Inukami, une série qui semble vouloir renouveler le genre des comédies sentimentales, mais n'arrive pas à sortir du carcan des classiques du genre, et ce malgré quelques idées qui semblaient pourtant originales.
En premier lieu, parlons du scénario, celui-ci est basique au premier abord: il s'agit ni plus ni moins que de suivre un jeune mâle en manque de tendresse, dans les différentes missions d'exorcisme qui lui sont confiée, tout en étant accompagné d'une ribambelles de demoiselles toutes plus attirantes les unes que les autres (et il y en a pour tous les gouts). Comme d'habitude dans ce genre de séries, le jeune homme une fois son devoir fini va cesser d'être sérieux, et retomber dans son comportement de pervers qui finira inmanquablement par lui attirer les foudres de son auditoire féminin. C'est à peu près ce à quoi ça ressemble, mais les scénaristes ont décidé d'aller un peu plus vite que ce synopsis de base, ainsi Keita n'attend pas que la mission se termine pour commencer à jouer les pervers, notamment parce que ses différents adversaires ressemblent plus à une bande de guignols au moins aussi pervers que lui... Même quand il n'y a pas réellement d'adversaires visibles, il faut toujours que la situation dégénère. La deuxième partie de la série s'accroche sur un scénario plus viable en apparence, en adoptant un style plus magical girl. Le problème est que les créateurs de la série ont une fois de plus voulu trop en faire, ainsi, on voit une multiplication d'apparitions de nouveaux personnages, les retournement de situation s'enchaînent à un rythme soutenu qui fait qu'on perd peu à peu le fil principal de l'histoire, et qu'on a l'impression d'assister à un grand n'importe quoi.
Hormis le duo Keita/Yoko, la plupart des personnages sont finalement assez plats et très peu développés psychologiquement, d'un autre côté, ils sont tellements stéréotypés qu'il n'y a pas vraiment besoin d'être un génie pour comprendre d'où ils viennent, et quelle est leur histoire passée. Concernant les Inukami, après tout, qui a envie de connaitre l'histoire et les origines d'un chien plus gros que la normale...dommage donc.
Côté graphisme et animation, ce n'est pas vraiment la fête non plus: ceux si sont corrects sans plus et les personnages possèdent tous un chara-design plus ou moins stéréotypé. Cependant, dans un souci d'originalité, les dessinateurs ont souhaité renouveler le fan service...Vous avez bien lu, et je n'ai pas abusé du bourbon non plus, pour ce faire, ils ont pris une décision toute simple, mais à laquelle peu de personnes avaient pensé avant: dans cette série, il n'y aura aucun plan avec des demoiselles en tenue légère (ou très rarement), mais les scènes avec des personnages masculins habillés comme des chippendales, ou des montagnes de muscles body-buildés en tenue de sumo sont légions, c'est spécial à voir, mais après tout, pourquoi pas. Le problème est que de même que le fan service fini par lasser au bout d'un moment, les gags finissent plus ou moins par tous se ressembler, et au bout d'un moment, le spectateur finit par faire une overdose d'éléphants (comprenne qui pourra). Pourtant, en voulant développer cette idée, le grand jeu avait été sorti, tous les types de pervers étaient représentés: le voleur de sous-vêtements, l'amateur de SM qui ne se déplace qu'en étant solidement attaché avec des cordes, l'exhibitioniste qui porte des vêtements chics sur lui, prèt à fondre sur ses proies... Bien entendu, la palme revient à Keita qui passe son temps à embèter la gent féminine, mais chacun de ces personnages à un moment ou un autre a une influence sur le scénario.
Mais comme précédemment, trop c'est trop: une majorité des protagonnistes de l'histoire ont été récupérés dans la catégories susnommée, et de temps à autres, on est content de voir une personne à peu près normale. D'une certaine manière, on peut dire que Inukami est une série en hommage à tous les pervers de la planète...faut-il en rire ou en pleurer?
La série fait également appel au folklore japonais: en plus des Inukamis, on trouvera également un chat (et d'autres animaux) qui parlent et veillent sur les différents sanctuaires du Japon, un Kappa, et quelques sorciers et prètres humain, mais leur rôle est finalement très réduit, et la plupart ne servent qu'à faire de la figuration le temps d'un épisode, dommage donc.
Inukami est donc une série qui semble sortir des sentiers habituels de la japanimation, mais y retourne promptement. Pire, à vouloir trop en faire (notamment sur la fin), on perd peu à peu l'intérèt que pouvait avoir cette série aux yeux du spectateur. Ce n'est pas une série que je conseille au visionnage, mais en étant honnète, je dirais qu'elle ne m'a pas totalement déplue, vraiment dommage que les idées des réalisateurs n'aient pas été mieux utilisées, sans être une série à voir à tout prix, elle aurait sans doute gagné quelques points en plus.