Commencements et découvertes

» Critique de l'anime Adachi et Shimamura par Kael le
26 Août 2022

Oyez, oyez, oyez,

Romance « Shojo-Aï » en vue les amis. Amitié ou amour ? Quel sentiment va prendre le dessus sur l’autre lors du dénouement ? Réponse dans la conclusion.

Alors qu’elles sèchent les cours, les deux héroïnes de notre histoire se rencontrent pour la première fois à un coin de l’étage du gymnase et entre deux tables de ping pong. Pour se renvoyer la balle c’est l’idéal mais pour le glamour, un petit coin d’herbe non loin d’un parterre de fleurs aurait été préférable.

Elles font l’école buissonnière et cela n’inquiète vraiment personne. Cela ne devient ni un sujet épineux, ni une source de crises familiales. Non, cela passe crème. Tout le monde s’en fout du moment qu’elles sont présentes à suffisamment de cours. J’exagère un peu car le problème sera abordé mais en mode « tranquille ». Un peu comme mon frère qui était censé être en distanciel et qui s’achetait de quoi passer une bonne soirée avec ses potes pendant que sa professeure transmettait ses connaissances et ses conseils. Tant qu’il était connecté avec son smartphone sur la plateforme en ligne pour suivre les cours, c’était réglo, il pouvait même aller pêcher des silures avec son couz sans soucis, en gardant toutefois un œil sur la 4G. Le plus grand risque qu’il ait encouru est de faire tomber son Iphone dans l’eau car la finalité de cette histoire est qu’il a eu une très bonne note à l’oral uniquement en apposant son prénom et nom sur le travail de groupe et que la mention il l’a torché sans savoir écrire et lire, ça c’est du bonhomme.

Cette dilettante qui s’empare de la série dès ses premières minutes crée une ambiance atypique. On n’est pas dans une œuvre qui impose une pression psychologique mais plutôt une atmosphère lunatique, loin de l’anxiogène.

En parlant de satellite naturel, la série s’engage dans le domaine des étoiles avec la présence d’une petite fille dont la nature extraterrestre -qu’elle scande sur tous les toits- ne souffre d’aucune ambiguïté. Habillée en astronaute, elle ouvre l’histoire en dérivant sur une rivière en mode je me la coule douce. En d’autres termes, elle fait la planche. Certaines personnes qui consomment de la drogue prétendent qu’elle est une métaphore de l’homosexualité.

Si le scepticisme reste de rigueur pour cette hypothèse d’humains au crépuscule de leur vie, la réalité de sa nature extraterrestre s’impose lorsque notre joyeuse drille vole. Voilà. Elle vole. CQFD. Puis, ses cheveux sont étranges. Ben, les personnages de cet anime s’en balancent ! Ils ne la prennent pas au sérieux. En outre, on ne connait pas vraiment son rôle dans l’histoire et on n’en saura pas plus à la fin des douze épisodes alors que c’est elle qui apparaît la première !

Par bien des aspects cette œuvre est déconcertante.

Sinon, nous avons une relation complexe entre deux filles qui sont marginales à leur façon. C’est tout de même un peu le cœur de l’anime alors parlons-en de nos deux héroïnes !

Adachi est timide, associable, collante et jalouse. Elle tombe sur une Shimamura blasée de la vie, qui s’ennuie de tout et ne s’intéresse à rien.

Shimamura ne fait plus qu’avancer un pied devant l’autre et singer ses interactions avec les gens. Sa nonchalance contraste avec ses longs cheveux d’un blond non naturel qui devrait, au contraire, marquer un tempérament de feu. Elle possède un esprit affuté et espiègle qui se réveille aux côtés d’Adachi. Shimamura n’est pas convaincue que cette amitié dure mais décide de profiter de cette curieuse éclaircie dans sa vie morose et sans saveur.

Adachi est davantage dans le sentimental et devient une transie d’amour. C’est donc elle l’amoureuse. Elle s’interroge sur cet attachement qu’elle développe pour son amie. Ses doutes sur ses sentiments (est-ce vraiment, vraiment, vraiment de l’amour ?) ne la quitteront pas.

Shimamura va remarquer le comportement étrange d’Adachi et se demander si sa copine n’est pas… mais non ! Est-ce qu’elle ne serait pas carrément amoureuse de moi ?

L’anime n’est pas exempt de mauvaises écritures.

Cela est particulièrement visible lorsque leur deux « copines et camarades » de classes cassent la justesse de ton à chaque une de leur apparition. Elles existent sans doute pour apporter de l’humour et nous sortir du rythme lancinant mais elles sont plus bancales que drôles. L’amie d’enfance de Shimamura est en revanche un bon personnage.

Je peux vous rassurer sur le fait que les moments de douceurs sont-là ! Vas-y que je pose ma tête sur tes genoux, vas-y que je t’enlace dans mes bras, vas-y que je m’assoie entre tes jambes… Eh oh, doucement. Non, y’a rien de plus, que des situations sucrées et innocentes. Cela-dit, innocentes, plus pour l’une que pour l’autre et certainement pas pour le spectateur qui comprend et se délecte. Miam ! Le service est là ! Miam !

Pour autant, ce n’est pas juste une promenade un dimanche comme les autres car ils se passent des trucs complexes dans cet anime au-delà de la forme. Notamment dans la tête des héroïnes. D’habitude, les personnages ont deux trois couleurs pour leurs facettes mais là elles sont particulièrement colorées ! Étant donné que je vous les ai déjà un peu décrites, je vous laisse le plaisir de la découverte pour les autres auxquelles je pense.

Leur personnalité complexe et travaillée contraste avec les évènements ordinaires qui découpent à la hache l’histoire de cet anime. Par conséquence, il en devient mystérieusement classique malgré sa maturité et ses fantaisies.

Pour ce qui est de l’évolution « amoureuse » de leur relation, il ne se passera rien de « réellement » significatif en douze épisodes mais leur quotidien changera quelque peu et la situation de départ ne sera plus la même.

Dans les faits, elles se connaîtront mieux et nous aussi on les cernera davantage. L’absentéisme, le fond de leurs pensées et les raisons qui font d’elles ce qu’elles sont ne tomberont pas dans le vide intersidéral. Des réponses seront apportées, ce qui est très bien. On n’atteindra cependant pas de « vrais climax », ce qui est frustrant.

Adachi et Shimamura possèdent des défauts, plus ou moins raisonnables, mais il serait dommage de ne pas lui laisser sa chance car c’est une expérience d’une excentricité et langueur peu commune. Les drogués diront que nous avons-là de la poésie qui nous porte sur un petit nuage vers les lointaines étoiles de notre galaxie. Plus tard, l’histoire conclura les préliminaires et l’humanité découvrira l’existence des extraterrestres mais pour l’heure on est qu’au commencement.

Verdict :7/10
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A propos de l'auteur

Kael, inscrit depuis le 27/09/2014.
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