Choi Kyu-Sok et Byun Ki Hyun, deux auteurs de manhwa de grand talent, ont adapté un roman de Ahn Do Hyu au ton résolument nostalgique et un zeste intimiste. Un jeune coréen, dont on ne saura jamais le prénom ni le nom de famille, relate sa vie d'ado. La narration se déroule donc à deux niveaux. Le point de vue de l'adulte qui plonge dans ses souvenirs et l'autre le jeune homme qui connaît son premier boulot, son premier amour etc.
Illustré par de beaux graphismes en couleur, proche des aquarelles, l'histoire a un rythme relativement lent. Paradoxalement la lecture est rapide, la narration ne s'attardent guère sur certains points grâce notamment au découpage de l'histoire en court chapitres. L'ambiance dégagée est unique et s'éloigne des poncifs habituels lorsqu'il s'agit de brosser le portrait d'une jeunesse en quête d'elle-même. Dans un style réaliste, le portrait de la jeunesse coréenne est doux-amer. Le personnage principal nous fait découvrir sa perception de lui-même, de son environnement tandis qu'on partage avec lui des souvenirs clés de son enfance et qui l'ont amené à fuguer.
Un one-shot délicat qui se laisse aborder avec douceur. Sans être cliché, l'ennemi de l'art, Nouilles Tchajang arrive à nous transporter dans le quotidien d'un jeune homme qui cherche à s'émanciper. Thème classique, certes, mais rarement vous trouverez un thème si bien illustré.