Arrietty - Le Petit Monde des Chapardeurs

Informations générales
- Format: Film
- Année: 2010
- Titre original: Karigurashi no Arrietty
- Nombre d'épisodes: 1
- Site officiel: http://www.karigurashi.jp
- AKA:
- - 借りぐらしのアリエッティ
- - The Borrower Arrietty
- - Arrietty la Chapardeuse
- Relations: 1 fiche en relation
Staff technique [liste]
- Studio d'animation: Studio Ghibli
- Production: Dentsu, Hakuhodo DY Media Partners, Mitsubishi Corporation, NTV, Studio Ghibli, Toho, Walt Disney Studios Distribution
- Réalisation: Yonebayashi Hiromasa
- Auteur: Norton Mary
- Musique: Corbel Cécile
- Couleurs: Mori Naomi
- Directeur artistique: Takeshige Yôji, Yoshida Noboru
Version française
- Licencié: oui
- Titre français: Arrietty - Le Petit Monde des Chapardeurs
- Editeur: Walt Disney Studios Distribution
Doublage
Mirai Shida (Arrietty), Ryunosuke Kamiki (Sho), Keiko Takeshita (Sadako), Kirin Kiki (Haru), Shinobu Ôtake (Homily), Tomokazu Miura (Pod), Fujiwara Tatsuya (Spiller)
Synopsis
Arrietty : la petite chapardeuse, des petits êtres et les humains...
Shô, un jeune garçon âgé de 12 ans convalescent, part s’installer chez sa grand-mère dans une vieille demeure près de Tokyo. C’est aussi là, sous le plancher, que résident les membres d’une famille pas plus haute que de quelques centimètres. Ils ont pour principe de ne jamais se faire voir par les êtres humains. Cependant, le jeune garçon ne tarde pas à rencontrer Arrietty...
Comment coexister en toute paix quand une civilisation vit au jour le jour à côté d'une autre, dans un anonymat total ?
Synopsis soumis par PetiteAkatsuki
#Par Yomigues le 02/12/2011 à 23:31
Voilà longtemps que je brûle d’envie de faire un article sur un Ghibli. Mon choix s’est arrêté sur « Arrietty, le petit monde des Chapardeurs ». Je ne l’ai pas choisi parce qu’il est la dernière mouture du studio japonais sortie chez nous, loin de là : je l’ai choisi parce qu’il est intéressant. Je ne vous cache pas que j’ai hésité entre « Nos voisins les Yamada » et un article généraliste sur la filmographie Ghibliesque, mais j’ai finalement opté pour celui-ci, alors allons-y !
La magie Ghibli
Je ne vais pas m’étaler sur l’historique de l’un des plus célèbres studios de l’histoire de la Japanimation, cependant, force est de constater qu’Arrietty est parvenu à capter par moment l’essence même de ce que je nommerai avec une grande subjectivité « la magie Ghibli ».
Mais qu’est-ce que la magie Ghibli selon moi ? Et bien dans un premier temps, il s’agit, en partant d’une base très simple, de créer une histoire onirique et épurée. Hayao Miyazaki, à l’inverse de son confrère Isao Takahata, réutilise la plupart du temps la même mécanique dans la construction de ses récits. On a donc droit à la traditionnelle rencontre entre un jeune homme et une jeune fille, un rythme à la fois épique et apaisant, ect. Le charme opère à tous les coups, la patte Ghibli fait son effet et on se laisse tous gentiment avoir.
Dans un second temps, il faut que le film réussisse à s’emparer des cœurs des spectateurs adultes et enfants. La plupart des gens sont unanimes à ce sujet, j’ai d’ailleurs eu l’occasion d’en rediscuter cette semaine, mais devant «Totoro», nous retombons tous en enfance.
Les Ghibli font souvent échos au gosse qui est encore enfoui en nous, ils l’invitent à remplacer l’adulte responsable que nous sommes (hélas) devenus et il se laisse emporter par le côté merveilleux de ces œuvres. Soulignons que le travail de Joe Hisaichi à la BO joue un rôle essentiel dans l’immersion de ces bijoux d’animation.
Bref, passons au troisième point : le message subliminal. Quelques films osent tenter le pari d’insérer des idées que les adultes auront la possibilité de déchiffrer pendant la durée de l’œuvre. On se souvient évidemment du médiatique «Princesse Mononoké», mais aussi de «Pompoko» et du moins connu «Nausicaa de la Vallée du vent». Pour ces 3 longs métrages, le message sous-jacent reste le même : l’écologie.
“Karigurashi no Arrietty”, Hiromasa Yonebayashi
Quand on se souvient du dernier projet en date où Miyazaki avait passé les commandes à son fils, on prend un peu peur. Non pas que «Les contes de Terremer» était mauvais, cependant il n’était pas doté du même gage de qualité que la plupart des films Ghibli.
En remontant plus loin que «Les contes de Terremer», on se rend compte que des réalisateurs autres que Miyazaki ou Takahata ont participé à l’image de marque du studio ; je pense notamment au sympathique «Le royaume des chats» ou au superbe «Si tu tends l’oreille» du regretté Yoshifumi Kondō, pressenti à l’époque comme le digne successeur de Miyazaki. «Les contes de Terremer» s’inscrit donc comme une petite faute de parcours, accueilli avec des avis mitigés partout dans le monde.
Maintenant, la question que vous attendiez tous : Arrietty est-il un Ghibli de meilleure facture que celui de Goro Miyazaki ? S’approche-il du talent de ses aînés qui s’en sont sortis sans les pères fondateurs du studio derrière eux ? A mon sens, oui. La réalisation est impeccable et le scénario dépossédé de lourdeurs (signé ici par Hayao Miyazazaki) est suivi au pied de la lettre, c’est parfait.
MAIS ! Car oui, il y a un MAIS…
Si le travail de Yonebayashi est admirable pour un premier passage à la réalisation, il y a encore matière à s’améliorer.
Yonebayashi fait passer sans aucune pincette le même message que dans «Pompoko» ou «Nausicaa de la vallée du vent». Là où ses prédécesseurs ont su faire preuve de subtilités dans leurs propos, le bât blesse pour «Arrietty» qui est trop brut de décoffrage.
La scène où se passe cette terrible preuve de maladresse reste pourtant l’un des moments les plus féeriques de cette dernière mouture Ghibli. La verdure éclatante, le petit ruisseau au loin, ce ciel bleu clair, cette musique enivrante et en parfaite adéquation avec la nature, la déception est vite rattrapée par ce passage exemplaire et typique de la "magie" du célèbre studio.
Autre mauvais point, la grande «méchante» de l’histoire qui est insipide. On aurait pu espérer mieux, le studio japonais a toujours su fournir un boulot remarquable concernant le background de ses antagonistes… Ici, ce n’est pas du tout le cas.
Dernière chose, si la rencontre entre un jeune homme et une jeune fille est bien présente, elle aurait gagné à être plus recherchée. Oui, Shô est touchant, mais il aurait mérité un rôle un peu moins effacé, moins fade, moins éteint, même si j’imagine que sa maladie a fait que les producteurs ont préféré le mettre en retrait. A contrario, il n’est pas gênant de ne pas trop en savoir sur le passé des Chapardeurs, on aurait traîné en longueur et Arrietty est très bien développée ainsi.
Les 90 mn de la pellicule se déroulent dans une maison de campagne, mais cette dernière, du point de vue de la petite famille de l’héroïne, nous apparaît comme un monde à la fois hostile et enchanteur, garni de décors somptueux, là ou il reste banal pour la famille humaine qui l'occupe. Comme dit plus haut, certaines scènes sont de véritables réussites : le premier chapardage d’Arrietty sera, à n’en pas douter, une scène culte dans les années à venir, en particulier le moment de "l’ascenseur".
Doit-on s’insurger contre ces fausses notes ? Non bien sûr, il ne faut pas blâmer ce premier essai de Yonebayashi qui s’en tire plutôt bien au final.
Joe Hisaichi, remplacé par une Frenchy
Après de nombreuses collaborations avec le père fondateur du studio, Joe Hisaichi laisse cette fois-ci sa place à Cécile Corbel. A la base, la jeune femme envoie son album à Ghibli pour les remercier de l’énorme source d’inspiration qu’elle a puisé dans leurs films. A mon avis, elle voulait tenter sa chance… Dans tous les cas, le fait est que Karigurashi no Arrietty est en production à l’époque et l’équipe du film cherche un compositeur. C’est chose faite avec l’arrivée du CD de Corbel.
Il y avait bien sûr de quoi inquiéter les aficionados Ghibliens : après avoir appris que Miyazaki laissait encore une fois sa place à un débutant dans la réalisation, la prod confiait désormais la création de la BO à une française venue de nulle part ! Joe Hisaichi est tout de même l'un des 10 plus grands compositeurs sur terre, l'échanger contre une française s'apparentait presque à de l'hérésie.
Mais que nenni, la BO du film est une petite tuerie, la french touch n’enlève rien au film, au contraire, les morceaux à forte connotation bretonne collent parfaitement à l’histoire. Le succès est au rendez-vous, je pense même que l’on peut dire que cette compositrice va ouvrir la voie à d’autres musiciens occidentaux.
En bref
Arrietty est le premier bébé de Hiromasa Yonebayashi, il est donc maladroit dans les messages qu’il cherche à véhiculer, et peine par moment à égaler ses aînés. Il est néanmoins doté d’une réalisation impeccable et demeure empreint de l’essence même d’un bon Ghibli. Il lui manque ce petit rien pour devenir un incontournable du studio. Arrietty, le petit monde des chapardeurs reste malgré tout un premier essai réussi, un diamant brut qu’il aurait fallu polir un peu plus.
#Par El Nounourso le 22/01/2011 à 21:16
Hiromasa Yonebayaquoi ? Yonebayashi ? C'est qui ce tocard ? Le réalisateur du nouveau Ghibli ? Ah, au temps pour moi. Et il a fait quoi avant ? C'est un animateur-clé ? Ah d'accord. On va quand même y jeter un oeil hein, au cas où... (et puis papa Miyazaki chapeaute le truc pour rassurer les fans)
Arrietty, c'est un conte comme Ghibli sait bien les faire. Les enfants dans la salle semblaient accrocher à l'ambiance et riaient aux petits gags. J'ai pour ma part été séduit par toute cette poésie teintée d'une étonnante dureté (cruauté de la bonne, pessimisme du garçon). Alors bien évidemment une histoire de lilliputiens chipant des bricoles aux humains ne réinvente pas la roue... et puis la tirade écologique n'apporte pas grand-chose. Mais c'est beau, c'est rythmé, tantôt joyeux / tantôt touchant, avec une héroïne super mignonne et une petite romance choupinette.
A mon sens, Arrietty reste un bon Ghibli et un très bon film d'animation. Pas la peine d'y chercher la grâce d'un Mononoke ou d'un Chihiro, on en est loin, mais il serait dommage de bouder son plaisir pour autant.
#Par Deluxe Fan le 22/01/2011 à 00:01
Arrietty : un petit Ghibli ?
Pour marquer le coup de ma quarantième critique pour AK, je vais parler d’un animé du studio Ghibli, studio que j’adore et que j’admire depuis des années. Et puis ça me permet de revenir dans l’actualité de la japanime, ce film étant sorti dans les salles faiblement éclairées il y a peu.
J’ai attendu cet Arrietty pendant longtemps, et j’ai eu le temps d’éplucher reportages, critiques et revues de presse à son sujet avant de me faire mon propre avis en allant le voir. Je me souviens en premier lieu d’une très intéressante interview du réalisateur Hiromasa « Maro » Yobenayasahi disponible sur Catsuka, que je vous recommande vivement si le sujet vous intéresse. J’y ai notamment appris que le projet, adaptation d’un roman de Mary Norton, traînait depuis longtemps dans les cartons du studio Ghibli. C’est Miyazaki qui a choisi M. Yobenayashi, un rookie, pour diriger le projet. Néanmoins le Maître s’impliqua dans le film en en écrivant le scénario. Mais les échecs des Contes de Terremer puis de Ponyo n’ont pas rassuré sur l’avenir du studio qui semblait lentement tomber en désuétude.
Mais il faut rappeler que même un Ghibli mineur reste un excellent film d’animation ; et Arrietty est un excellent film d’animation.
L’univers d’Arrietty ne brille pas d’originalité ; un contraste entre les humains et un peuple de petits personnages qui vivent à l’insu des hommes, en leur chapardant ce dont ils ont besoin. Depuis Jonathan Swift jusqu’à Luc Besson, ce sujet à été exploité jusqu’à la moelle. Ghibli choisit de le traiter sous l’angle de la sensibilité et de l’émotion, mais sans moralisme ni mièvrerie, ou alors si peu.
L’histoire démarre tout de suite avec l’arrivée de Sho, un jeune garçon atteint d’une maladie cardiaque, qui débarque dans la maison de sa tante pour se reposer avant son opération. Très vite il remarquera que la demeure est aussi celle de petits êtres tenant dans la paume de la main, qui résident dans les fondations de la bâtisse et qui vivent en récupérant ce qu’ils peuvent. Ghibli oblige, le scénario va vite s’orienter autour du protagoniste féminin, Arrietty. Celle-ci vit avec son papa et sa maman dans une maison en modèle réduit. Dès le début du film elle accompagne son paternel dans une expédition de « chapardage » où l’on va découvrir comment ils se déplacent dans la maison, et à quel point des objets ordinaires peuvent êtres détournés de leur utilisation d’origine par de si petites personnes (une aiguille devient une épée, des clous deviennent des escaliers…). Et bien sûr, c’est la rencontre tant attendue, qui va se placer au centre de l’intrigue.
L’histoire se développe de manière très régulière, sans gros temps morts mais sans scènes d’actions non plus, qui n’auraient de toute façon pas eu leur place. Comme dit plus haut, le scénario évite le pathos facile, et ne cherche pas à taper sur la tête du spectateur avec un discours moralisant de comptoir. D’ailleurs, le seul dialogue quelque peu prosélytique du film, situé vers le derniers tiers, marque les esprits tant il détonne avec le reste du propos, plus intimiste. En tout cas, comme tout Ghibli, il possède plusieurs niveaux de lecture et c’est cela qui compte. J'ai trouvé excellents les personnages d'Arrietty et de Sho, surtout ce dernier, en fait. Très lucide, il n'est pas pathétique et ne se complait pas dans la lamentation malgré son état. Les personnages secondaires ne font pas tache, hormis peut-être la domestique Haru un peu excessive dans son rôle de méchante... de service.
Le grand défaut (l’unique ?) du scénario est sa fin, trop ouverte. En fait, l’univers et les personnages m’ont tellement plu que j’en voulais plus. Ainsi je suis resté jusqu’à la fin de l’ending pour voir s’il y avait une séquence bonus mais mes espoirs se sont révélés infructueux. J’ai quitté la salle avec la désagréable sensation qu’il manquait comme un épilogue, une scène de conclusion pour Sho et Arrietty. Je pense que le film a volontairement choisi de laisser le spectateur imaginer la suite de l’histoire. Une démarche qui ne me plaît pas toujours mais que je respecte.
Là où le film ne déçoit pas, c’est au niveau technique. Du début à la fin, les yeux sont enchantés par la qualité des décors et de l’animation. A l’heure de la 3D triomphante, un tel travail laisse pantois : l’animation ne faiblit jamais, les décors sont peints tels des tableaux impressionnistes, et impressionnants. On regrette que ceux-ci ne soient pas plus variés (le jardin, la maison, le jardin…). Un peu comme on préfère le travail de l’artisan par rapport à l’industrie, on ne peut que trouver ravissant le visuel d’Arrietty, qui montre que Ghibli reste leader dans son domaine.
Et la musique ! J’ai appris que la musique d’Arrietty est due à la française Cécile Corbel, qui s’est retrouvée là un peu par hasard. Elle avait envoyé son disque à M. Suzuki, producteur des films Ghibli, qui n’écoute jamais ce qu’on lui envoie. Mais il a fallu qu’il écoute celui-là. Il a alors débarqué dans l’atelier du réalisateur en affirmant qu’il avait trouvé la musique idéale pour le film.
Et si je ne suis pas fan de ce genre de son, je dois admettre qu’elle colle parfaitement au film, et apporte vraiment quelque chose en terme d’ambiance. M. Hisaishi n’aurait pas fait mieux.
La presse et les critiques, si elles ont salué la prestation de M. Yobenayashi, qui rend une très bonne copie, ont noté qu’Arrietty ne savait pas vraiment se détacher de l’ombre du Maître, et que peut-être eut-il fallu qu’il s’en occupe de bout en bout. Je pense pour ma part qu’Arrietty se suffit à lui-même, et il est bon de voir qu’un studio aussi prestigieux et dans lequel tant d’espoir sont placés à chaque fois, n’hésite pas à mettre en avant ses jeunes et talentueux disciples. Et puis Miyazaki lui-même a dit qu’il trouvait le film trois fois meilleur que ce qu’il escomptait… Si même lui le dit… Que puis-je rajouter ?
Les plus
- La réalisation signée Ghibli
- La musique signée C. Corbel
- Le duo Shû / Arrietty
Les moins
- Il manque une vraie fin
#Par AngelMJ le 15/01/2011 à 22:41
Arrietty arrive à point nommé pour remettre en avant le studio Ghibli qui avait eu du mal à convaincre ses habitués avec ses deux dernières productions.
Si le film n'a absolument pas la prétention de faire de la concurrence à Chihiro ou Mononoke, il a le grand mérite de proposer quelque chose d'absolument envoûtant pour les sens, et ce grâce à une qualité visuelle bluffante et une bande son absolument divine.
L'histoire ne paie pas de mine mais se laisse suivre avec grand plaisir. Ici, pas de message sur l'écologie (ou si peu) ni de grande aventure, le studio nous propose de suivre une histoire toute simple, qui malgré tout arrive à attirer l'attention du spectateur. Car comme dit plus haut, les émotions sont là car tous est mis en oeuvre pour que les sentiments des protagonistes soient véhiculés le plus fidèlement possible.
De toute manière, il est difficile de rester insensible devant Arrietty. Les décors sont sublimes, fourmillant de couleurs et de formes qui flattent la rétine à chaque nouveaux décors. L'ensemble fait vraiment honneur au studio avec un sens du détail poussé à l'extrême. Ce sentiment est d'autant plus appuyé par les effets sonores et la musique qui se marient à la perfection avec le visuel. D'ailleurs la BO est tout simplement remarquable et est sans doute l'un des points positifs les plus remarquables du film. Enfin, l'animation est exemplaire, comme dans toute production Ghibli, avec toujours cette volonté de marquer chaque geste, chaque mouvement d'objet, pour rendre le tout immersif et toujours plus vivant.
Je pourrais m'étendre encore et encore pour mettre en avant ce film qui pour moi se classe parmi les plus belles productions du studio Ghibli. Si vous voulez passer un agréable moment devant une histoire simple et touchante, le tout sublimé par des dessins somptueux et une musique envoûtante, n'hésitez pas, foncez voir Arrietty.
#Par Nakei1024 le 15/01/2011 à 19:06
(Critique rédigée à chaud, donc pas forcément objective, mais c’est mieux ainsi).
Le dernier-né signé Ghibli n’est pas signé Miyazaki (celui-ci ne gérant « que » le scénario et le planning) mais est une vraie réussite. Les fans sont donc rassurés et peuvent voir que même sans le maître à la barre, le studio continue à produire des œuvres d’une grande qualité. La pérennité de celui-ci semble donc assurée alors que la plupart des gens et critiques « grand public » donnaient l’impression ces dernières années de ne jurer que par ce seul nom dès qu’on parlait de japanimation.
Arrietty, c’est donc l’adaptation d’un roman Anglais signé Norton Mary et qui a déjà été adapté plusieurs fois au cinémas ou en séries TV avec plus ou moins de succès. Sortir un nouveau film sur ce thème était donc légèrement risqué, mais l’équipe de Yonebayashi Hiromasa a relevé le défi avec brio, et l’on sent malgré tout l’influence d’Hayao Miyazaki dans la réalisation.
L’impression de miniaturisation des personnages a été parfaitement maîtrisée et l’on se rend vite compte de la manière dont un simple obstacle peut se transformer en parcours du combattant pour la jeune fille et sa famille tandis que des objets plutôt insolites leurs permettent de se transformer en véritables acrobates et alpinistes confirmés.
Encore une fois, le scénario ne s’encombre pas de détours et ficelles visant à donner un peu de rythme à l’ensemble. Tout est fait de manière lente et reposante permettant de savourer chaque instant, chaque détail dans un plan et chaque rencontre, comme la découverte de la maison de poupée dans un style très XIXème selon les deux points de vue. Certains trouveront qu’à vouloir faire un peu trop dans le contemplatif, le film prend le rythme d’un escargot qui refuse d’appuyer sur le champignon, mais les puristes sauront apprécier tout la poésie de la mise en scène au fil des rencontres (souvent touchantes) entre protagonistes. Et la bande-son est une vraie réussite, même le générique de fin (vu en VF) est un enchantement pour les oreilles.
Alors que Ponyo sur la Falaise bénéficiait d’une réalisation tout aussi enchanteresse, son scénario un peu décousu avait malheureusement rebuté une partie du public (surtout parmi les fans de la première heure). Le tir a été repris avec justesse et l’on se retrouve ici avec une histoire plus aboutie repartant sur des bases plus solides.
Le seul reproche que l’on pourrait faire est que le récit prend plus la forme d’une pré-quelle afin de présenter l’univers et la vie des petits êtres. Il en ressort une fin globalement assez ouverte qui semble appeler une suite qui n’arrivera probablement jamais (ce serait bien la première fois que Ghibli fait une suite à l’un de ses chefs d’œuvre), et c’est bien dommage. D’un autre côté, devant l’impossibilité de cet affection entre Arrietty et Sho, la conclusion que l’on peut voir ici est plus que satisfaisante.
Dans les autres défauts que j’ai pu noter, citons également un dialogue plutôt moralisateur et cliché qui détonne un peu avec le reste, mais hormis cette seule fausse note, je suis une fois de plus comblé.
Au final, voici un nouveau chef d’œuvre, et le fait que ce ne soit pas Miyazaki qui soit aux commandes prouvera aux sceptiques qui auraient encore des doutes que le maître n’est pas le seul à posséder un véritable talent parmi les équipes du studios.
