Mother Sarah

  • Auteur: Katushiro Otomo, Takumi Nagayasu
  • Origine: Japon
  • Année de création: 1990
  • Titre original: Mother Sarah
  • Licencié: oui
  • Titre français: Mother Sarah
  • Editeurs: Delcourt
  • Nombre de volumes: 11

Synopsis

Après une catastrophe nucléaire de grande ampleur, les humains sont obligés de vivre dans des stations spatiales en orbite. Malheureusement, la guerre éclate et Sarah est obligé de fuir sur Terre, de nouveau habitable, avec sa famille. Séparés dans leur retour précipité, Sarah part à la recherche de ses enfants dans un monde désertique et en proie au chaos, avec l'aide d'un étrange marchand, Tsétsé....

Synopsis soumis par kuchiki byakuya

Par Gemini no Saga le 26/04/2008 à 14:44

Vous savez à force, l'épluche-légumes fonctionne pour les mangas... Tant est si bien que l'on parvient à certains titres oubliés du commun des mortels même lorsque le scénariste n'est ni plus ni moins l'auteur d'Akira et Dômu.

Sarah voyage à travers un monde désolé et en guerre à la recherche de ses enfants. Le monde a été ravagé par une guerre nucléaire, à tel point que le vert semble être une couleur rarissime. Les hommes réfugiés dans des colonies spatiales, façon Gundam, retournent quelques années plus tard à cause d'une guerre civile qui a divisé les réfugiés en deux factions antagonistes : Epoque et Mother Earth.

Sarah est de ces personnages qui laissent une marque indélébile. Non seulement le choix d'une héroïne est judicieuse mais elle balaye tous les clichés que trimballent généralement le manga à propos des femmes. A la fois amazone et mère, elle a abandonné sa féminité pour se consacrer à sa quête. Ce n'est pas particulièrement poignant, Otomo ni Nagayasu jouant sur le pathos. Mais on se sent attiré par le charisme de Mother Sarah.

Cette quête est l'occasion de dessiner un décor de fond qui ne déroge pas aux codes du post-apocalyptique : des dunes à perte de vue parsemées de quelques vestiges d'une civilisation urbaine éteinte. Une légère pointe écolo, sans que cela soit un thème central à l'instar de Nausicaä. Les décors rappellent inévitablement Hokuto no Ken, bien que le dessinateur ne cite pas Tetsuo Hara, on sent l'influence de ce dernier sur la manière d'illustrer l'histoire.

Ainsi on retrouve des personnages cyniques en butte à des idéalistes, des militaires corrompus et assoiffés de pouvoir, une géopolitique ultra-simpliste et pour parachever le tout une ambiance messianique quasiment inhérent à ce genre d'œuvres. Mais Sarah crève définitivement les planches, elle éclipse tous les autres personnages qui paraissent légèrement insipides.

Quand bien même, les personnages n'ont pas la part belle dans Mother Sarah, c'est avant tout une histoire dopée au dynamisme. Le scénario, dont une légère odeur de déjà vu plane au-dessus de lui, est énergique. La maîtrise du rythme, principale qualité d'Otomo (cf Dômu) laisse place à de l'action quasi-pure.

Très bon syncrétisme du manga post-apocalyptique, simple et divertissant. Bref bonne lecture.

7/10

Par kuchiki byakuya le 25/04/2008 à 17:53

L'univers du manga est un univers que j'aime beaucoup car il représente surement ce que deviendra la Terre si l'homme continue d'être aussi inconscient. Pourtant, j'avoue que je m'attendais à quelque chose de mieux. Je m'explique.

D'abord, même si j'aime l'univers apocalyptique de Mother Sarah, il ne diffère pas des autres mangas traitant du même thème. Le désert à perte de vue se retrouve dans toute bonne oeuvre qui se respecte et Mother Sarah ne parvient pas à se tirer du lot. Je veux dire par là qu'il n'y a pas de différence avec par exemple The Third. C'est compréhensible aussi par son histoire. Elle ne se résume pas à une mère cherchant ses enfants et la dominante politique prend le dessus mais d'un point de vue simplet ou, plus exactement, déjà vu. Au final, la recherche primaire disparait pour être remplacée par un jeu d'échec politique sans aucune surprise réelle. Mais bon, les 7 premiers tomes sont très bons et seule la fin retombe pour se contenter d'une fin classique et gentillette (politiquement correcte en gros).

Là où le manga est intéressant, c'est pour ses personnages. Bien que leurs idées ne soient pas originales, on ne peut pas ignorer le courage de Sarah qui affronte une société entière pour retrouver la chair de sa chair mais aussi ses propres démons car un monde au bord du chaos pousse parfois les gens à faire des choses horribles. pourtant, elle continue d'avancer, dictée par son instinct maternel. Les "bad boys" sont peu travaillés et sont juste ce que l'on attend d'eux: mauvais. La partie intéressante est de voir ce que sont devenus les enfants car à leur séparation, le plus âgés avait 10 ans. Le personnage du marchand, bien que stéréotypé, est amusant par son coté gripsou et tendre à la fois.

Le dessin est très agréable, rappelant le meilleur des années 90 mais avec des idées modernes. L'avantage est qu'il ne bouge pas trop et que la qualité reste globalement la même. Les décors sont soignés ce qui peut expliquer que l'on pardonne plus volontiers une histoire assez terne finalement. Juste un point à étudier: Sarah. Avant le retour sur Terre, elle apparait comme une femme normale mais ensuite, sa taille, sa carrure semble avoir vraiment changées. c'est peut-être une erreur de ma part mais le changement m'a frappé et je n'ose imaginer la dose d'anabolisant qu'elle a ingurgité.

Partant d'une bonne idée, Mother Sarah ne brille pas son originalité, ni par sa fin, trop classique. Mais les dialogues peu nombreux, sauf à la fin, rendent le manga agréable à lire. Je regrette juste le "politiquement correct". S'il vous est arrivé de lire des mangas sur le même genre, il y a peu de chance que celui-ci vous apporte quelque chose de plus.

6/10

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