L'Homme du Train

Informations générales
- Auteur: Hara Hidenori
- Origine: Japon
- Année de création: 2005
- Titre original: Densha Otoko
- Nombre de volumes: 3
- AKA:
- - 電車男
- - Train Man
Version française
- Licencié: oui
- Titre français: L'Homme du Train
- Editeur: Kurokawa
Synopsis
Densha Otoko, c'est l'histoire de la rencontre de [Densha] avec [Hermes] dans un train. le jeune homme est intervenu quand un vieux soulard semblait agresser la demoiselle. Elle lui demande alors son adresse afin de lui pouvoir envoyer un cadeau en remerciement.
[Densha] est en réalité un geek de 22 ans, qui mène une vie socialement pauvre et passe son temps à raconter sa vie sur un forum du net. Quand il reçoit des tasses de thé envoyée par [Hermes] avec son numéro sur l'adresse, il interroge les gens sur le forum : doit-il appeler la jeune fille pour la remercier, l'inviter à un repas?
Synopsis soumis par Sirius
#Par Nakei1024 le 02/11/2009 à 10:18
Tiré d’un fait divers depuis devenu célèbre au Japon (et notamment sur le net), ce manga sans prétention nous narre avec brio la romance entre Densha, otaku anonyme et la belle Hermès, suite à une rencontre pour le moins mouvementée dans une rame de métro Tokyoïte.
Densha Otoko, c’est avant tout une « love-story » entre deux jeunes personnes que tout (en apparence) sépare et qui n’auraient jamais du finir ensembles. Lui est un otaku pur et dur, qui s’intéresse davantage aux images et productions 2D, possède une collection complète de figurines, s’inquiète peu de la mode ou de son allure en général, préfère passer son temps libre sur les chats et forums du net et est loin d’être riche comme Crésus. Elle est une belle jeune femme d’un rang social vraisemblablement élevé, possède une maison et une voiture, voyage régulièrement à l’étranger, parle plusieurs langues va régulièrement dans des restaurants de grand standing et achète régulièrement des produits de marques de luxe (comme des tasses Hermès par exemple). Autant dire qu’il fallait un sacré concours de circonstances pour qu’il se passe quelque chose entre ces deux là…
Seulement voilà tout arrive et très vite on sent qu’il s’échangera plus que des politesses entre eux. Particulièrement chez Densha, de grands changements vont avoir lieu dans leur style de vie, ainsi le jeune homme va apprendre à davantage se soucier de son allure et de ses tenues, et surtout va devoir s’émanciper de tous ses trésors patiemment acquis au fil des années (figurines et éroges en priorité), même si cette épreuve lui sera comme on s’en doute assez douloureuse.
L’histoire et son évolution sont relativement classiques une fois que Cupidon commence à s’inviter dans la fête, mais on est quand même loin des productions à l’eau de rose pour adolescentes. Ici, tout se fait en douceur, sans surenchère de sentiments, avec un réalisme déconcertant et une bonne dose d’humour.
Car si l’histoire entre Densha et Hermès reste le thème principal du manga, elle ne serait pas aussi vivante s’il n’y avait pas toutes les connaissances du jeune homme croisées sur le net, qui suivent avec assiduité l’évolution de cette relation pas comme les autres et l’encouragent régulièrement en lui donnant de bon conseils pour que tout se passe bien. Véritables anonymes issus de toutes les couches de la société (il y a bien sûr des otakus, mais aussi des salarymen, de jeunes couples fraîchement mariés, des retraités, hommes ou femmes…), on ne sait pour ainsi dire rien d’eux hormis ce qu’on peut voir de leur appartement. Sans le savoir plusieurs d’entre eux se croisent peut-être même régulièrement dans leur vie de tous les jours, d’autant que la communauté de fans suivant cette histoire et participant avec assiduité au chat sur lequel se rend le jeune homme ne cesse d’augmenter tout au long des épisodes (on passe ainsi d’une dizaine de personnes à un véritable rassemblement national en quelques semaines).
Graphiquement le manga déroute car avouons le, de prime abord, c’est moche. Mais plus on avance dans l’histoire, plus on se dit qu’un graphisme plus abouti aurait desservi l’histoire, empêchant le lecteur de se concentrer sur les sentiments des protagonistes et les mimiques des participant au chat. D’ailleurs, ces sessions de discussion sur le net sont régulièrement ponctuées d’une foule d’expressions et de smileys particulièrement réussis et souvent originaux, permettant de parfaitement retranscrire les émotions des personnages.
Si j’avais malgré tout un léger reproche à faire concernant le manga, c’est que l’histoire tourne exclusivement autour de Densha. Au final, on ne sait pas grand chose sur Hermès, et l’on ne peut faire sur elle que des suppositions au vu de ce qu’on peut voir lors des rendez-vous de nos deux tourtereaux…
Densha Otoko, une « love-story » somme toute classique, mais traitée de manière réaliste et mature, utilisant des ficelles originales notamment grâce à la communauté Japonaise du net, et qui a en plus l’avantage de ne pas traîner en longueur puisqu’elle tient sur 3 tomes. A lire absolument.
Je lui mets 8,5/10.
#Par Sirius le 19/01/2009 à 10:29
Le manga d’Hidenori Hara se démarque par un style très particulier. C’est un des seuls mangas connu de l’auteur et pourtant on sent un savoir faire et un dessin abouti. C’est en particulier le cas du design des personnages qui présentent des yeux ovales et gigantesques, un front exagéré et une corpulence rachitique. Cela permet de donner à tous les protagonistes une personnalité marquée (c’est pas donné à tous les mangas où parfois il est difficile de les distinguer.) Les planches sont agencées à merveille.
L’histoire paraît basique mais présente un intérêt certain. La vie sur le net et la situation des jeunes hommes d’âge adulte, puceaux, introvertis, et asociaux sont des éléments toujours plus importants de nos jours. Une belle dose de tranche de vie. Le manga peut faire penser à NHK mais est à mon sens plus réaliste mais aussi plus sobre et moins déjanté.
Densha recherche du soutien sur le chan. Ce qui me dérange c’est qu’il déballe inlassablement sa vie privée et qu’il se fie aveuglement aux conseils des visiteurs. Comme s’il était lui-même dépourvu de toute intelligence, de toute prise de responsabilité. L’auteur représente les réactions des participants au chat de manière exagérée : on voit parfois des gens taper sur leur ordi comme un tambour en s’extasiant au sujet de la situation de Densha.
Comment peut-on être à ce point excité par la vie romantique d’un personnage qui pourrait s’avérer au final être totalement fictif? Peut-être parce que son histoire s’avère au final banale mais furieusement réelle. La relation platonique entre les deux personnages ne peut s’avérer que réaliste : Densha n’ose se déclarer mais se bat pour son amour et Hermès essaye de l’orienter. Deux personnages qui vivent l’un pour l’autre à travers des repas, des conversations téléphoniques et des mails sans oser faire le premier pas.
L’histoire prétend aussi être une sorte de manuel pour les jeunes hommes coincés. On a parfois le sentiment qu’elle fait la promotion du chan comme étant un endroit où chacun peut partager ses problèmes et obtient assistance. Le gros problème c’est que l’idée favorise la discussion anonyme à travers le net au détriment du véritable contact humain. Le fait que Densha partage sa relation sur le chan est déjà une trahison à l’égard de Hermès car on n’assiste souvent pas en direct à ses rendez-vous mais au travers de son récit sur le chan.
Reste une comédie romantique qui plaira à tous ceux qui demeurent “fleur bleue” et ne sont pas repoussés par le dessin. Une histoire d’otake qui plaira aux amateurs célibataires du genre mais qui risque de leur laisser de faux espoirs :P
