Sous ses airs de simple recueil de petites histoires du quotidien, Terre de Rêves nous entraîne dans un monde naturel, simple mais surtout, attention, très émouvant. Très émouvant pour ce qui est en tout cas de la première nouvelle ; douloureuse mais bourrée d’optimisme et d’acharnement (trop peut-être ?), chose qui reste de toute façon parfaitement compréhensible.
Les personnages, caractères comme apparences, ont des traits extrêmement souples mais aussi bigrement expressifs ; les sentiments sont bien véhiculés, et cela même à travers les regards des animaux dessinés.
Prenant des événements somme toute simples de la vie quotidienne, Taniguchi les rend captivants sans aucune mauvaise exagération.
Formant à elle seule une véritable histoire à part entière, la dernière nouvelle explore quant à elle les envies et les limites propres à chacun, et par extension les choix difficiles qu’il convient à tous d’en faire dans sa vie.
Ce manga est en tout cas un vrai coup de cœur de ma part même si je sais que c’est une critique assez courte mais j’ai dit le principal, ou presque : lisez ce one-shot o_o
Les quatre premières nouvelles m’ont énormément fait penser à l’Homme qui marche du même auteur. Il me semble d’ailleurs que les personnages soient les mêmes, ou alors très similaires. Cette fois par contre, c'est le couple qui se retrouve au cœur du récit. Sans enfant, les deux époux sont très attachés à Tam, leur chien en fin de vie. Emouvant, le premier récit nous narre le déclin du piteux cabot qui perd l’usage de ses pattes avant, s’amaigrit, n’aboie plus… mais qui s’accroche courageusement aux derniers moments de son existence.
La suite est plus légère : le couple adopte une chatte persane, ce qui a pour effet d’atténuer le chagrin lié à la perte de Tam. Puis c’est au tour d'une petite nièce de leur rendre pour égayer les derniers jours des vacances d’été. Encore une fois, Taniguchi conte avec talent les petites choses du quotidien, en axant le récit sur les relations homme / animal, puis sur la non-acceptation d’un beau-père par une jeune adolescente de douze ans. Le dessin est toujours aussi épuré, avec un chara-design un peu figé mais des décors très fins.
La dernière nouvelle sort du lot, elle nous raconte l’amour d’un homme pour la montagne, ses expéditions en Himalaya et le tiraillement entre sa passion et sa famille. Visuellement c’est un cran au dessus : les paysages en haute altitude sont assez fantastiques. Le côté un peu aventureux de l’histoire apporte lui aussi un petit plus. La personnalité du héros et ses choix difficiles ont quelque chose de vraiment touchant. Il faut absolument que je me procure le Sommet des dieux moi…
Dans Terre de Rêves on retrouve le Taniguchi que l'on apprécie, son talent à nous conter des histoires ordinaires avec maestria. C'est un couple et leur foyer qui font office de fil conducteur à ces histoires aux allures de chroniques animalières
Ici se mélange nostalgie, espoir et sérénité. Le premier chapitre est empreint de nostalgie, Taniguchi nous conte la lente agonie d'un chien : Tam le vieux chien du couple. C'est poignant sans être pathétique. Le second est l'adoption d'une chatte, d'abord farouche, elle se laisse aller calmement et comble le vide laissé par Tam. Et ainsi de suite, chaque chapitre prend une idée de base simple, la développe sans se précipiter. Une sorte de long fleuve tranquille mais qui sait livrer des moments qui émeut fortement. Tandis que dans un autre contexte, ces moments n'auraient comme réponse que mépris.
Un charme d'authenticité se dégage et nous transporte dans un quotidien débarrassé de stress et autres basses inquiétudes.
Le dessin n'y brille pas particulièrement, le scénario et les personnages non plus, pourtant c'est très sympathique à lire.