The Empire of Corpses - Watson au pays des zombies

» Critique de l'anime The Empire of Corpses par Anon le
07 Juin 2016

The Empire of Corpses, de son nom japonais Shisha no Teikoku, est un film d'animation produit par Wit Studio dans le cadre du Project Itoh.

Nous voilà à Londres, au 19ème siècle. Une nouvelle technologie permet de ramener les morts à la vie et à utiliser ces zombies pour des tâches diverses, notamment l'industrie et la guerre. Cependant, si ranimer des cadavres est possible, ce ne sont que des corps sans âmes, et c'est là tout le sujet du film.
En effet, le héros de cette histoire, John Watson ( parce que....parce que ) est obsédé par l'idée de ramener l'âme de son meilleur ami décédé, qui n'est plus qu'un zombie, un "nécromate" comme les autres. Ce qui va finalement l'amener à collaborer avec le gouvernement pour retrouver le journal de Victor Frankeinstein, le seul à avoir créé "The One" ( son monstre, donc ) dôté de sentiments et de libre arbitre.

Voilà en gros ce sur quoi se basent les deux heures qui composent ce film, et autant le dire tout de suite, ceux qui s'attendent à une aventure baston sur fond de morts-vivants risquent fortement de s'en retrouver déçus. Empire of Corpses est davantage un film philosophique sur l'âme humaine : comment est-elle créée, comment se manifeste-t-elle, etc. Historiquement parlant, il est plutôt sympathique de voir que Watson est un fervent défenseur de la théorie du poids de l'âme ( comme quoi elle pèserait 21 grammes et s'évaporerait du corps humain à sa mort ). Et je suis prête à parier qu'il y a diverses autres références ( malheureusement je suis obligée d'admettre que ma culture sur le sujet est plus que limitée ). De même, il sera toujours question au cours du film de savoir si des êtres déjà morts peuvent récupérer cette âme, si des automates sont capables d'en posséder une, et j'en passe.
Bien évidemment, vient s'y ajouter la question du deuil et la difficulté à laisser les êtres aimés s'en aller, notamment ( mais pas que ) à travers l'obsession de Watson à retrouver son ami Friday; et, finalement, une réécriture de plus du mythe de Frankeinstein.

Si les thématiques sont plutôt intéressantes, le film en lui-même souffre tout de même de quelques défauts. Le premier, et non des moindres, est la première demi-heure absolument impossible : le scénario est extrêmement confus, les événements s'enchainent sans explication, les personnages sont introduits à la va-vite sans jamais vraiment donner le temps de préciser qui est qui et qui fait quoi. La première étape du parcours de Watson soulève plus de questions qu'elle n'en apporte, tant on irait se demander à quoi elle sert au final, en bref, ça fait bancal et pas franchement prenant. Impossible, de plus, de ne pas regretter un tantinet plus d'exposition sur la fameuse technologie des nécromates, puisqu'elle est si importante dans le film, et que c'est essentiellement au spectateur de deviner quel appareil sert à quoi.
Fort heureusement, tout cela s'arrange, et entre quelques scènes d'action rondement menées et du questionnement existentiel -avec une histoire qui va au bout de ses idées même si sans grand rebondissements - le film parvient finalement à capter l'intérêt, malgré quelques petites longueurs, et s'avère finalement de plus en plus prenant, ( notamment grâce à sa capacité, quand il le veut vraiment, à instaurer une réelle ambiance ) jusqu'à offrir un final qui mérite sans hésiter tout ce qu'il y a eu de négatif à subir. Pensez d'ailleurs à aller jusqu'au bout du générique de fin.
Dans son ensemble, le film est plutôt pesant, voire glauque et l'espoir semble souvent bien mince pour certains éléments d'intrigue. Malgré tout, la réponse que dégage Watson de toute son aventure reste positive, ce qui saura éviter une dépression à la fin du visionnage.

Sur la forme, exceptée l'habituelle synthèse des arrières-plans, je n'ai rien à reprocher au film, qui allie animation de bonne facture à chara design irréprochable et musiques qui font le travail ( même si rien d'exceptionnel au rendez-vous, à part peut-être un très bel ending d'Egoist ).
En ce qui concerne les personnages, ils sont plutôt creux. Je ne pense pas qu'on puisse en demander beaucoup à un film qui préfère largement se centrer sur son thème, mais si on fait exception des compagnons de voyage type secondaires remplissage qui ne servent à rien si ce n'est à occuper du méchant sbire, les antagonistes sont assez expédiés également : The One s'appuie clairement sur l'idée que les gens connaissent l'histoire de Frankeinstein pour éviter de devoir développer le personnage, et le second méchant ne m'est même pas resté en mémoire tant son rôle est franchement minable. Watson, quant à lui, ne m'inspire pas grand chose avec sa personnalité générique ( et j'irai même reprocher les excès sonores de son seiyuu en contradiction avec l'animation faciale toujours relativement contrôlée ) mais a au moins le mérite de se décider à assumer ses responsabilités et à régler les problèmes dont il est la cause. Citons le protagoniste féminin, aux problématiques classiques et malheureusement assez superficielles, et pour finir Friday, qui reste certainement le personnage le plus intéressant tant son sort est clairement l'un des enjeux majeurs du film.

Empire of Corpses est donc un film inégal, ce qui est plutôt dommage car son univers et les thématiques abordées sont tout à fait intéressantes, de plus, il arrive à instaurer une réelle atmosphère, et se finit définitivement mieux qu'il n'a commencé. Ajoutez à ça un emballage on ne peut plus respectable, et on obtient un film, qui certes souffre de pas mal de défauts, mais reste à mon sens une expérience sympathique, et à le mérite d'essayer d'être plus qu'un simple divertissement sans profondeur.

Verdict :6/10
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A propos de l'auteur

Anon, inscrit depuis le 28/07/2013.
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