Malice@Doll

Informations générales
- Format: OAV
- Année: 2001
- Titre original: Malice@Doll
- Nombre d'épisodes: 3
- Site officiel: http://www.at-e.co.jp/details/...
Staff technique [liste]
- Production: GAGA Communications, Soeishinsha
- Réalisation: Motonaga Keitarô
- Chara-design: Nishioka Shinobu
- Script: Konaka J. Chiaki
- Animation CGI: Visual Science Lab
- Histoire originale: Konaka J. Chiaki
- Monster-design: Moriki Yasu
Doublage
Yukie Yamada (Malice)
Synopsis
Malice Doll est un robot conçu pour se prostituer ; elle fait partie des derniers êtres vivant au sein d'une ville fantômatique d'où les hommes ont disparu depuis longtemps pour des raisons inconnues. Chaque jour, elle se réveille un peu plus usée, mais cela ne l'empêche pas de rendre visite à ses amies, des robots du même type, et de croiser les gardiens robotisés de ce lieu abandonné.
Cependant, un jour, tout bascule, elle pénètre dans un endroit qu'elle n'avait jamais vu avant ; elle est alors saisie par des tentacules jaillis d'une sorte de statue étrange, qui pénètrent en elles et lui infusent d'étranges capacités.
Le lendemain, comme chaque jour, elle se réveille, mais elle est devenue humaine, et par de simples baisers elle devient capable de contaminer les autres robots pour les transformer en monstres humanoïdes...
Quelle est donc la mission que s'est attribuée Malice Doll ?
Cet OAV est entièrement réalisé en 3D. A l'origine ce sont 3 OAV qui ont été par la suite mis bout à bout pour faire un seul et unique film.
Synopsis soumis par watanuki
#Par Nakei1024 le 16/01/2010 à 18:40
Malice @ Doll, ou comment avoir l'impression de faire un rêve éveillé, sans aucune prise sur l'histoire qui nous est contée.
La première chose qui frappe, c'est que c'est quand même assez moche, dans un style proche de FF VIII, mais très mal animé.
Mais si c'était aussi raté que ce que l'on pourrait croire au premier abord, alors pourquoi cette ville et ses "habitants" m'ont semblé si crédibles et, paradoxe total avec leur statut, si vivants et remplis d'émotions. Car oui, malgré leur état de simples objets de plaisirs (des poupées), on découvre qu'étrangement chacun des protagonistes cache en lui des rêves et désirs dont il n'a peut-être pas conscience, de par sa programmation, la situation inexorable d'usure et de destruction à laquelle il est confronté et sans doute un sentiment d'abandon, d'inutilité et de résignation (sentiments pourtant typiquement humains). Cette ville fantôme (mais est-ce vraiment une ville et non une décharge isolée, avec de la vie en dehors de ses murs) n'abrite plus un seul être vivant depuis déjà bien longtemps si l'on juge son état, abandonnée par des Hommes dont le seul témoignage de passage restent les souvenirs parcellaires des androïdes. Et pourtant, à sa manière, une micro-société s'est mise en place, dans laquelle chacun tente à sa manière de "survivre" (disons plutôt de rester dans un état de maintenance suffisant), tâchant de reproduire inlassablement les tâches pour lesquelles elle a été conçue, malgré l'absence totale de clientèle.
C'est dans cet univers agonisant que Malice se voit transformée sans qu'on sache pour quelle raison et tente de transmettre le don miraculeux qu'elle a reçue à ses connaissances. Malheureusement, la situation déjà peu engageante se transforme vite en cauchemar pour celle-ci quand elle découvre avec horreur que ceux qu'elle embrasse, loin de suivre la même métamorphose, deviennent des monstres humanoïdes qui n'ont plus grand chose à voir avec leur modèle d'origine. Et pourtant, loin de s'horrifier de cette situation, tous sont heureux car pour la première fois de leur existence, ils peuvent ressentir et exprimer des sensations et émotions telles la joie, le rire, le plaisir, la chaleur, mais également la douleur, la souffrance, la peur...
Tel un requiem avant la conclusion inévitable de leur destinée, les machines se voient offrir un soubresaut de vie, comme un don en récompense de leur services, mais également de leur patience et de leur sacrifice pour une humanité qui les a depuis longtemps oubliées. Même si cela implique qu'elle n'ont probablement plus longtemps à exister et disparaitront bientôt dans l'oubli d'une manière ou d'une autre, elles auront au moins eu la chance de briller une dernière fois dans l'obscurité de leur domaine.
Pour conclure, voici donc une tragédie se déroulant dans une ambiance glauque, sombre et dénuée d'espoir (sauf pour Malice qui sera sans doute la seule à trouver une échappatoire à cet enfer souterrain). Malgré une réalisation qui a très mal vieillie (on était juste au début des ajouts 3D dans les animes et le pari de faire tout un film en images de synthèses était risqué mais louable) ce film révèle un scénario magnifiant les sentiments et le désir de vivre et de prendre en main leur destinée des différents personnages.
Je me suis laissé entraîner dans l’histoire sans m’en rendre compte, un peu comme le personnage d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll.
#Par Yamaneko le 28/11/2008 à 22:37
Particulier, c'est le moins qu'on puisse dire...
J'ai un peu de mal avec la 3D, et celui-ci ne déroge pas à la règle, Le seul personnage qui en matière de graphisme est réussi est, à mes yeux, le personnage de Doris (la geisha).
En revanche le scenario est magnifique, une ambiance glauque, stressante. Une histoire emplie de tristesse et de faux-espoirs.
Un peu trop sombre au niveau du graphisme des décors, on ne suit pas toujours tout ce qui se passe dans le decor tant les couleurs sont foncées. Cela dit les décors sont très bien, cette ville en abandon, aux allures de souterrains délabrés...
La fin est une grande réussite, qui me rappelle un petit peu la fin de Gunnm, le côté de la jeune fille enfermée dans la sphère rappelle un peu la fin de Gally avec la cité de Zalem.
Le personnage le plus attachant est,pour moi, Joe l'Administrateur, c'est le seul un tant sois peu lucide. Il est le seul qui,selon moi, à une vraie raison de demander son baiser à Malice.
Mais bon c'est loin d'être parfait, le scénario sauve la faiblesse du graphisme...
#Par El Nounourso le 06/04/2008 à 01:01
L’univers de Malice@doll a de quoi dérouter : une ville désaffectée ressemblant à un tas de ferraille sans vie, des robots-prostituées désœuvrées, un certain joe@admin au rôle mal défini… difficile de ne pas hausser le sourcil d’un air vaguement hébété. Ajoutons à cela une héroïne de métal que se change soudainement en être charnel capable de donner vie aux androïdes, et nous voilà partis dans une aventure surréaliste, assurément glauque mais aussi fort dépaysante.
De mon côté, j’ai quand même eu beaucoup de mal à être touché par l’atmosphère pourtant soignée du film (ou triple OAV si vous préférez). La faute à des choix artistiques très tranchés et parfois durs à digérer, comme par exemple le design des monstres humanoïdes méchanico-aquatique ou le look « déstabilisant » de certains décors. Le point le plus gênant reste bien évidemment la réalisation technique de l’œuvre, vraiment à la ramasse : animation et doublages ratés, modélisation des personnages limite, décors imprécis, couleurs baveuses, etc.
En dépit de ses gros défauts, l’anime reste plutôt agréable à suivre et, à certains moments, l’ambiance malsaine arrive à transpercer l’armure du spectateur. Le côté inachevé de l'histoire n’est pas non plus dénué de charme.
#Par watanuki le 04/04/2008 à 23:59
S'il ne devait rester qu'un chef-d'oeuvre en CG préhistorique, ce devrait être ce Malice Doll. L'animation est lacunaire, incroyablement pourrie, à tel point qu'elle répond merveilleusement bien aux impératifs d'un scénario chassant sans vergogne sur les terres du cyber punk le plus désenchanté.
Contrairement à des chefs-d'oeuvre malgré eux tels que l'étonnant Galerians, Malice Doll fait preuve d'une maîtrise autrement plus visible au niveau du scénario : celui-ci instrumentalise la faiblesse technique pour la mettre au service d'une réflexion assez bien menée sur le statut de la machine, et par conséquent de l'image de synthèse et de son utilité.
Même puissance visuelle qu'un Galerians, même ambiance viciée, à ceci près que Malice Doll est encore plus intense, va encore plus bas dans la corruption graphique et morale : la question du rapport sexuel hante à chaque image cette OAV morbide où des robots de prostitution sont condamnés à vivre dans un monde d'où l'humain a définitivement disparu.
La texture très granuleuse de l'image évoque un enregistrement de caméra de surveillance, conférant à l'ensemble une ambiance claustrophobe et malsaine ; on navigue en plein cauchemar, dans une espèce de casse où les robots évoluent tels des fantômes en attendant la mort. La déchéance physique et morale s'imprime ainsi sur la pellicule, et déforme les corps de ces robots qui cessent petit à petit de vivre, sans même s'en rendre compte.
La transformation de Malice Doll est d'autant plus surprenante qu'elle ne marque pas du tout une forme de rédemption : le retour de l'humain au sein de cet univers mourant ne sauve personne, il agit bien plutôt comme un virus rendant ces robots totalement fous, et les faisant muter de façon ignoble, la machine venant s'amalgamer à l'humain sans qu'aucune harmonie n'en ressorte à aucun moment. Pire, la folie s'empare de cet univers, qui bascule alors un peu plus vite dans le néant.
On n'apprend rien du mystère de cette incarnation, on ne saura pas pourquoi elle a eu lieu, c'est aussi ça qui fait toute la magie de cette OAV très étrange qui cultive avec soin son aspect maladif. De cet amas de CG coagulée émane une atmosphère de conte morbide, de monde labyrinthique où Ariane elle-même aurait perdu le fil, et où les Minotaures seraient légions.
Un chef-d'oeuvre à tout point de vue, même si la seconde moitié de l'OAV bascule un peu plus dans le conventionnel, l'intrigue devenant tout à coup facile à prévoir sur la fin. Malice Doll est un monument dans sa catégorie, un chef-d'oeuvre fantomatique où les visages inexpressifs ont quelques choses de tragiques et de désespérément (in?)humain. La mélancolie au milieu d'une décharge fumante, voilà ce qui vous attend si vous acceptez de pénétrer cet univers en plein déclin.








