La profusion de cases, de dialogues et une hyper-sensibilité féminine sont les caractéristiques du shojo manga. Mari Okazaki n'y déroge pas, comme d'autres auteurs de renom. Ainsi, de fait Bx ne brille pas particulièrement par son orginalité mais par son style narratif et graphique très dynamique.
Pourtant la lecture n'est pas rapide. La disposition des cases, très morcelées, offrent paradoxalement au récit une certaine vitesse tandis que les textes sont courts et très nombreux, parfois même métaphoriques. . Les sentiments sont oscultés, Nenehi dévoile son esprit limite bordélique. Ce qui ne facilitent pas la compréhension de l'histoire, mais distille un parfum presque vertigineux au lecteur entre léger érotisme et effort intellectuel.
Mais c'est elle le véritable moteur de l'histoire, les autres personnages ne font que graviter autour d'elle. Usagi est placide, taciturne, le classique du bad boy. Qui plus est il cache un drame, comme Nenehi d'ailleurs. Les personnages secondaires ne volent pas plus haut, on les effleure seulement et pourtant ils ne sont pas laissés pour compte. C'est tout en nuance, et témoigne d'une belle maîtrise du rythme car faire un aussi bon melting-pot de personnages en un laps de planches si court n'est pas donné à tout le monde.
Bref c'est un one-shot très classique dans le sens où Okazaki ne s'éloigne pas des codes du shôjô, bien qu'elle navigue sur un ton (presque) post-ado. Néanmoins, Bx divertit et enfin détend.