Critique de l'anime Red Line

» par LordFay le
24 Octobre 2012
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Redline.

Un gros budget, un gros studio, un gros échec commercial... et un synopsis qui tient en un seul mot : REDLINE.

En voilà un anime qui ne fait pas dans la dentelle. Pour faire simple, et un peu moins trollesque, la Redline est une grande course intergalactique, totalement illégale, dans laquelle tout est permis (surtout ce qui fait mal) sauf les moteurs antigravité. Des pseudo-voitures pilotées par des fous, qui avancent à des vitesses délirantes en se tirant les pires trucs possibles à la gueule.

Ceux qui se sentent blasés à la lecture de ces quelques lignes peuvent déjà rayer le film de leur wishlist. Redline est un anime qui s'organise totalement et uniquement autour d'une seule chose. On veut vous faire vivre le frisson épique, l'adrénaline, la sensation grisante de surpuissance qui émane de ces courses monstrueuses. Tout va dans ce sens, tout est fait pour en mettre plein les yeux au spectateur. Il n'y a qu'à voir l'articulation du film d'ailleurs : après une scène d'introduction où l'on voit la fin de la Yellowline, la course "juste en dessous", on a une première partie "préparation de la Redline" et une deuxième partie "la Redline". On ne peut pas faire plus simple. Bien sûr, l'intro est là pour donner envie et la première partie pour faire monter la sauce.

Quant à savoir si c'est réussi... Ben, dans l'ensemble, oui. Les moyens et les idées sont là, clairement. Techniquement parlant, Redline est impressionnant, largement digne de ce qu'on peut attendre d'un film de 2009 sortant de chez Madhouse. L'animation est splendide, le design inspiré et plutôt atypique en japanim ; ça lorgne beaucoup du côté de l'oncle Sam, et là aussi de fort belle manière. La musique est moins exceptionnelle mais les quelques thèmes ont au moins le mérite de mettre efficacement en lumière les passages d'action endiablée.

Mais dans la mesure où Redline est simple - au sens où il ne finasse pas et cherche à aller droit au but - il me semble que le scénario aurait pu être un peu mieux pensé. Qu'on soit bien d'accord, je ne l'accuse absolument pas d'être simpliste, ou cliché, ou facile ; il l'est et n'aurait pas pu être autrement. Je pense que Redline se devait réellement d'emprunter de tels raccourcis, d'être aussi limité scénaristiquement parlant, parce que son intérêt est ailleurs. Ce qui me pose problème, c'est essentiellement que la deuxième partie du film se perd.

En effet, après revisionnage, je trouve la Redline en elle-même légèrement mal fichue. On nous explique soigneusement qu'en plus d'être en compétition contre les tout meilleurs pilotes, les Redliners auront sur le cul l'armée de Roboworld, la planète où ils courent, parce qu'ils n'ont pas le droit d'y être ; très bien. Ca ajoute encore un peu de piment... mais ça va trop loin. Certaines interactions cassent le rythme, interrompent la course, mettent des participants hors compétition ou les occupent au point de les détourner de leur objectif. Dans un tel bordel général, on perd de vue la Redline en elle-même au point qu'elle paraît presque secondaire, anecdotique.

Et tant qu'on y est, reparlons de la phase de préparation, la première partie du film. Pêle-mêle, des trucs qu'on veut voir (quelques mots sur le passé de JP, une interaction avec Sonoshee, la mise au point de la bagnole de JP et la présentation des prochains Redliners) mais aussi quelques scènes un peu trop secondaires à mon goût (ouais, le scénar' de Redline, c'est trop compliqué pour moi, décidément). Je pense en particulier à l'histoire secondaire de Trava qui n'apporte pas grand-chose ; j'imagine que c'est pour faire le lien avec l'OAV Trava Fist Planet du même réalisateur, m'enfin. Bien sûr, se contenter d'atrophier Redline comme je suis entrain de le faire rendrait le film plus fade, pas plus vivant. Je ne dis pas exactement que c'est trop complexe ou développé, mais qu'un peu plus d'efficacité n'aurait pas fait de mal.

Que reste-t-il au final de Redline ? Seulement des graphismes ? Non : mes pinaillages n'empêchent pas que certains passages de la course rendent une furieuse impression de vitesse et que l'essentiel des ingrédients sont là. On a un héros étonnament attachant, des gadgets et des technologies inventives, une mise en scène soignée. Par ailleurs, l'epicness des moments les plus intenses n'est pas sans rappeler un certain TTGL (bon, on reste en-dessous, tout de même) et me confirme que décidément, l'exagération à outrance est un domaine où les japonais excellent. Vraiment.

Après tout ça, il y a encore un petit bout du film sur lequel je n'ai strictement aucun reproches à faire. Un petit segment qui frise la perfection, qui bluffe et colle au siège : les cinq premières minutes, la Yellowline. Déjà parce que l'exposition se fait toute seule : on cerne immédiatement JP, son style et son caractère, et Sonoshee, sa rivale. Les quelques armes et techniques utilisées en mettent plein la vue. La vitesse à laquelle attaques et parades s'enchaînent : tu me tires dessus, j'esquive, tu me pousses à la flotte... mais mon vaisseau fonctionne aussi sur l'eau. Et ainsi de suite.

J'avais adoré mon premier visionnage. En fait Redline n'est pas tout à fait la pure dose de bonne humeur que je croyais ; il y a quand même un peu à redire de quelques aspects. Mais Redline reste un divertissement de qualité doublé d'un électron libre au vu du reste de la Japanimation : dans le fond c'est clairement japonais, dans la forme les inspirations sont diverses. Quitte à revenir sur ce que je disais au début, je conseillerai l'anime à à peu près n'importe qui. Ce truc est un shot d'adrénaline et il reste difficile de ne pas prendre son pied devant. Mangez-en, achetez-en même si c'est Kaze, c'est bon pour ce que vous avez.

Verdict :8/10
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A propos de l'auteur

LordFay, inscrit depuis le 09/09/2010.
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