Auteur Sujet: Malice@Doll  (Lu 5243 fois)

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watanuki

Malice@Doll
« le: 05 avril 2008, 17:01:43 »
Bon je créé ce topic qui a peu de chance de subsister, mais je vais le connecter à la fiche correspondante car je n'ai pas donné toutes les infos... Vous trouverez le synopsis sur cette fiche.
Cela dit je le copie-colle ici, ça vous évitera d'aller vous balader ailleurs ;) :

Citer
Malice Doll est un robot conçu pour se prostituer ; elle fait partie des derniers êtres vivant au sein d'une ville fantômatique d'où les hommes ont disparu depuis longtemps pour des raisons inconnues. Chaque jour, elle se réveille un peu plus usée, mais cela ne l'empêche pas de rendre visite à ses amies, des robots du même type, et de croiser les gardiens robotisés de ce lieu abandonné.
Cependant, un jour, tout bascule, elle pénètre dans un endroit qu'elle n'avait jamais vu avant ; elle est alors saisie par des tentacules jaillis d'une sorte de statue étrange, qui pénètrent en elles et lui infusent d'étranges capacités.

Le lendemain, comme chaque jour, elle se réveille, mais elle est devenue humaine, et par de simples baisers elle devient capable de contaminer les autres robots pour les transformer en monstres humanoïdes...
Quelle est donc la mission que s'est attribuée Malice Doll ?

Pour voir de grandes images bien choisies et qui donnent vraiment envie de voir la chose :
http://www.cyberpunkreview.com/movie/decade/2000-current/malicedoll/

Vu que le trailer n'est pas facile à voir, voici un lien youtube vers une AMv un peu naze, mais qui a le mérite de montrer la chose en mouvement (et si vous aimez Jefferson Airplane, vous serez ravis...):
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=QOvxhzl82Rk[/youtube]

Donc :

Malice Doll fait parti de ces projets qui sont nés au début des années 2000, moment où les images de synthèse (CG), en étaient à leur début. On a eu à l'origine trois OAV qui se sont retrouvées par la suite collées en un seul et unique film, d'où les diverses incohérence que l'on peut trouver dans le nombre d'épisodes d'un site à l'autre.

Le budget est particulièrement peu élevé, ce qui explique à la fois la qualité médiocre de l'animation et les partis pris assez radicaux de la mise en scène : grain dégueulasse, caméra fixe, avec parfois même des moments où l'on pourrait soupçonner les créateurs de faire de la stop-motion afin de donner plus l'impression qu'ils filment des poupées au lieu de faire de la CG. L'animation en deviant très saccadée, mais je trouve que ça permet de renouer un peu avec ces spectacles un peu inquiétants de poupées traditionnelles (d'ailleurs il semblerait que ce soit volontaire, cf plus bas dans mes citations)...
Malice Doll, comme attendu, s'est planté, sachant que FF spirit within rôdait dans les parages... D'ailleurs la version anglaise de Malice Doll propose un supplément intitulé "final fantasies", histoire de bien insister sur le contexte...

Le dvd édité aux Etats-Unis a un bonus de 25 mn avec interview, il paraît que c'est intéressant, si quelqu"un a des infos je suis preneur.

Les hommes aux manettes :
le réalisateur n'est pas une merde, même s'il n'a pas encore pu mettre les mains sur de très gros chefs-d'oeuvre. Il a réalisé notamment Amaenaideyo!!, Phantom the animation ou getbackers...
C'est plus intéressant du côté du scénariste, à qui l'on doit notamment -en vrac - Ghost Hound, Armitage III, Hellsing,  mais aussi Kino's Travel (!), Texhnolyse, la moitié de Rhaxephon, the big O, et le très beau Mononoke, sans oublier aussi Parasite Doll, série un peu naze d'OAV situées dans l'univers gigantesque de Bubblegum Crisis...
Le studio qui a fait les CG a quant à lui officié sur le très bon court Superflat Monogram

L'équipe a donc une certaine expérience, et l'on peut s'attendre à un bon résultat pour cette exploration des travers du hentai...

On a dit tout et n'importe quoi sur ces OAV, en partant de Lynch pour finir sur Cronenberg, en déduisant de la laideur la nullité de la production, etc. A la limite la comparaison avec Blame ! peut servir, et encore... La seule comparaison vraiment justifiée à mon sens est Alice au pays des merveilles, assez souvent cité de façon explicite, et que l'on retrouve jusque dans le titre, qui transforme un peu le prénom pour montrer que cette fois-ci l'univers ou évolue Alice / Malice est corrompu... D'ailleurs c'est une thématique omniprésente dans les films en CGI de cette époque, cf A.LI.CE, un autre film pionnier... La CG était vraiment perçu comme une sorte d'envers, comme si on allait de l'autre côté du miroir, alors qu'à l'heure actuelle la CG a plus évolué sur une réflexion au sujet du rapport homme /machine (Appleseed, Vexille...).
Malice Doll, même s'il avait été réalisé en animation traditionnelle, n'aurait pas atteint le large public à cause de ses thématiques.


Pour de bonnes critiques en anglais -forcément -  (les mauvaises sont légions), le cite rotten tomatoes est là, mais il y en a des tonnes... J'inclus des citations en plaçant la source en évidence juste avant, j'espère que comme cela on me percevra comme étant suffisamment de bonne foi (autrement je retirerai les citations et vous laisserai vous rendre vous-même sur les pages pour y fouiner) Petite sélection :

La meilleure de toute est probablement là :
http://www.animeondvd.com/reviews2/disc_reviews/3306.php
je ne la cite pas parce qu'elle vaut le coup d'être lue en entier. C'est l'une des rares critiques d'anime sur le net qui dépasse la simple paraphrase ennuyeuse.

http://www.moria.co.nz/sf/maliceatdoll.htm
notamment ce passage :
Citer
The film certainly has a wild and interesting plot. In the interview accompanying the dvd, screenwriter Chiaki J. Konaka says that he was inspired by the Claymation shorts of Jan Svankmajer. Konaka lists a profusion of sources – everything from Alice in Wonderland  (1865) to Blade Runner (1982) and vampire movies. If anything the film tends to play out like a perverse Cyberpunk take on Pinocchio (1940), or maybe a version of The Stepford Wives (1974) conducted in reverse – and with H.R. Giger thrown into the mix. One quite liked Konaka’s play of ideas. The film has a dreamily slow pace – at the outset it could be something that plays as a standard Cyberpunk anime, but then it slowly opens out into something quite astonishing. It is a film where one genuinely has no idea where it is going at all. The various organically-transformed robots are quite grotesque creations – the film has a real queasy foreboding as one waits to see each new creature it brings out. There’s also quite a perverse undertow to the film – we see flashbacks to Malice’s use as an S&M sub and vignettes of the various non-humanoid creatures engaging in sexual and fetishistic activity, even rape of one another. Eventually one realizes that Malice@doll  is really another variant on hentai cinema – see films like The Legend of the Overfiend (1989) and Wicked City (1991), which regularly feature quite a high degree of bizarre demonic and tentacular creatures forcibly having their way with human women – although this is hentai that has been updated to the era of CGI animation and given an sf rationale. (The initial creature’s probing of Malice’s nether regions with a tentacle is amusingly logically justified as the means whereby it transforms her)

http://www.dvdverdict.com/reviews/malicedoll.php
avec ce passage là qui justifie bien notre impression de voir des marionnettes :
Citer
Malice@Doll is a blend of CGI and traditional cel animation. Bubblegum Crisis and Armitage Three screenwriter Chiaki Konaka envisioned this piece as a puppet show in the style of Thunderbirds. He knew there would be limitations to CGI and created a story that revolved around robotic dolls. They are easier to replicate in CGI because of limited motions and facial expressions. Director Keitaro Motonaga had a small budget to work with, so he relied on CGI for the basis of the visuals and resorted to hand-drawn enhancements as reinforcement. It's something you've never seen before, and definitely speaks highly of their innovation and creativity.

Autre critique avec petit passage sur l'interdiction aux moins de 18 ans en Angleterre:
http://www.dvdtalk.com/dvdsavant/s778uzu.html
Citer
Some of the sex scenes presented here almost border on the explicit, so much so that Malice@Doll is reportedly the first CGI feature to be saddled with an 18 certificate in the UK.
explication sur le passage de 3 oav à une film :
Citer
The 16:9 version has been created by cropping and anamorphically enhancing the original 4:3 presentation.

Sur la technique employée incluant des CG et du cellulo :
http://games.monstersatplay.com/review/anime/malice.php
Citer
Its main interest is reveling in the bizarre and often beautiful imagery of its mixed media palette. Director Keitarou Motonaga blends computer animation and hand-drawn cells to mixed results; but a few of the visuals reveal a true surrealistic panache. Especially the rendered background work that often elaborates on much of the design. Fleetingly, an image of Malice or one of her sexy robot cohorts is realized in traditional animation and the result is quite beautiful. Unfortunately the bulk of "Malice" is designed in adequate computer animation; cold, colorful and lifeless.

Une référence non avérée mais qui me paraît juste :
http://classic-horror.com/reviews/malice_doll_2000
Citer
Further inspection reveals that the stilted movement may be deliberate; it has much in common with the marionette work of Czech director Jan Svankmajer (who produced his own version of "Alice in Wonderland" in 1988).


Avec ça on a à peu près fait le tour des ressources internet sur Malice Doll, une série d'OAV que je vous conseille, même si elle est généralement détestée.

J'oubliais, pour ceux qui essaient de trouver des articles plus orientés vers la recherche universitaire, on peut trouver un PDF qui traîne quelque part sur le net intitulé sobrement "Malice@Doll" (pour le télécharger cliquez ici : http://www.complitforlang.ucr.edu/people/faculty/long/malice@doll.pdf), et qui est une étude de madame ou mademoiselle Margherita Long (Department of Comparative Literature and Foreign Languages - University of California at Riverside). Pour la présentation de la dame :
http://www.complitforlang.ucr.edu/people/faculty/long/
(encore faut-il aimer la littérature comparée...)
Pour son CV c'est par là :
http://www.complitforlang.ucr.edu/people/faculty/long/Long_CV.html
il y a des liens hypertext, dont un vers le fameux article de 24 pages dont je vous parle... lisez au moins la biblio en fin d'article, il y a des liens pas trop nuls vers des articles sur SE Lain ou Evangelion...

EDIT : une dernière précision, le @ est juste là pour la déco, il n'a jamais été là pour être prononcé... (en tout cas c'est ce que nous disent Jonathant Clement et Helen McCarthy dans leur encyclopédie... ("anime encyclopedia")

« Modifié: 05 avril 2008, 17:24:31 par watanuki »

Beck

Re : Malice@Doll
« Réponse #1 le: 05 avril 2008, 18:45:48 »
Voilà un post très conséquent. J'ai regardé l'AMV pour avoir une idée et je ne dois dire que ça ne me fait pas vraiment envie cette histoire. Il n'y a peu de chance pour que je regarde un jour =x
Be quiet and drive !

Gemini no Saga

  • Invité
Re : Malice@Doll
« Réponse #2 le: 05 avril 2008, 19:05:26 »
Ce qui m'épate c'est ton travail de recherche sur ces OAV o_O
J'avoue que je me suis arrêté au bout de cinq minutes (même moins :/) tellement c'était médiocre -graphiquement. Je croyais à une blague d'un obscur amateur. L'AMV ne me donne pas non plus d'aller plus loin.

El Nounourso

Re : Malice@Doll
« Réponse #3 le: 05 avril 2008, 20:22:40 »
J'ai lu en diagonale les critiques mais je préfère terminer le visionnage des OAV avant de poursuivre !
En tout cas tu as rassemblé une somme impressionnante de documentation... :o

Je ne suis pas d'accord avec le début de ton post où tu dis qu'en 2000 les images de synthèse étaient à leurs débuts. En 1982, Tron en utilisait déjà. En 1986, Luxo Jr (Pixar) était entièrement en synthèse. Dans les jeux vidéo, ça faisait aussi belle lurette qu'on réalisait des cinématiques de synthèse, et d'une qualité bien supérieure à ça ! Je pense notamment aux films de Starcraft (1998), nettement mieux réalisés, mais avec beaucoup plus de moyens il est vrai.

watanuki

Re : Malice@Doll
« Réponse #4 le: 05 avril 2008, 20:47:02 »
Oui, disons que je baigne tellement dans mon jus que je me comprends...
En fait quand je dis que les CG en étaient à leurs débuts, je voulais plutôt dire que l'exploitation commerciale des films en CG INTEGRALE a commencé à se multiplier autour des années 2000.

Quant à Pixar c'est un cas très particulier, un studio pionnier.
Tron est un peu créé dans l'esprit de célébrer une nouveauté : la 3 D fil de fer avec incrustation de prises de vue réelles, ce qui n'a rien à voir !.

Autrement c'est sûr que l'on doit inclure toute l'histoire de la CG, qui est nettement plus "antique", il suffit de remonter à Terminator 2 par exemple...
« Modifié: 05 avril 2008, 20:48:38 par watanuki »

El Nounourso

Re : Malice@Doll
« Réponse #5 le: 05 avril 2008, 21:24:32 »
J'avoue que la technique utilisée dans Tron est très différente mais ça reste de la CGI, certes basique et couplée à des prises de vues réelles, mais tout de même ! Pour ce qui est de la CG intégrale, regarde du côté des jeux vidéo PC et Playstation, y'avait plein de truc équivalents (voire mieux) à la fin des années 90...

watanuki

Re : Malice@Doll
« Réponse #6 le: 05 avril 2008, 21:35:50 »
D'accord, mais ce que je veux dire, c'est que le poids des CG dans les jeux PC ou consoles est nettement inférieur au poids de celle d'un film en CG intégral. Si tu regardes bien, tu n'as pas dans les jeux de cette époque 90 minutes de CG, tu en as tout au plus 30 ou 40 (et je suis généreux), et elles sont coupées par des intervalles ou tu prends le contrôle, et où il n'y a pas ou peu de CG.

Et je ne parle que de l'exploitation de la CG dans un cadre cinématographique ou télévisuel traditionnel, sans aborder la question des jeux vidéos, qui est une autre paire de manche, avec une histoire différente, même si la racine est la même : c'est à cause du succès des quelques secondes de CG dans les jeux de cette époque que l'on a fni par se demander si le public suivrait, à supposer qu'on le prive de manette et qu'on lui propose simplement une CG sans jeu.

A ce moment la CG s'est pour ainsi dire dissociée, ou plutôt elle a pris une route parallèle à celle du jeu vidéo.

Et ne confondons pas le cinéma avec des prises de vue réelles et le cinéma en CG intégral : le postulat est très différent : dans le premier, aussi pété de CG qu'il soit (Matrix, Terminator2, Tron), la CG reste un outil au service des acteurs, que l'on peut toujours avoir pour référant réel. Le film en CG intégral fait un pari tout autre, en misant sur la viabilité de l'outil CG en tant que tel et coupé de toute forme de réel.

Il y trois histoires qui se complètent : histoire de la CG au cinéma, puis, qui en découle, histoire de la CG ds les jeux vidéo, puis, qui en découle, histoire de la CG dans le film en CG intégral.
Je n'ai jamais dit que les frontières n'étaient pas poreuses, je dis simplement qu'en ce qui concerne uniquement les films en CG intégrale, Mlice doll est un film pionnier.

Ca te va ?
« Modifié: 05 avril 2008, 21:38:03 par watanuki »

El Nounourso

Re : Malice@Doll
« Réponse #7 le: 05 avril 2008, 23:17:13 »
Un pionner après Luxo Jr.

OK j'arrête.  ^_^

Je suis convaincu, merci d'avoir pris le temps de répondre en détail.  -_-

watanuki

Re : Malice@Doll
« Réponse #8 le: 05 avril 2008, 23:39:48 »
Même pas ! parce qu'en plus je me restreins à l'animation jap !

J'AI TOUJOURS RAISON, Nounours, prend mon    L   dans ton /°\
 ^_^

Scalix

Re : Malice@Doll
« Réponse #9 le: 06 avril 2008, 12:00:35 »
Gros dégueulasse o_O

Enfin perso, spa toute ta doc qui va me faire aimer un truc pareil :o

watanuki

Re : Malice@Doll
« Réponse #10 le: 06 avril 2008, 12:11:31 »
toi je te parle plus tu sens mauvais de la bouche et tu n'as pas le goût de la culture inutile.
Ouais, je fais de la promo pour une bouse, c'est mon droit, c'est mon choix.  ^_^

El Nounourso

Re : Malice@Doll
« Réponse #11 le: 06 avril 2008, 14:23:57 »
Le dvd édité aux Etats-Unis a un bonus de 25 mn avec interview, il paraît que c'est intéressant, si quelqu"un a des infos je suis preneur.
Citation de: http://www.dvdverdict.com/reviews/malicedoll.php
There is also a 26-minute interview conducted by lead actress Yukie Yamada (Malice) with director Keitaro Motonaga and writer Chikai Konaka. It goes into great depth, but it has a maniacal camera operator who cannot stand still. There are character models to browse, other trailers, and bios for everyone.
Citation de: http://www.sarudama.com/movies/malicedoll.shtml
The extras on the DVD are also notable and include an enlightening discussion by anime expert Jonathan Clements (Encyclopedia Anime) on the historical overview of Japanese anime and CG techniques. The DVD also includes interview with Director Keitaro Motonaga, original CG trailers and related of art work.

watanuki

Re : Malice@Doll
« Réponse #12 le: 06 avril 2008, 14:35:59 »
ouais... faut que je me relise...
En fait, si tu as des infos = si vous avez un lien youtube ou autre pour mater ça...
(quel contradicteur celui-là !  :rolleyes:)

El Nounourso

Re : Malice@Doll
« Réponse #13 le: 06 avril 2008, 14:41:54 »
Là ça va être tendu j'en ai bien peur !  :rolleyes:
(rien que pour récupérer le DVD US c'est pas gagné alors...)

Nakei1024

Re : Malice@Doll
« Réponse #14 le: 08 avril 2008, 11:37:11 »
Je viens de regarder l'AMV: c'est clair, c'est moche, on dirait une vieille séquence d'intro de jeu vidéo qui tourne sur Windows 95. Cela dit, je pense que ça vaut le coup d'oeil, et j'essaierai de visionner cet OAV.

L'alcool tue lentement, tant mieux, je ne suis pas pressé...