Le manhwa peut s'ennorgueillir de posséder de jeunes et talentueux auteurs. Préférant l'expérimentation au plagiat du manga, des éditeurs français nous font le plaisir de publier leurs oeuvres notamment celles qui ont remporté des prix au pays du matin calme. Ainsi Seong Jun Kim est membre de cette pleïade.
Comme souvent ces auteurs développent rarement leurs histoires, pour cause on leur impose de dessiner des nouvelles pour jauger de leur talent. Ici Cosmos déroge subtilement à la règle. En effet chaque histoire peut être considéré comme indépendante, mais au fil de la lecture, on s'aperçoit qu'on a seulement changer de point de vue de surcroît de protagoniste. Malheuresement, le néophyte sera pertubé par cet anarchisme, d'autant plus renforcé par les patronymes coréens, seuls référence aux personnages, malaisé à reconnaître lorsque l'on s'y frotte rarement.
Les histoires ne se valent pas toutes. Raconté à la manière d'un monologue intérieur entre-coupé par des dialogues creux, l'auteur tente de créer une ambiance intimiste oscillant entre la mélancolie et la tristesse. Illustrée de superbe manière, le réalisme des planches est certes en adéquation avec cette ambiance, néanmoins il n'empêche que le texte reste souvent maladroit voire parfois insipide. L'auteur en vient même à consacrer un chapitre entier à du texte parsemé de quelques illustrations. Le roman illustré ne prend pas.
Cependant, Cosmos n'en est pas moins désagréable à la lecture. Difficile à cerner, des graphismes envoûtant et une histoire audacieuse voilà pour résumer ce qu'est ce one-shot.