Dans les Alpes avec Annette

Dans les Alpes avec Annette

Informations générales

Staff technique [liste]

Version française

  • Licencié: oui
  • Titre français: Dans les Alpes avec Annette
  • Editeur: AB Production

Doublage

Keiko Han (Annette), Eiko Masuyama (Francine), Eiko Yamada (Lucien), Harumi Iizuka (Christine), Kan Tokumaru (Nicholas), Kazuyo Aoki (Jean), Mahito Tsujimura (Johann), Miyuki Muroi (Danny), Osamu Kobayashi (Pierre), Rihoko Yoshida (Marie), Seiko Nakano (Marianne), Tomie Kataoka (Morelle), Yuji Fujishiro (Priest), Yukiko Riba (Narrator)

Synopsis

Annette coule des jours heureux en compagnie de son père et de son frère Denis dans un petit village Suisse, Rossinière. Elle est vive et insouciante, mais son quotidien est soudainement bouleversé par un accident tragique, causé par son meilleur ami, Julien, mais qu'elle ne peut pas pardonner...

Synopsis soumis par Elry

#Par birdy le 03/10/2009 à 16:03

C’est d’abord une réaction de surprise que l’on éprouve en découvrant « Dans les Alpes avec Annette ». Si en lisant le titre vous pensez que ce dessin animé n’est qu’une nouvelle version de l’incontournable « Heidi », vous vous trompez lourdement.

Il est vrai que cette fausse impression est renforcée à l’écoute du générique, lequel est largement décalé par rapport à un contexte général assez dramatique. Entre le décès de la mère de Annette en donnant naissance à son petit frère Denis, et le terrible accident de ce dernier – pour ne citer que les deux événements les plus tragiques de cette série –, il est surprenant d’entendre des paroles respirant la joie de vivre et la bonne humeur. Quant aux séquences choisies pour le générique, elles font seulement référence aux premiers épisodes, à l’époque où Annette et son ami Julien étaient heureux de vivre et insouciants.

Cette réaction de surprise tient surtout à la personnalité de Annette, en rupture totale avec les héroïnes d’autres réalisations de la Nippon Animation inspirées de la littérature européenne, en particulier « Princesse Sarah » et « Cathy la petite Fermière ». Si la comparaison de « Dans les Alpes avec Annette » et « Heidi » est inévitable – même contexte géographique (la Suisse alémanique pour Heidi, la Suisse romande pour Annette), sociologique (des paysans montagnards modestes), familial (Heidi est orpheline de ses deux parents, Annette de sa mère), et sensiblement la même époque (fin du 19e siècle pour Heidi, début du 20e pour Annette) –, les similitudes s’arrêtent là tant Annette s’éloigne des stéréotypes de quasi perfection qui caractérisent ces autres personnages. Certes, Annette sait se montrer généreuse et gentille avec son entourage, et même manifester beaucoup d’amour pour son petit frère dont elle est devenue une mère de substitution, au point de le surprotéger. Dans le même temps, son caractère entier et rancunier lui joue des tours, la poussant à commettre des actes qu’elle regrettera ensuite. Surtout, elle fera payer très cher à Julien – jusqu’à l’excès – l’accident de Denis, dont il s’est rendu involontairement responsable, avant qu’ils ne finissent par se réconcilier bien plus tard.

Et c’est justement la profondeur psychologique des deux principaux personnages, rare s’agissant d’un dessin animé des années 80, qui le rend vraiment remarquable. La personnalité de Julien est, en effet, tout aussi intéressante que celle de Annette. Enfant turbulent et cancre à l’école, au grand désespoir de sa mère qui l’élève seule depuis la mort de son mari – avec l’aide financière de sa fille aînée Marie, partie travailler dans un hôtel à Montreux –, celui-ci va se métamorphoser progressivement après l’accident. D’abord très choqué, il va ensuite reprendre goût à la vie en se découvrant une passion et même un don pour la sculpture du bois, au contact d’un vieil ermite. Il aura finalement l’occasion de se « racheter » en faisant preuve de beaucoup de courage à deux reprises. Cependant, les relations tumultueuses et l’omniprésence somme toute assez logique de Annette et Julien, ne rendent pas insignifiants les autres personnages, tels l’ermite précité qui cache un lourd secret, ou la très pieuse grande tante Claude toujours de bon conseil pour Annette. Plus effacé, le père n’en est pas moins un homme courageux, surtout depuis la mort de sa femme, et son fils Denis âgé de 5 ans est un enfant joyeux, malgré l’absence de sa mère et son handicap.

« Dans les Alpes avec Annette » est adapté du livre « Qui donc a frappé ? » de l’écrivain britannique Patricia Saint-John, dont les ouvrages délivrent un message explicitement chrétien. C’est un fait que les références religieuses, notamment à travers le personnage de la grande tante, sont nombreuses et les notions de tolérance, de pardon, de sacrifice, ou le rejet de la jalousie et de la colère sont récurrentes. Cet aspect pourra sans doute en agacer certains, mais appelle néanmoins quelques remarques importantes. Soulignons déjà que les valeurs chrétiennes sont rarement absentes des diverses productions du même type, à commencer par celles que j’ai citées plus haut. Par ailleurs, n’oublions pas que les auteurs de ces dessins animés étant Japonais, donc étrangers à notre culture judéo-chrétienne, il est difficile de les accuser de se livrer à un quelconque prosélytisme. Mais en fin de compte, l’essentiel n’est pas là, car ces valeurs ont aussi une dimension humaine universelle, indépendamment de toute connotation religieuse. Plus précisément, c’est celle de l’amitié vraie dans toutes ses contradictions, d’autant plus touchante qu’il s’agit d’enfants, qui est exaltée dans ce superbe dessin animé.

Le graphisme est d’excellente qualité pour l’époque, sans être aussi abouti que celui de « Cathy la petite Fermière », paru un an plus tard, en 1984. Le choix des voix françaises est assez convaincant – même si celles des enfants n’évoluent pas entre le début et la fin alors qu’ils ont six ans de plus ! Le scénario est plutôt dense et le nombre d’épisodes en conséquence, en considérant la place importante accordée à la psychologie (et donc parfois à des silences plus significatifs que des mots) par rapport à l’action. Si la fin est relativement prévisible (mais c’est un point commun à pratiquement toutes les réalisations pour enfants), il est difficile de rester insensible à cette histoire émouvante d’une amitié d’enfance contrariée, qui pourrait devenir avec le temps – on l’entrevoit dans le dernier épisode – une histoire d’amour.

En conclusion, et en dépit de quelques objections relativement secondaires, j’estime que ce dessin animé mérite amplement une note de 8/10. Il s’adresse principalement à des enfants de 7 à 13 ans, c’est-à-dire l’âge des protagonistes, mais les plus grands (et pourquoi pas les adultes !) pourront le regarder avec plaisir sans se sentir ridicules ou honteux.

8/10

#Par Elry le 27/07/2009 à 00:16

Je poursuis ma lancée de critiques d'animes champêtres avec "Dans les Alpes avec Annette".
Dès le générique, Valérie annonce la couleur avec sa chanson: "Dans les Alpes avec Annette/avec des amis c'est chouette/tu seras vraiment heureux", le tout sur des images d'enfants aux joues rondes batifolant tels de jeunes chamois dans les collines, les cheveux ébouriffés par le vent.

Mais à part ça?
Ne vous faites pas avoir par Valérie, cet anime n'est pas si joyeux que cela.
Commençons par l'histoire, assez simple pour 48 épisodes, d'où quelques longueurs, voire beaucoup selon les épisodes. Annette vit avec son père et son frère Denis dans un chalet Suisse. Son meilleur ami, Julien, est un peu indiscipliné mais il est très doué de ses mains, et ensemble ils crapahutent dans les montagnes. Mais un jour, c'est le drame: Julien cause un accident grave qui bouleverse la vie du petit frère d'Annette, qui décide de ne jamais lui pardonner. Ainsi, un conflit terrible s'installe entre les deux amis.

Et là Annette montre ce qui la différencie des autres héroïnes champêtres, orphelines de mère ou de père, mais si courageuses et sacrificielles... Annette, elle a la niaque, elle remue le couteau dans la plaie et elle appuie là où ça fait mal, pour rendre la vie de Julien bien misérable -en cela, elle est proche des vraies petites filles, mais elle est tout de même parfois bien garce, il faut se l'avouer, surtout après trente épisodes. Mais Annette est gentille, au fond, elle protège son petit frère à n'importe quel prix. En cela, c'est sans doute le personnage le plus intéressant, à la psychologie la plus proche de la réalité -elle a des scrupules lorsqu'elle fait du mal à quelqu'un, tout n'est pas tout blanc ou tout noir.

En revanche, les autres personnages sont nettement moins intéressants, à commencer par le père, complètement transparent, et le frère, qui passe une bonne partie de l'anime à geindre. Au final, l'anime se concentre surtout sur Annette et Julien (un peu plus secondairement, d'où un personnalité un peu moins développée qu'Annette), et ce n'est pas plus mal. Cet anime a le mérite de se détacher par une héroïne plutôt originale pour ce registre, et un ton beaucoup plus sombre que ce que le générique ne laissait présager. La fin est assez satisfaisante, quoiqu'attendue.

Pourtant, cet anime a aussi de nombreux défauts: un graphisme un peu grossier et une animation parfois empruntée, un rythme alourdi par de nombreuses longueurs et un propos, qui à y regarder de plus près, est très empreint d'idéologies chrétienne. Rien de plus normal, l'anime est une adaptation d'un roman de Patricia Saint-John, sorti en 1980, Un Trésor dans la Neige, inspiré par son séjour en Suisse alors qu'elle était enfant. Cette femme était aussi infirmière et missionnaire au Maroc, et elle a écrit des livres religieux pour enfants.
À partir de là, difficile de ne pas voir le parcours des deux enfants comme le retour sur le droit chemin, le fils et la fille prodigue, avec un sacrifice, preuve du don de soi, en prime. Du coup, l'anime, s'il est parfois grave, reste dans l'ensemble assez gentillet, voire dégoulinant de bons sentiments à la fin, dans la droite lignée de La petite maison dans la prairie -j'ai d'ailleurs remarqué que Laura Ingalls et Annette tombent toutes les deux dans leurs génériques respectifs, et au delà de ça, leurs personnalités sont assez proches. Et Laura Ingalls Wilder faisait des concours avec sa soeur pour savoir laquelle des deux connaissait le plus grand nombre de versets de la Bible... nous pouvons donc dire sans nous tromper qu'elle était très croyante, comme l'auteur d'Un Trésor dans la neige; les similitudes entre Laura et Annette se comprennent d'autant plus aisément.
Mais je m'éloigne du sujet; la dimension purement chrétienne n'apparaît pas en tant que telle dans l'anime, qui est une adaptation japonaise pour un public japonais, à la base, et elle ne se voit réellement qu'en interprétant l'évolution des personnages. Elle est d'autant plus discrète au premier abord que cet anime ne se destine vraiment qu'aux enfants de moins de 10 ans, voire 12. Les conflits d'Annette et Julien n'exercent pas une attraction irrésistible au delà. La Suisse de l'anime est un énorme et constant cliché, avec quatre chalets, un école et des sculptures sur bois comme décor. C'est très pittoresque, certes, mais ce n'est pas folichon... les escapades et mauvais coups les plus osés des personnages consistent à traverser la forêt quand il neige, faire de la luge à toute allure -pensez aux pauvres marmottes!-, et casser des bouts de bois.

Ce n'est pas vraiment passionnant et l'anime aurait sûrement profité d'un nombre réduit d'épisodes, au lieu d'étirer ainsi le scénario, mais les atouts principaux de cet anime restent son ton et son héroïne atypiques, même s'ils ne le restent qu'un temps, pour sombrer dans le miel -des Alpes, naturellement- habituel de ce genre d'animes, d'où un 4, assez sévère puisque l'anime peut beaucoup plaire aux enfants, mais avec le recul, il a néanmoins beaucoup de défauts.

4/10