On your Mark

Informations générales
- Format: Spécial
- Année: 1995
- Titre original: On your Mark
- Nombre d'épisodes: 1
- Site officiel: http://www.nausicaa.net/miyaza...
Staff technique [liste]
- Studio d'animation: Anime Torotoro, Kyoto Animation, Miyazaki Animation, Oh! Production, Studio Ado, Studio Cockpit, Studio Ghibli, Studio OZ, Studio Pierrot, Trace Studio M
- Réalisation: Miyazaki Hayao
- Chara-design: Miyazaki Hayao, Yasuda Michiyo
- Auteur: Miyazaki Hayao
- Musique: Asuka Ryô, Sawachika Taisuke (Arrangement)
Synopsis
Clip de six minutes, diffusé en salles avant Mimi wo Sumaseba, racontant l'histoire de deux policiers sauvant une ange d'un laboratoire scientifique.
Synopsis soumis par Pharaoh
#Par Jacen le 14/05/2010 à 13:16
La vie est étrangement faite: Lorsque Grégoire ou Diam's sort un nouveau clip, je n'ai aucune envie de le voir et encore moins de le critiquer (qui plus est ce serait hors-sujet, faut-il le noter...).
Au contraire, quand M. Miyazaki est appelé pour illustrer la chansonnette d'un groupe totalement inconnu au bataillon, là, étrangement, ça interpelle mon âme de criticateur que j'ai au fond de moi, à côté de mon côté bisounours mais fort éloignée de mon petit doigt de pied gauche...
Bref tout ça pour dire que, quand bien même, la matière est fort réduite - le clip devant s'écouler sur environ 7 minutes - on trouve néanmoins des points à venir évoquer pompeusement devant une assistance déjà toute esgourdie d'avoir fêter le bénéfice d'un week-end prolongé (Note pour les générations futures: oui on avait des jours fériés...)
Une fois n'est pas coutume, commençons par le fond sonore car bien que nous ayons donc à faire à un clip, il faut bien reconnaître qu'il n'est ici que secondaire. En effet, la gentillette soupe pour doux rêveur accessoirement pré-pubère ou énamouré ne semble ici qu'un vil prétexte au maître de la japanimation qu'on ne présente plus pour s'essayer à un exercice de style.
La chanson coule donc doucement en fond tandis que certains bruitages viennent agrémenter la bande-son. Tout cela semble plus destiné à rythmer la production animée et je dois admettre que ne comprenant pas plus les paroles que les discours de Bernard Henri-Lévy sur Kierkegaard, je ne peux même pas conclure sur la présence d'un lien entre le défilé des images et le contenu du texte.
Bref, c'est pas grave, tout ceci est bien secondaire, chez Miyazaki on s'intéresse de toute façon aux images...
Bon ben les images alors? Ben c'est du Miyazaki, pur sucre 100% tant dans le charadesign que dans les décors.
C'est ben joli, douceureusement colorisé, fort bien animé (du moins pour l'époque, vu que ça a bien 15 ans...) et tout et tout... Du classique donc. Oui mais du bon.
Reste le scénario où là encore, la patte du maître se fait sentir (non il ne sent pas des pieds, c'est une expression...).
Nous voilà happé dans un monde futuriste et visiblement une fois de plus post-apocalyptico-nucléo-le-progrès-à-outrance-c-est-le-mal. Là on déboule en pleine intervention policière contre une vile secte et Bam! Au milieu de tout ça, un ange de sexe féminin (même si c'est asexué un ange tout le monde sait ça...) enchainé dans une pièce qui semble servir de débarras. C'est cet ange qui va servir de pierre angulaire à la saynète.
Elle est le sujet principal de ce monde désabusé et matérialiste où l'espoir et la liberté (d'espace notamment) ne semble plus avoir droit de citer. Les deux policiers qui la découvrent vont alors remettre en question leur choix de vie et taper un grand coup dans la fourmilière que représente cette société (oui tout ça en 7 minutes, les remises en question ça va vite au Japon)
Le côté intéressant de ce scénario, c'est surtout son déroulement, on enchaine flashforwards, flashbacks et fins alternatives pour aboutir au final à une oeuvre ouverte (même si quelque peu brouillonne) et poétique. Pas si idiot comme traitement de l'info quand le temps et la parole vous manquent. Je pense que c'est là le point de génie de cette production s'il faut en citer un.
Pour conclure, ce petit moment d'animation n'a rien d'exceptionnel, mais il a plusieurs mérites:
1° Il résume parfaitement Miyazaki en 7 minutes: Design, ambiance et thèmes de prédilection, tout y est. Inutile donc de vous enfourner toutes ses réalisations, si vous êtes flemmard (et si vous aimez pas, vous souffrirez moins longtemps)
2° L'exercice de style auquel s'est livré le monsieur était périlleux et original. Force est de constater au final qu'il s'en est particulièrement bien sorti tant dans la gestion d'un temps réduit que dans le remplissage de ce temps par un scénario qui tient la route (bon c'est du Miyazaki, c'est miévreux et plein de bons sentiments hein!)
3° Ca prend même pas 10 minutes de sa vie pour se culturer un peu plus... C'est toujours ça de pris et ça permet d'éviter de perdre son temps avec BHL et Kierkegaard...
Finalement, un agréable court moment d'animation qui, s'il n'apporte pas grand chose, donne la possibilité de s'évader pour une poignée de minutes. 7 pour être précis, comme la note.
#Par Scalix le 31/12/2008 à 12:26
Difficile de critiquer six minutes d’images, sans dialogues, avec un simple fond sonore.
Miyazaki ici se prête à un exercice de style risqué, à savoir celui de séduire des spectateurs et de les faire s’imprégner d’une histoire en très peu de temps.
Ainsi, les différentes séquences s’enchaînent très rapidement, toujours avec ce manichéisme gentil/méchant propre à l’auteur. Ici, par exemple, tous les individus « gentils » sont très rapidement identifiables ; ce sont en effet les seuls qui ne portent pas de masques. Tous les autres, que ce soit les ravisseurs de l’ange ou bien les policiers et militaires, portent tous des uniformes les rendant tous identiques en tous points.
De ce point de vue là, on constate donc très rapidement que les deux héros, cherchant à sauver leur nouvelle idole (on ressent très nettement leur fascination) sont réellement seuls contre tous, et que peu importe le camp vers lequel ils se tournent, le résultat est le même.
Le personnage de l’ange est d’ailleurs une vraie réussite. Sans la moindre parole, et sans ne jamais trop se concentrer réellement sur elle, l’auteur parvient à lui donner un caractère très pur, tout en lui offrant une personnalité très innocente. La pureté renvoie surement à son visage très simple, et à sa robe monocolore, elle aussi très basique. Elle ne correspond pas à cette débauche de couleurs que l’on retrouve dans tous les autres plans du court métrage. Concernant son innocence, on la voit totalement passive tout le long de l’histoire. Elle n’interagit qu’avec les deux héros et n’est jamais traitée en tant qu’être vivant par les autres. Les ravisseurs l’attachent, l’armée l’enferme dans un sac hermétique, puis dans un tube à essai grandeur nature.
Musicalement parlant, « On your Mark », puisque c’est le nom de la chanson, n’a rien de transcendant. Cela dit, si la voix ne nous bouleverse pas, elle ne nous répugne pas non plus. Ainsi, on cesse rapidement d’y faire attention pour se concentrer sur les images défilant sous nos yeux.
Images très agréables, surtout pour une œuvre de 1995. Là encore, Miyazaki montre tout son savoir faire, que ce soit au niveau de l’animation, du character-design ou des décors. Tout est varié, propre, complet, et pratiquement sans faille. On sent la maîtrise de l’auteur, quel que soit le registre.
Au final, si ce petit film ne sert à rien, s’il n’est pas réellement porteur d’une symbolique comme l’ont été Nausicaä ou Mononoke, il est tout de même touchant, esthétique et toujours dans cet esprit léger propre au studio Ghibli. Six minutes de plaisir, ça n’a jamais tué personne. A noter que dans un format similaire, vous trouverez Comedy, du Studio 4°C, qui pour le coup explose littéralement On Your Mark.
#Par El Nounourso le 07/01/2008 à 13:10
L’idée même d’un clip musical réalisé en dessin-animé a de quoi séduire. Si l’on ajoute un certain Hayao Miyazaki à la réalisation, on a vite compris ce qu’il nous reste à faire : le visionner en vitesse !
On cerne rapidement les qualités de cet anime : l’univers futuriste, le trio de personnages et bien sûr, la musique. Passée la petite scène bucolique d’introduction, on assiste à une intervention musclée de la police qui massacre littéralement les membres encagoulés d'une sorte de secte (look Ku Klux Klanesque oblige). Deux des flics tombent soudain sur un ange gisant inconscient au milieu de détritus, mais de vilains scientifiques la capturent (c’est une fille) et s’enfuient dans leur vaisseau tamponné d’un signe radioactif. Pas forcément très subtil comme critique du nucléaire mais passons ! Les deux policiers l'ont un peu mauvaise et décident donc d’infiltrer le laboratoire où est enfermée l’ange, afin de lui rendre sa liberté.
C’était un vrai challenge de donner du relief aux trois héros en seulement six minutes trente, mais on peut dire que le pari est réussi. Même sans dialogue, les visages et la gestuelle sont très expressifs, les émotions passent bien… du beau boulot. La musique, calée rythmiquement sur l’action, aide beaucoup à toucher le spectateur, mais je regrette un peu que les paroles ne coïncident pas vraiment avec ce que l’on voit à l’écran. Je conseillerai presque de ne pas lire les sous-titres pour profiter à fond de la bande-son couplée à l’image. Si j’ai bien aimé l’idée de la fin alternative, la construction narrative n’est pas toujours très habile, avec quelques flashbacks (ou au contraire des extraits spoilant la suite de l’histoire) superflus qui ont probablement servi à « combler les trous ».
Mon impression générale reste quand même très positive. En un temps record, ce clip musical raconte une fort belle histoire qui devrait plaire à tous le monde, dans un univers futuriste au design très réussi.
#Par Starrynight le 14/12/2006 à 23:29
Dans On Your Mark, Miyazaki relève un défi de taille : construire un univers cohérent et attachant pendant une poignée de minutes. C’est une réussite : ce clip est une perle de plus à ajouter au palmarès de Miyazaki.
L’histoire : le maître brosse un récit complexe servi par des images magnifiques et décrit un monde à la fois futuriste (les routes suspendues, les engins aériens), moderne voire un peu retro (le look de la voiture et des deux policiers) et rêveur (l’ange). Il y aborde la problématique du nucléaire, du fanatisme pseudo-religieux, des dérives de la recherche scientifique à outrance (qui en devient inhumaine), ainsi qu’une recherche de bonheur et d’espoir possible malgré les barrières que dresse la société.
L’histoire est de plus très ouverte : on la prend en route sans explications (ce qui laisse libre court à notre imagination pour combler les trous), plusieurs possibilités s’offrent aux héros au fil du récit et la fin reste très ouverte.
Les personnages : le trio formé par les deux policiers et l’ange est particulièrement attachant. Gros coup de cœur pour le personnage de l’ange, son sourire est un baume de douceur (en cela, elle me fait un peu penser à Nausicaä). Pourtant, cela n’était pas gagné : les protagonistes n’ont pas de nom et sont muets (la bande son étant constituée de la chanson de Chage & Aska – normal, c’est un clip – ponctuée de quelques bruitages). Les personnages ont cependant leurs caractéristiques physiques et leur comportements propres qui nous les rendent sympathiques : le playboy à la casquette de marin, son acolyte à la visière d’aviateur et au grand cœur, et l’ange à la robe blanche et aux immenses ailes.
Lien avec la musique : au premier abord l’histoire racontée par Miyazaki semble à peu près indépendante de la chanson, mis à part le fait que leurs rythmes sont accordés. En fait, cette chanson clame grosso modo de toujours continuer de l’avant vers le but que l’on s’est fixé (on your mark) et correspond donc bien à l’histoire de ces deux policiers qui se rebellent pour délivrer l’ange et lui rendre sa liberté quitte à ne plus la revoir.
Ainsi, lorsqu’on on peut croire que ça va mal finir pour le trio, le refrain repart de plus belle et ils ont droit à une seconde chance.
Le tout en 6 minutes.
Un petit bijou, difficile à trouver mais il en vaut la peine.
#Par HerrV le 02/11/2005 à 17:18
Du très grand Miyazaki, et malheureusement introuvable en France. Chage et Aska ont une histoire comparable à Simon & Garfunkle. Les deux musiciens s'étaient séparés dans les années 80, et se sont regroupés en 1995 pour faire "On Your Mark" (ils ont beaucoup de talent, le style est comparable à S&G); Chage ayant pu rencontrer Miyazaki, il le contacta pour faire un clip de leur nouveau titre On Your Mark, lui laissant carte libre pour la réalisation de celui-ci (et libre budget). Ce dernier a accepté et nous propose en 5 à 6 minutes un festival poétique qui colle parfaitement à la musique.
Les thèmes développés par Miyazaki sont en rapport avec les paroles de la chanson. C'est du Miyazaki tout craché : anti-nuclaire, démontrant l'innocence perdue et la folie humaine par l'intermédiaire de l'ange capturé, mais avec un Happy End (la libération de l'ange) très réussi. pour l'anecdote, l'alfa roméo jaune (une spider, très rare) serait l'un des deux véhicules de Chage ou Aska. La ressemblance va plus, loin, les deux policiers sont la version manga des deux chanteurs !
Encore une anecdote, deux fin avaient été proposées, une malheureuse (le camion s'écrase au fond de la cité) et une heureuse (le camion parvient à partir), le choix décidé par Miyazaki et Chage/Aska a été d'intégrer les deux fins, celle heureuse étant vécue comme une seconde chance accordée. Mais cependant, la fin reste en suspens et continue sur cette double optique heureux/malheureux, et a deux interprétations : soit elle est heureuse (l'ange s'envole vers les cieux, et les deux policiers lui sourient), soit elle est tragique, l'ange s'envole, mais la voiture s'arrête dans une zone fortement contaminée (les panneaux dans le tunnel avant la sortie à l'air libre le signalent) dans laquelle les deux policiers meurent en sauvant l'ange. C'est peut-être cette fin qu'il faut plébisciter.
Essayez de voir cet ovni de Miyazaki, absolument sublime.
