Je ne sais pas pour vous mais au vu du titre, ma curiosité est tout de suite attisée... Le grand Nord, l'homme face à lui-même, ses faiblesses et ses limites, face à infiniment plus fort que lui : la nature.
Taniguchi nous dévoile ici un énième receuil d"histoires, moins gentillet qu'à l'habitude, mais avec l'égal sincérité que l'on lui connaît pour peu que l'on ait lu un manga de cet auteur.
Une fois n'est pas coutume le fameux mangaka nous emmène en Alaska ou dans un village perdu du nord du Japon, dans des endroits perdus mais peuplés d'hommes de tous les âges. Ainsi dans le premier chapitre on découvre des hommes à la recherche d'or au début du 20 ème siècle, l'auteur nous déssert une morale assez classique teintée d'animisme avec l'enseignement du vieux sage, autochtone qui plus est, aux jeunes cupides et prêt à tout pour assouvir leur désir mercantiliste. Une opposition entre mode de pensée rationel en valeur et en finalité propre à la modernité.
Il est vrai que souvent, à la manière d'un Miyazaki par exemple, Taniguchi ne s'embarasse pas d'une quelconque subtilité scénaristique pour mener ses histoires somme toute assez convenue, mais il sait les rendre agréable et douce. Malgré le fait que le deuxième et troisième chapitre sont accompagnés d'une violence visible, rare chez le mangaka, le thème de l'homme confronté à la nature est récurrent. Les histoires conservent un fond qui varie peu, mais les formes s'alternent avec une certaine maîtrise.
Un condensé de ce que sait dessiner et raconter au mieux, Jiro Taniguchi.