Je ne Suis pas Mort

Je ne Suis pas Mort

Informations générales

  • Auteur: Motomiya Hiroshi
  • Origine: Japon
  • Année de création: 2007
  • Titre original: Mada, Ikiteru...
  • Nombre de volumes: 2+
  • AKA:
    • - まだ, 生きてる…

Version française

Synopsis

Kenzô Okada est un sexagénaire dont on ne peut envier le parcours catastrophique, que ce soit en rapport avec sa carrière, sa famille ou sa vie sociale, tout n'est qu'échec et désordre...
Cette malchance va le poursuivre jusqu'au jour où il voudra mettre fin à ses jours en faisant échouer cette tentative.

Le Soleil se lève, brillant de mille feux à travers les flancs et cols flamboyants des montagnes...
Son regard a changé, il décide dès lors de vivre loin de toute nuisance citadine, en plein milieu d'une forêt en espérant y trouver une fin calme et paisible.

Mais Kenzô Okada va découvrir soudainement que cette forêt lui réserve d'inimaginables surprises...

Synopsis soumis par Neo Shinigami

#Par Nakei1024 le 12/04/2010 à 20:50

Voici une œuvre que l’on pourrait résumer en quelques lignes, et pourtant malgré la simplicité apparente de l’exercice, il serait impossible d’en dévoiler la richesse du contenu de cette manière.

« Je ne suis pas mort », c’est donc une sorte d’adaptation à la sauce nippone du personnage de Robinson Crusoé. Sauf que l’action prends lieu et place dans le Japon contemporain (donc les zones inconnues et/ou isolées de toute civilisation sont rares pour ne pas dire inexistantes), que le personnage principal est un sexagénaire désabusé et largement dépassé par son époque (il préfère l’utilisation d’un vieux boulier à celle d’un ordinateur). Déprécié tant par ses collègues de bureau que sa famille, il se retrouve du jour au lendemain à la rue, sans aucun moyen financier ni soutien extérieur (et ce sous les yeux impuissants du lecteur), la première option qui s’impose à ses yeux reste donc le suicide… Malheureusement (ou pas) pour lui, il semblerait que même la faucheuse ait décidé de l’abandonner, puisque la branche de l’arbre auquel il tente de se pendre se brise sous son poids. Loin de lui faire perdre tout espoir, cet évènement est un véritable électrochoc : puisque la société semble l’avoir définitivement jeté comme un vieux déchet maintenant inutile dans une décharge, eh bien soit. Désormais il vivra en marge de celle-ci, non comme un clochard, mais en ermite solitaire au fin fond de la montagne.

Dès cet instant, sa vie change du tout au tout : sans se transformer en bête sauvage, Kenzô (c’est son nom) se retourne vers des valeurs et pratiques plus traditionnelles, tant pour se nourrir que pour se loger et se vêtir. Lui qui n’avait jusque là connu que le rôle d’employé sans histoire (à défaut de celui de souffre-douleur) va se reforger une identité et une dignité qu’il croyait disparues depuis longtemps. Même son apparence physique change du tout au tout : d’un vieil homme fatigué et faible (à tous points de vue), on assistera à la renaissance d’un homme mûr, en pleine possession de ses moyens physiques et intellectuels (il en est d’ailleurs le premier surpris), incitant enfin le respect aux personnes qu’il croise durant ses rares excursions en ville (policiers, pêcheurs, voyous…).
Loin de l’isoler des autres (mais ne l’était-il pas déjà depuis longtemps), cette nouvelle vie va lui permettre de faire de nouvelles rencontres et de se lier (de manière sincère) avec ceux qui partageront désormais sa vie. De manière inattendue mais finalement logique, il parviendra même à fonder un nouveau foyer.
L’ensemble n’est pas dénué de violence, mais à la brutalité d’un système basé uniquement sur l’apparence, le profit et le broyage (pur et simple) de ceux qui n’arrivent plus à suivre le rythme, on préfèrera tout de même la mise à mort d’autres animaux à la seule fin de se nourrir et un accouchement pratiqué « à l’ancienne » (et tant pis pour ceux qui trouveraient ça trop trash).

On peut donc dire que cette œuvre est une véritable ode à la vie, mais une vie basée sur des valeurs humaines et altruistes, avec une critique des dérives des sociétés modernes, devenues artificielles et presque immatérielles. On trouve aussi un message écologique, notamment lorsque Kenzô passe devant une décharge sauvage en pleine forêt ou prend conscience que finalement, tous les traitements qu’il pouvait suivre auparavant le rendaient plus vulnérable qu’autre chose.
En conclusion, voici un récit touchant à bien des égards, plein d’humanité, qui vous fera passer un agréable moment lors de sa lecture.

9/10

#Par le-crepusculaire le 07/03/2010 à 12:19

Introduction :

Donc voilà un manga de l'auteur d'un culte de chez Shonen jump, ''Salary man kintaro'' il me semble. (Non publié en France ! ) Cet auteur n'est donc pour chez nous vraiment pas connu mais ce manga là aurait bien mérité un petit prix au festival d'Angoulême. (Il faut croire que le manga n'est pas encore trop toléré par certain...). J'ai donc globalement bien aimé !

Graphisme :

Le coup de crayon qui n'est pas sans rappeler toutes ces autres œuvres ! Qui ne sont pas connu en France je le rappel... Mais comparé aux autre mangas de cet auteur on peut dire qu'il a vraiment pris son temps pour faire ces dessins, même pour les décors, qui ne sont en général pas sont fort comme j'ai put le voir sur certains de ces dessins ! Bon vous me direz c'est ''normal c'est un One-shot'', mais il a fournie un bon travail au niveau dessin et c'est a souligner.

Histoire :

Un homme dégouter, ayant touché le fond socialement... Suite a une tentative de suicide raté il par vivre comme un Hermite dans une foret, ou il sera finalement un héros au prêt d'une femme et son enfant. Vous l'aurez compris cet œuvre et du type touchante, et d'autant plus chez nous car malheureusement en France les suicides a cause de son statut social c'est très fréquent ! (Mais y'a pas le délire de la foret chez nous par contre c'est là ou l'on voie bien qu'il sagit d'un manga... ^^'') Au niveau de l'histoire j'ai pas vraiment put discerner un défaut... On ne s'ennuie pas on a du mal a décrocher avant la fin. Le personnage principal est attachant et son histoire est très agréable... Il sagit d'un one-shot donc en dire plus serais vous gâcher le plaisir de découvrir cette belle petite œuvre !

Conclusion :

J'ai apprécié ce manga sur tous les points, j'ai pour une fois pas a me plaindre même si je dois quand même dire que je ne vais pas jusqu'à crier au chez d'œuvre, puisque l'histoire n'est pas non plus très réfléchi... Mais je conseille néanmoins ce manga a tous publique, et je le même conseille vivement !

8/10

#Par Ichi-nii le 07/02/2010 à 09:06

Okada Kenzô, la soixantaine, en recherche d'emploi pour une activité comptable dans laquelle il se retrouve à son âge dépassé par les moyens informatiques, bien loin du traditionnel boulier qu'il a l'habitude d'utiliser, voit sa vie bouleversée lorsqu'il découvre son domicile vide, sa femme demandant le divorce et ne lui laissant que quelques yens derrière elle.
Lui étant impossible de la contacter elle ainsi que ses enfants, il se retrouve seul... à faire le bilan de sa vie... navrante et bien mal accomplie... et pour laquelle il ne voit qu'une seule option...
Mais le destin en voulant autrement, la branche de l'arbre auquel il voulait se pendre se brise, le laissant en vie malgré une chute impressionnante.

La nature en ayant décidé ainsi et lui offrant un lever de soleil magnifique, il choisit alors de se laisser porter par elle, par ses richesses, et d'aller "jusqu'au bout de son chemin", aussi longtemps que son corps le lui permettra. Il s'enfonce alors dans la forêt afin de vivre tel un ermite...

En voilà un anti-héros par excellence, mais qui va dans cette forêt reprendre et réapprendre le goût de la vie.
La première partie du livre s'attache à montrer comment il va s'y prendre, se remémorant les instants de son enfance et les astuces de ses aïeuls, pour s'en sortir librement et sans technologie pour vivre, un peu comme il s'en sortait avec son simple boulier dans sa vie professionnelle.

On peut parler de revanche pour lui sur une société qui l'a abandonné, mais l'auteur se contente d'effleurer ce fait et cette société hypocrite et sans valeurs humaines, laissant le lecteur approfondir sa réflexion, et préférant axer son récit sur la force de cet homme, dont on évite les longs flashback inutiles de sa vie passée et de sa famille, l'important n'étant pas là, cet homme ayant maintenant sa propre histoire, menée par son courage et son abnégation.

Kenzô va devenir un véritable Robinson dont le regard va changer au fil des jours, passant de ce japonais moyen et couard à un gaillard robuste, combatif, fermé et dont la force de caractère va le pousser à se surpasser pour survivre dans cet environnement inhabituel, bien loin de notre confort quotidien.

Son regard va encore évoluer dans la seconde partie du livre puisqu'il va devoir sortir de son isolement et s'occuper de quelqu'un. Il va réapprendre à sourire et son regard vide et fermé va s'ouvrir et s'épanouir.
Sa vie bien navrante et bien mal accomplie va alors trouver ce qui lui avait toujours manqué, pour devenir une vie accomplie et comblée.

Vous comprenez le plaisir que j'ai pris à découvrir ce one-shot, très (trop ?) rapide à lire, et doté d'un final magnifiquement amené, ce qui est assez rare pour être souligné.
Le style graphique, sans être magistral, est très agréable et réaliste, et j'ai beaucoup apprécié l'expressivité des personnages et l'attention apportée à l'évolution du regard de Kenzô, ainsi que les détails apportés à cette nature magistrale.
Le tout pour un très bon moment passé, qui vaut bien un 9/10 à mes yeux.

9/10

#Par Sacrilège le 01/02/2010 à 17:41

Malgré un thème commençant le récit de manière bien glauque et mélancolique, ce one-shot est un hymne à la vie et à la liberté. Décidant de refaire sa vie tel un ermite dans les montagnes après une tentative de suicide ratée, Kenzô Okada va enfin commencer sa vie, sa vraie vie, caché dans la forêt à l’âge de 60 ans.

Rien n’est plus difficile que de commencer une nouvelle vie délaissant toutes tentations matérielles et coupant toutes relations sociales. A l’instar de Rousseau et de son homme naturellement bon, Hiroshi Motomiya nous prouve ici qu’un homme livré à lui-même dans un milieu qui lui était devenu hostile au fil des années peut ne pas être forcément malheureux. Le manga nous pousse à prendre du recul sur nos sociétés modernes sans pour autant jouer la carte du style manichéen. Toute la difficulté de Kenzô étant de se sentir enfin épanoui dans un monde animal sans pour autant en devenir un lui-même. Mais l’histoire ne se limite pas non plus qu’à cela, Kenzô va aussi parvenir à trouver l’Amour, le véritable et sincère dans un lieu pour le moins exotique.

En compétition pour le festival d’Angoulême 2010, Je ne Suis pas Mort nous montre d'une bien belle façon les conséquences néfastes issues de l’amertume, la colère ou tout simplement la tristesse ; pouvant dans le même temps être à l’origine de bien des espoirs et de leurs concrétisations.

8/10