Liz et l'oiseau bleu

» Critique de l'anime Liz to Aoitori par Sirius le
02 Janvier 2019

"Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux
Regardez-les s'envoler c'est beau"

J'ai bien aimé la série d'origine, Sound! Euphonium. J'en suis ressorti avec des émotions tout plein et de la musique plein les oreilles. Le film partait donc avec les faveurs de son petit public. Pourtant il faut dire que mis à part le directeur d'orchestre et Natsuki, il ne met pas en avant les principaux protagonistes de la série. Notre joueuse d'euphonium favorite apparaît tout juste comme caméo. Situé l'année suivant les deux séries (qu'il n'est pas nécessaire d'avoir vues pour apprécier le film), le récit s'intéresse à une joueuse de hautbois et à celle qui doit l'accompagner à la flûte pour interpréter une partie solo du morceau spécial prévu lors du prochain concours : Liz et l'oiseau bleu.

C'est sur une scène un peu bizarre que le rideau se lève, dans une monde onirique où une jeune fille trouve un oiseau bleu. Puis le décor change radicalement pour retrouver l'école que fréquentent Nozomi, une fille pétante d'énergie et Mizore. Tout le film est narré du point de vue de cette dernière et ça lui donne une ambiance terriblement morose car la demoiselle est une asociale bien coincée qui ne pipe pas mot. Jamais le protagoniste d'un film n’aura été aussi muet. Mais au fond, c’est tout le ciment du caractère de l’héroïne et si l'ambiance du film en pâtit quelque peu, il compense avec une douce musique de fond, un souci de la mise en scène et des coloris très particuliers.

Mizore voue pour son amie une admiration débordante. Pour la petite histoire, j’avoue bien avoir craint qu’on ne dépasse les limites de la simple amitié. Mais le problème doit être très personnel car j’avais déjà fantasmé à ce sujet durant la série originale. Dès le début, la jeune fille observe les pas de Nozomi avec une attention extrême et écoute ses notes dans un silence religieux. Toujours tournée vers elle durant la répétition, elle snobe ses compagnes hautboïstes. On assiste à une tranche de vie dans sa plus grande banalité mais tout cela n'est pas anodin : chaque geste, chaque scène porte une signification particulière dont l’importance se répercute parfois par la suite.

La grande force de Liz et l'oiseau bleu, c'est de s'inspirer de l’œuvre de Maeterlinck et d'alterner judicieusement des scènes adaptées du conte et la vie réelle. Mais le récit ne s’inspire pas de l'oeuvre originale mais d’un roman illustré pour enfants qui l’adapte librement. L’histoire est donc différente pour coller à la situation des deux instrumentistes et pour que chaque scène puisse s’insérer dans l'oeuvre. Vous aurez certainement deviné que le conte va fonctionner comme une mise en abîme de l’histoire et permettra à Nozomi et Mizore de mieux comprendre leur relation, faite d’inquiétude, d’attirance et de jalousie. C’est réalisé avec une finesse et une sensibilité peu communes. Il ressort beaucoup de féerie de ce procédé car les personnages du conte sont animés dans la beauté plate d’un livre d’images avec ses couleurs pétantes et oniriques.

Sa beauté musicale et graphique ne ment pas: Liz et l'oiseau bleu est un vrai long métrage d’animation malgré son caractère de spin-off de la série. Si son ambiance un peu morose peut assommer un cheval, elle colle parfaitement au récit et met en scène des sentiments très forts à travers un joli procédé de mise en abîme. Une ode à l'amitié et à la liberté à savourer.

Verdict :8/10
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A propos de l'auteur

Sirius, inscrit depuis le 16/07/2007.
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