(Spéciale Halloween) Twilight of the Dark Master – The Last Gore-dian

» Critique de l'anime Twilight of the Dark Master par Deluxe Fan le
31 Octobre 2016
Twilight of the Dark Master - Screenshot #1

Bienvenue dans le Manoir Deluxe, un lieu où se chevauchent réalité et fiction… On raconte qu’il y a bien longtemps, cet endroit était habité par un individu passionné d’animation japonaise, à laquelle il avait consacré toute son existence. Mais au moment de sa mort, il n’avait pas fini de regarder ses dessins animés favoris ; son esprit continua donc d’errer en ce monde, sa soif d’anime ne pouvant être étanchée. Et il paraît que le soir d’Halloween, ceux qui se rendent dans son Manoir peuvent entendre la voix de cet esprit leur parler d’animes horrifiques.

Vous aimez le sang, le sexe et les OAV des années 90 ? Inutile de continuer plus loin, c’est ici que ça se passe. Twilight of the Dark Master (putain rien que le titre quoi) est une de ces nombreuses petites pépites que le studio Madhouse a produit tout au long des années 90, dans le sillage du maître de l’horreur Yoshiyaki Kawajiri. Sauf que contrairement à BioHunter dont je vous avais parlé l’an dernier, Twilight of the Dark Master (quel titre fabuleux) ne porte pas directement la patte de Kawajiri, mais celle d’un autre réalisateur au style bien reconnaissable.

Twilight of the Dark Master - Screenshot #2Twilight of the Dark Master (je ne m’en lasse pas) se déroule à Néo-Tokyo en 2089. La ville a été partiellement détruite par une catastrophe inconnue il y a trente ans et s’est depuis transformée en mégalopole cyberpunk typique, peuplée de cyborgs et autres déviants qui fréquentent les bas-fonds où l’on trouve des substances interdites et des bordels du futur où les client(e)s prennent leur pied sur des machines à sexe dotées de tentacules mécaniques...

Mais surtout, le monde de Twilight of the Dark Master est habité depuis toujours par des Démons qui chassent les humain(e)s pour en faire leur déjeuner. Ces démons sont en retour traqués par les Gardiens, des sortes d’exorcistes dotés d’immenses pouvoirs. La guerre entre Démons et Gardiens est un souvenir oublié pour la plupart des hommes, mais elle continue dans l’ombre.

L’histoire débute par une scène romantique où le jeune et beau Eiji demande la main de sa belle fiancée Shizuka. Évidemment les choses tournent cacao lorsque Eiji se transforme en monstre et dévore la jeune femme. Elle parvient toutefois à survivre et rencontre Tsunami Shijo, un étrange personnage spécialiste des histoires de démons anthropophages. Tsunami débute son enquête mais se retrouve vite confronté à des adversaires coriaces, dont notamment une version sado-maso incestueuse de Jessie et James de la Team Rocket. Heureusement Tsunami est un Gardien, le dernier d’entre eux, et on ne la lui fait pas.

Twilight of the Dark Master - Screenshot #3Si la caractéristique principale du film d’horreur est de faire peur, alors Twilight of the Dark Master ne répond pas vraiment à la description. L’idée de ce genre de production, comme ce fut le cas de nombreux OAV de l’époque, est plutôt d’impressionner voire de dégoûter le spectateur avec une imagerie gore sale et grotesque, repoussant les limites permises par le format OAV (qui ne subit pas la censure inhérente aux séries télévisées) sans toutefois tomber dans le versant obscur du hentai, lui aussi très actif à l’époque. A ce titre Twilight of the Dark Master accomplit son projet, pas aussi bien que d’autres mais certainement assez pour que l’on reste choqué d’avoir en guise de boss final un kaiju arborant un vagin géant sur la poitrine. Les gens qui ont regardé ça quand ils étaient petits en ont certainement gardé un souvenir impérissable.

Le récit de Twilight of the Dark Master n’a rien de grandiose, mais l’ensemble est porté aux nues par une réalisation extrêmement stylisée signée par le réalisateur Akiyuki Shinbo. Le célèbre créateur de Bakemonogatari et Madoka Magica n’était qu’un illustre inconnu à l’époque, mais il avait déjà une solide expérience dans le monde de l’OAV, qu’il a parcouru tout au long des années 90 jusqu’à la fondation de Shaft en 2004 où il sert jusqu’à aujourd’hui principalement de superviseur. Twilight of the Dark Master est un anime où Shinbo a directement mis les mais dans le cambouis créatif, et il en ressort une œuvre qui tout en restant fidèle à la patte Madhouse de l’époque, a un cachet résolument unique.

Cela ressort particulièrement de la mise en scène, qui se veut beaucoup plus évocatrice que réellement figurative. L’OAV est en fait constitué d’une suite de scènes à la continuité vague, mais qui impriment à chaque fois une personnalité forte. Pour cela Shinbo emploie toutes les astuces qu’on lui connaît ; les jeux de couleurs, les montages secs sur des plans très puissants, et bien évidemment les décors de l’impossible qui dans le contexte SF de l’anime prennent toutefois tout leur sens. Même si l’animation proprement dite n’est pas aussi spectaculaire que d’autres OAV Madhouse, le design et la mise en scène font de Twilight of the Dark Master une vraie performance animée, pleine de style comme j’aime, et qui mérite le détour.

Ainsi se conclut votre visite annuelle du Manoir Deluxe, n’oubliez pas de donner un petit pourboire en passant, sans quoi vous serez tourmenté par d’affreux cauchemars de Jean-François Copé en cuir-latex sur de la musique dubstep… Nous acceptons les cartes de crédit, Paypal et les BitCoins. Bon voyage… Et Bon Halloween.

Verdict :7/10
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A propos de l'auteur

Deluxe Fan, inscrit depuis le 20/08/2010.
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