’un homme profondément meurtri par son passé (et portant le poids des innombrables meurtres qu’il a commis au nom d’une renaissance du Japon) et qui tente par tous les moyens de préserver la quiétude du Japon de l’Ere Meiji ainsi que le bonheur de ceux qui l’entourent. Si la tonalité de la série est très différente des OAV (ce qui, semble-t-il, en dérange beaucoup), le message n’en est pas moins fort et rend l’histoire de Kenshin passionnant, car un fantôme du passé peut surgir à tout instant et Kenshin doit à nouveau combattre, mais sans violer sa règle de ne plus tuer, autrement dit réussir l’impossible.

Cependant, comme tout shônen a succès, l’anime présente un certain nombre de défauts flagrants : tout d’abord, en raison de son succès justement, les scénaristes ont cherché à rallonger la sauce autant que possible avec force rajout de HS et traînage en longueurs (certains combats se déroulent sur trois-quatre épisodes). Ainsi, à peine un « méchant » est-il vaincu que le suivant apparaît et donne l’impression qu’on n’en finira jamais. Au bout de 95 épisodes, les scénaristes, sans doute lassés ou comprenant qu’il fallait bien un jour mettre un terme aux aventures de Kenshin, ont clos l’anime par un épisode aussi vide que mal fait et qui rend pas du tout justice à ce très bon anime. On a également droit à des scènes où la pomme de Newton n’a pas cours, tel le héros faisant un bond de plus de dix mètres avant de rester suspendu en l’air pendant une bonne minute en brandissant son sabre. Je ferais malgré tout remarquer que tous les HS ne sont pas insipides : je pense ainsi à un épisode totalement à l’écart de la trame principale et racontant une fausse demande en mariage de Kenshin à Kaoru. J’ai rarement autant ri devant un épisode, toutes séries confondues.

Deux mots sur la forme : techniquement, la série accuse nettement son âge au niveau du dessin, de l’animation, de certains choix de couleurs. Quant à la musique, elle est bien souvent affreuse, le premier opening notamment est une horreur. Mais cela n’enlève rien au charme de ce roman fleuve contant le Japon à une époque charnière de son Histoire.

Verdict :8/10
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A propos de l'auteur

Starrynight, inscrit depuis le 18/06/2006.
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