Kazuo Umezu est présenté comme un maître du manga fantastique dont L'école emportée fut son plus grand succès. La publication en France des manga des années 70 est injustement monopolisé par les oeuvres de Tezuka, L'école emportée montre qu'on savait faire autre chose qu'un dessin enfantin, voire caricatural.
En effet la première chose qui frappe est la qualité du dessin plutôt moderne dans le style. On a des visage aux proportions réalistes sans des yeux trop gros ni des bouches protubérantes, de plus les décors sont soignés. Cependant le character-design reste rigide, c'est-à-dire qu'il y a une quasi-absence de diversité émotionnelle : un visage heureux ne sera guère différencié d'un visage normal. Les procédés old-school pour varier les visages trahissent l'âge du manga. Bref des graphismes résolument réaliste.
Néanmoins l'histoire, quant à elle, est loin d'un réalisme vraissemblable. Certes le scénario et toutes ses parts d'ombres, restent très intéressants pour le lecteur. Mais le concept de l'histoire, celui de faire évoluer des dizaines d'enfants dans un univers post-apocalyptique, l'est beaucoup moins.
Alors oui c'est dynamique à l'instar d'un Tezuka, alors oui c'est énervant lorsqu'un gamin d'à peine neuf ans se lancent dans des réflexions qui ne sont pas de son âge, surtout lorsqu'on le présente comme un cancre dès le début du manga. C'est le comportement des personnages qui fait défaut : il n'est tout simplement pas vraissemblable. Et ceci mine de rien plombe la lecture si bien qu'il m'a fait abandonner la lecture dès les premiers tomes, le manga n'en comptant que six.
Ce n'est sûrement pas un manga qui brille par la qualité psychologique des personnages. Mais son dynamisme saura en combler certains. Ce manga était tout de même prépublié dans le Shonen Sunday (public d'ado) et donc n'avait pas les exigences qu'imposent le manga pour adulte. Ne pas être rationnel ou tout du moins ne pas être réfractaire à certaines énormités doit être la clef pour apprécier L'école emportée.
Dur, très noir, l'Ecole emportée peut être lue en écoutant Mickey 3d (Respire) ou Cowboys fringuants (Plus rien). C'est de circonstance.
Le message est fort : Faites attention à votre planète, ou il vous en coutera !
- Scénario : Un scénario très prenant, avec des personnages charismatiques et complexes, qui ne font pas leur âge (le héros est tout de même en CM2). A la fois très adultes pour lutter contre les difficultés et très enfants (qui réclament leurs parents), les élèves de l'école subissent tous les jours des situations de cauchemar mais relèvent toujours la tête. Trahison, amitié, réconciliation, solidarité, animosité.... L'école emportée est une critique acerbe de la société humaine et du monde des adultes, mise en scène par des enfants, qui montrent à quel point l'âme humaine est vénale quand sa vie est en jeu. une bonne leçon de courage et beaucoup de philosophie.
- Character design: Réaliste et travaillé, le dessin permet d'aller droit au but. Il donne de suite le ton, rend compte efficacement de l'atmosphère, de la douleur, de l'horreur. Certaines scènes sont difficilement soutenables en grande partie à cause du dessin plutôt que des faits.
En bref : un Seinen (ne pas mettre entre toutes les mains quand même) coup de poing pour un sujet sensible, celui de la préservation de la planète.
Ce manga est tout simplement... captivant.
On peut être d'abord rebuté par les graphismes pas très jolis, il faut le dire ( c'est tout de même un vieux manga... ) mais la mise en page est toujours claire et c'est très fluide à lire.
On suit les aventures de ces gamins livrés à eux mêmes dans un monde inconnu et où tout semble mort avec un intérêt grandissant. Page après page, on se pose mille questions.
L'auteur retranscrit très bien les réactions que l'on pourrait avoir dans de pareilles situations... La psychologie des personnages est bien travaillée.
Encore une fois, c'est un manga ancien donc certains discours peuvent nous paraître un peu désuet ( notamment celui où un enfant surdoué expose l'inaptitude des femmes à pouvoir prendre d'importantes décisions, dans le tome 1 )
Mais dans l'ensemble, on est véritablement "emporté" dans l'histoire.
Un livre à conseiller à tous... Peut-être pas aux trop jeunes lecteurs toutefois car certaines scènes sont un peu sanglantes...