Adepte des séries fleuves et typés shonen, l'auteur de Racaille blues et de Rookies s'adonne ici à un excercice difficile, s'il en est, à savoir la nouvelle.
Le tout dans un recueil est de réduire au maximum les inégalités qualitatives entre les nouvelles. Sur ce point Masanori Morita a réussi. Néanmoins graphiquement on ne peut pas être si catégorique, lorsque l'on voit parfois que certaines cases sont ratées notamment dans la dernière nouvelle. Cependant la pointe de réalisme fait un tout petit peu plaisir.
En revanche c'est le narrateur qui ne plaît pas dans ces nouvelles... Les rebondissements sont téléphonés, qui plus est les personnages sont bien trop peu profonds pour ne pas dire insipides. Morita ne sait transmettre les émotions de ses personnages que par des moyens très conventionnels si bien que la plupart du temps le personnage principal se doit de pleurer à chaude larmes pour montrer au lecteur qu'il est très triste ou très heureux. C'est parfois même risible.
Outre l'aspect bons sentiments imbuvables, paradoxalement l'auteur s'est éssayé à la tragédie. Les bons sentiments et la tragédie ne fait pas bon ménage chez l'auteur car il ne les maîtrise pas, on ressent comme un arrière-goût désagréable voire un goût de déjà-vu.