Crying Freeman tient une place particulière dans mon coeur. C'est l'un des tout premiers mangas que j'ai lu de son antique première édition Glénat. Le monde des yakuzas, un thème qui m'est bien cher, à l'instar de Coppola et son Parrain, le manga ne fait pas exception à la règle et nous offre non pas un classique du genre mais une oeuvre relativement originale.
Ryochi Ikegami au dessin, c'est souvent très réussi et ici sa patte donne énormément de force aux personnages. Les cases portent leur lumière essentiellement sur les visages, alliés au réalisme du dessin et aux répliques cultes de kazuo koike on obtient des planches d'anthologie, à l'instar de Sanctuary. Cependant la grosse dose d'action apporté par le scénario de Koike, notamment des combats assez violents et paradoxalement romantiques, n'est que poudre aux yeux car le dessinateur arrive à ralentir l'action. Comme déjà dit en se focalisant sur les visages, le manga n'est en fait qu'un enchaînement de répliques, donc pour éviter l'ennui, on voyage beaucoup, histoire de changer de décors ma foi excellents.
En effet, grosso modo tous les deux tomes on change de cycle. Une méthode classique pour injecter de nouveaux persos et mettre en scène des affrontements entre le Freeman et le grand méchant du cycle. C'est très répétitif, on peut résumer ça à "on reprend les mêmes et on recommence" à la limite suivante : l'ennui ne prend pas. Miracle ? Non, mais plutôt que l'ensemble reste plutôt potable grâce au charisme du Freeman même s'il se décrédiblise au fur et à mesure qu'il se sort de situations impossibles. Mais après tout c'est le super-héros made in Japan.
Crying Freeman est un manga qui rappelle fortement l'univers des comics classiques à ceci près que le Freeman n'est pas là pour sauver la veuve et l'orphelin mais presque. C'est simple, le héros est tout simplement invincible et fait craquer toutes les femmes du monde à sa simple vue. On en profite donc pour nous pondre des planches érotiques, et même un chapitre entier ! Non seulement, le héros fait écho à Batman et co. mais tout l'univers développé par le manga est le reflet de son homologue d'outre-pacifique. On voit des organisations criminelles possédant un sous-marin (rien que ça !), ou encore une île. Bref on navigue dans un monde qui ne se veut pas réaliste qui contraste avec le dessin.
Somme toute, ça se lit bien, ce n'est pas indigeste à condition bien sûr d'être fan d'une vision romantique de la mafia. Mais le manga reste tout de même assez inégal, je garde un meilleur souvenir des couvertures que le manga lui-même !