Le Clown

  • Auteur: Zhang Xiao Yu
  • Origine: Chine
  • Année de création: 2007
  • Licencié: oui
  • Titre français: Le Clown
  • Editeurs: Hua Shu (Casterman)
  • Nombre de volumes: 1

Synopsis

Dans les rues d'une ville européenne du début du XX ème siècle, Beiluo vit au jour le jour. Clown de profession, tiraillé entre passé et présent, hanté par les fantômes de son enfance et le charme d'une belle femme de la haute société. Mais il ne remarque pas le regard certes lointain, de la belle Leibaka putain de son état...


Synopsis soumis par Gemini no Saga

Par Gemini no Saga le 23/01/2008 à 23:01

Ne vous fiez pas à la com' de casterman, Le Clown n'est pas le premier manhua de monsieur Zhang Xiao Yu édité dans nos contrées.

Le trait est fin, et procure une sensation entre souplesse et vitesse. Proche du manga, les graphismes restent originaux, le découpage très "cinématographique" est intéressant puisqu'il se rapproche quelque peu du style de Boilet c'est-à-dire capter une certaine instantanéïté. Contrairement à d'autres manhua et manhwa trop influencés par le voisin nippon :: le point faible de ce manhua n'est clairement pas celui de l'originalité.

Mais là où le bât blesse, c'est du côté de l'histoire; plus précisément son traitement qui n'est pas brillant. C'est une fable au ton adulte avec un très léger zeste d'érotisme. Le scénario est mal mené notamment les flashbacks qui sont introduits plutôt naïvement. Le triangle amoureux, pierre angulaire de l'histoire, ne déroge guère aux codes du genre. Certes les graphismes fusionnent admirablement bien avec l'histoire, mais tout est survolé. Le one-shot ne convenait pas au Clown, ses acrobaties avait besoin d'un espace plus grand pour évoluer. Là c'était trop superficiel pour être savoureux.

Bien que cela soit inérant à la fable, le parti pris de l'auteur celui d'être moralisateur est sans réelle subtilité. Celui-ci n'arrive guère à restituer les multpiles drames de Beiluo, ses violences et ses désillusions, ni de ceux des autres personnages, il y a comme un frein à l'immersion du lecteur. Sans doute un "décalage" culturel, les resurgences chinoises sur le comportement des personnages sont parfois perceptibles. Néanmoins des efforts ont été fournis sur ce point. De plus un malaise persiste à cause de dialogues pour le moins étrange fait de radotages, et pour une bonne part vide de sens. Peut-être faut-il blâmer l'adaptation ?

Le décor est toutefois réussi. La ville où se situe l'histoire ne porte pas de nom. Il n'est jamais fait mention d'un quelconque nom de pays malgré le fait que les prénoms ont une consonnance slave et que les casques des policiers rappellent ceux des prussiens. L'anonymat de la ville est volontaire comme pour marquer une intemporalité, celle qui met au grand jour les éternelles barrières entre les coeurs des hommes. Un joli mélange de fin XIX ème et des années 30.

Pourtant tout m'attirait, de la couverture à l'auteur en passant par un titre des plus accrocheurs pour ma part. Je me sens comme réveillé d'un rêve où j'étais balloté de bout en bout sans comprendre pourquoi ni comment jusqu'à la dernière page mais c'était trop tard.

4/10

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