Apparemment, Golgo 13 est un personnage à succès dont les aventures s'étalent sur des dizaines et des dizaines de manga papier. Après avoir vu cet OAV, on est en droit de se demander ce que ses fans peuvent bien lui trouver. En effet, Mr Golgo possède le charisme d'une moule marinière, en plus d'être affublé d'un pseudo ridicule. Alors certes il dérouille les méchants au corps à corps, sait manier une arbalète et fait tomber les femmes (!), mais malgré cela il reste inintéressant au possible avec son perpétuel air renfrogné et ses répliques creuses qui se comptent sur les doigts de la main gauche. S'il en est ainsi du héros, je vous laisse imaginer le traitement des autres protagonistes. La fameuse Queen Bee est une sorte de mercenaire nymphomane qui cherche à venger de la mort de sa mère. Au cas improbable où vous souhaiteriez regarder l'anime, j'évite de trop spoiler mais sachez juste qu'elle s'en prend à un candidat américain à la présidentielle héroïnomane manipulé dans l'ombre par son conseiller de campagne (et dealer). L'histoire est confondante de nullité et bourrée de scènes cliché, les personnages caricaturaux n'ont aucune crédibilité, bref ça craint.
En cherchant bien on peut quand même trouver quelques menues qualités à ce Golgo 13. Pour être plus exact, on peut dire que tout n'est pas complètement pourri. Le graphisme ne m'a pas vraiment choqué et les différents environnements ne sont pas trop laids (on a même un petit passage « aventure » dans la jungle). Par contre le character-design ne m'a pas plu, mais là c'est plus une question de goût car les visages ne sont pas particulièrement mal dessinés. Les quelques scènes d'action arrivent à divertir un minimum, même si on déplore une certaine fainéantise au niveau de l'animation. Je fais ici référence à la célèbre technique qui simule le mouvement en montrant trois fois de suite la même image fixe avec un déplacement de caméra identique à chaque fois. J'ai beau essayer de défendre cet anime, ses défauts reviennent toujours au gallot. Tenez, prenez la bande-son par exemple, elle est parfaitement ignoble, alternant compositions midi style série Z et musiques de film érotique. D'un autre côté, ça colle plutôt car Golgo 13 est justement une série Z avec des bouts de fesse et de nichons.
Ca y est, je ne sais plus quoi dire, il est donc temps de conclure. Golgo 13 Queen Bee est la plus infâme daube qu'il m'ait été donné de voir. Mais comme j'ai tenu jusqu'au bout sans trop de peine, je ne lui mettrai pas la note minimale.
Rares sont des oeuvres d'une telle force suscitant un panaché de mépris et d'incrédulité : dites merci à Osamu Dezaki !
Osamu Dezaki est littéralement un dinosaure de la japanim', ce diplodocus a réalisé Rémi sans famille (!) Ace wo Nerae. Bref il est dans le milieu depuis des décennies et sa réalisation n'a pris une ride malheuresement. Nous sommes en 1998 et le bonhomme adapte un épisode de Golgo 13 tel l'aurait fait un réalisateur des seventies avec tous les clichés qui vont avec ! Fallait le faire quand même... Les plans, les scènes rappellent le travail de Saïto tant est si bien qu'il doit s'agir d'une adaptation ultra-fidèle du manga.
Outre la réalisation préhistorique, le fond ne fait pas mieux que la forme. Le scénario peut se résumer en deux divnités grecques : Eros & Thanatos. Nous avons donc au menu partie de jambes en l'air accompagnée d'hémoglobine le tout assaisonnée d'une intrigue à deux balles. Une guerrillero menace le futur président américain, manipulé par son colistier qui fait appel aux services de super Golgo. S'ensuit une succession de fusillades et de scènes de cul surréalistes. La pseudo bataille entre la nympho (Queen Bee) et le gigolo (Golgo) tourne à l'apothéose de la médiocrité artistique.
Queen Bee est une merveille de médiocrité. Pour l'anecdote, j'ai bien rigolé en matant cette OAV. A voir avec des potes pour le délire.