Une fois n'est pas coutume, Hirata s'attaque à un monument populaire nippon - presque tout aussi connu, mais largement plus récent, que Miyamoto Musashi. Zatoïchi est à l'origine un conte qui a été adapté au cinéma grosso modo une trentaine de fois !
Zatoïchi est une oeuvre de jeunesse de Hiroshi Hirata, maître du gekiga littéralement image dramatique. Ce courant de la bande déssinnée japonaise, réaliste et adulte, s'opposait alors vers la fin des années 1950 au manga (littéralement image dérisoire / comique) stylé Osamu Tezuka relégué un genre enfantin. Bien que la fiche indique l'année 2004 comme année de création, cette date indique la première édition en volume relié de Zatoïchi. En effet ce one-shot est composé de deux histoires du bretteur aveugle dont la première publiée dans un obscur magazine à tel point que l'on ne se rappelle plusde sa date de publication ! La seconde, quant à elle, date de 1966.
Bref c'est vieux et pourtant le style n'a pas perdu de sa vivacité caractérique de l'auteur. Les scènes au sabre, très présentes, retracent bien la vitesse fulgurante d'exécution des mouvements. Les combats s'enchaînent pour s'enchaîner le sang appelant le sang. Zatoïchi, d'apparence faiblarde et aveugle de surcroît, occit pour protéger la veuve et l'orphelin parfois même contre son gré. C'est le genre de héros populaire classique à la sauce nippone. Toutefois bien que prépublié à l'origine dans un magazine pour ados, Hirata distille toujours cette dose de cruauté qu'on retrouve dans ses récits. BIen que Zatoïchi soit noble, paradoxalement il n'en reste pas moins pusillanime sur les bords.
Le récit en lui-même donc n'a rien d'innovant et ne s'éloigne guère des sentiers battus. Les rebondissements, si tant est qu'on puisse les qualifier ainsi, sont attendus. Pourtant c'est suffisament bien amené pour ne pas s'ennuyer.