Lupin the Third : Daisuke Jigen no Bohyô – Tuera bien qui tuera le dernier

» Critique de l'anime Lupin III - Le Tombeau de Daisuke Jigen par Deluxe Fan le
08 Décembre 2014
Lupin III - Le Tombeau de Daisuke Jigen - Screenshot #1

Il n’y a pas de débat, la série télé Mine Fujiko to iu Onna fut l’un des meilleurs animes de 2012 et une des itérations récentes les plus intéressantes dans la licence Lupin The Third. Il eut été impardonnable pour le studio TMS de ranger ce chef-d’œuvre au placard et de ne pas lui donner suite. Et si la réalisatrice Sayo Yamamoto et la "scénariste" Mari Okada sont toutes deux allées voir ailleurs sitôt la série terminée, le directeur artistique Takeshi Koike avait semble-t-il encore des choses à faire avec le héros créé par Monkey Punch.

Désormais seul aux manettes, Takeshi Koike s’arroge le poste de réalisateur en plus de celui de chara-designer et de directeur de l’animation. Il convoque sa propre équipe de copains sur le projet, qui sera un OAV de cinquante minutes divisé en deux parties... Ce qui revient finalement à deux épisodes au format TV ordinaire. Et c’est sans doute le seul reproche que l’on fera à cet anime, d’avoir loupé l’occasion d’être un vrai long-métrage.

Lupin III - Le Tombeau de Daisuke Jigen - Screenshot #2Comme son nom l’indique, Jigen Daisuke no Bohyô (la tombe de Jigen Daisuke) se veut une histoire centrée sur le compagnon d’armes de Lupin, son seul vrai ami, le tireur d’élite qui ne rate jamais sa cible. Cela dit, comme il est de coutume dans la saga, il ne faut pas espérer du développement de personnage qui irait au-delà d’un trait de caractère ou d’un gimmick connu des fans depuis quarante ans. Et pour être encore plus franc, j’ai trouvé que l’épisode 2 de Mine Fujiko to iu Onna qui était consacré à Jigen avait mieux cerné le personnage que cet OAV qui porte pourtant son nom.

L’histoire se déroule dans la capitale d’un pays fictif d’Europe de l’Est, qui se targue d’avoir le taux de criminalité le plus bas du monde. C’est sans compter sur Lupin et Jigen qui entendent bien y commettre divers délits, essentiellement le vol. Et alors qu’ils tentent de fuir une ambassade en possession d’un joyau précieux, un sniper embusqué tire et blesse nos deux protagonistes. Jigen reconnait les méthodes du tireur et comprend qu’un contrat a été posé sur sa tête. Jael Okuzaki, un tueur à gages légendaire, a été engagé pour le tuer. Face à un tel adversaire, Jigen devra se montrer à la hauteur de sa réputation d’as de la gâchette…

Lupin III - Le Tombeau de Daisuke Jigen - Screenshot #3Évidemment, au milieu de tout cela on trouvera Fujiko Mine les seins à l’air, des intrigues géopolitiques et des robots géants. Faut pas déconner, non plus.

Mais là n’est pas l’essentiel. L’intérêt de cet OAV est de permettre à Lupin The Third de retrouver une légitimité en tant que produit de luxe dans l’animation japonaise. Koike est avant tout un animateur et un designer, et il avait envie de faire de ce Lupin la vitrine d’une animation japonaise vintage, qui ne s’adresse pas aux otakus mais bien aux amateurs de cinéma et d’animation. Si j’associe souvent Lupin The Third à une continuation spirituelle du cinéma d’action de série B, cet OAV va chercher encore plus loin et se réclame du cinéma d’espionnage des années 60-70, celui des James Bond avec Sean Connery. Le générique de fin avec sa chanson en anglais et son gunbarrel est un clin d’œil direct ; et en tant qu’amateur des James Bond moi-même je comprends et approuve complètement l’intention.

Lupin III - Le Tombeau de Daisuke Jigen - Screenshot #4Cet OAV était particulièrement attendu au niveau de l’animation ; c’est sur ce point précis que la série de 2012 avait déçu et que la communication autour du projet avait insisté sur la présence d’animateurs de classe A++ dans le staff. Autant dire que les promesses sont tenues : l’animation est excellente, les designs parfaits et la cinématographie au niveau que l’on attend d’un OAV de 2014. Étrangement, les séquences qui m’ont le plus impressionné ne sont pas tant les scènes d’action, mais celles où les personnages exécutent des actions que l’on voit habituellement peu en animation ; je pense en particulier à Jael qui sort son arme de sa valise et se met à monter son fusil sniper avec une dextérité experte, faisant écho à la fameuse scène où Motoko recharge son flingue dans GitS. A noter également que tous les véhicules sont dessinés à la main, un truc que l'on pensait ne plus voir en animation japonaise. Globalement le style de cet anime est plus propre, plus lumineux que dans la série de 2012, Koike ayant abandonné les effets de trames et l’aspect crayonné caractéristique des productions de Sayo Yamamoto pour une image plus conventionnelle ; sans toutefois faire de concessions au niveau des personnages qui ont tous une vraie gueule et un charisme immédiat.

Comme suggéré plus haut, la limite de cet OAV est son format en double épisode un peu trop juste pour dévoiler tout le potentiel de l’histoire écrite par le jeune scénariste Yuuya Takahashi, qui n’était jusque-là connu que pour des épisodes dans la série Tiger & Bunny. Plusieurs points de l’intrigue sont survolés voire laissés en suspens, et seule la moitié de l'équipe Lupin The Third répond à l’appel.

On ne sait pas encore si Takeshi Koike poursuivra son chemin dans la licence Lupin The Third, quoique vu le (double) teasing concluant l’OAV, on le voit mal abandonner cet univers tout de suite. Quoi qu’il en soit ses efforts, ainsi que ceux de la série de 2012, auront permis à la franchise de repartir sur une route prometteuse comme l’indique l’annonce d’une nouvelle série télé Lupin The Third produite conjointement au Japon et en Italie, prévue pour 2015. Lupin n’est pas prêt de mourir, et ses spectateurs n’ont pas fini d’en jouir.

Verdict :7/10
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A propos de l'auteur

Deluxe Fan, inscrit depuis le 20/08/2010.
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