Ceux qui comme moi suivent la saga Comte Cain et God Child savent que miss Yuki peut très bien développer une histoire en deux chapitres en posant de solides bases tant pour le scénario que pour la psychologie (souvent torturée) de ses personnages.
Elle n'y arrive que partiellement ici, pour son second manga à être relié chez nos amis les nippons.
Pour l'histoire, les fans de la mangaka (dont je fais partie) ne seront pas dépaysés. En effet, elle aurait tout à fait eu sa place dans le monde de Cain, tant l'ambiance gothique et les rebondissements de l'affaire suivent le même cours que les enquêtes du jeune homme. Quelques problèmes sont liés à cette comparaison: la relation Martin/Julian ressemble à s'y méprendre à celle entretenue par le comte et son majordome; de même, le système de meurtre est tout proprement identique à celui utilisé dans l'un des chapitres de God Child. Ajoutez à cela que, rompue à l'esprit tordu de la mangaka, je n'ai eu aucun mal à deviner le dénouement, l'histoire étant beaucoup plus simpliste que ce que la mangaka nous offre dans ses autres oeuvres.
A part pour Luccia qui est tout bonnement navrante de niaiserie (elle comprend rien cette blonde), les autres persos bénéficient évidemment de personnalités perverses toutes yukiennes (si je puis me permettre), et ça on ne s'en lasse jamais.
Bon point aussi pour le conte utilisé: l'ange et les sorcières, je ne sais pas si celui-ci sort tout droit de l'esprit dérangé de Kaori (ça ne m'étonnerait pas), mais il est vraiment glauque et romantique à souhait, tout ce qu'on aime.
Niveau dessin on a vu mieux de la part de l'auteure d'Angel Sanctuary, ça a pris un sacré coup de vieux. Mais bon, ça reste de haut vol malgré quelques planches belles et bien râtées.
Du Yuki milieu de gamme, à reserver aux fans.