Critique de l'anime Ghost in the Shell - Stand Alone Complex : Solid State Society

» par HanaiSenpai le
12 Janvier 2007
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1995 : Ghost in the Shell sort sur les écrans du monde entier et l'humanité redécouvre que l'animation japonaise n'est pas uniquement constitué de guerriers aux cheveux jaunes et de filles dénudées. Un choc visuel, musical et réflexif qui va engendrer un "culte" pour le film de Mamoru Oshii et l'histoire de la section 9, de son leader, le major Motoko Kusanagi.

2006 : Après deux films et deux séries télévisées, Ghost in the Shell retourne au source du mythe avec ce GITS : Stand Alone Complex - Solid State Society.

L'occasion de découvrir à quel point le mythe est devenu précis de codes en tous genres : Kusanagi sautant dans le vide en disparaissant, Togusa et son Mateba, le cyber-terroriste au nom évocateur de Puppet Master, le combat du cyborg contre le tank, tout cela ne vous rappelle rien ? Une des qualités du film est de faire sans cesse appel à ses propres clichés afin de mieux s'en jouer. Togusa n'utilise plus son Mateba en mission, Kusanagi ouvre la trappe du tank sans se briser les bras, le Puppet Master n'est pas le même. Sans doute pour nous rappeller l'innanité de ce qui n'était à l'origine que des détails que le public plus ou moins fanatique avait fini par ériger en dogme.

Le film démontre également que la question du format ne se pose pas pourvu que l'on ait du plaisir. Que l'on parle d'un film de 2h ou d'une série de 26 épisodes, Ghost in the Shell reste aussi réussi. Le film gagne en nervosité ce qu'il perd en complexité par rapport à la série, ce qui finalement procure le même enchantement. Qui plus est, Production IG a réussi à éviter l'écueil de bon nombre de ces conversions du court vers le long métrage, à savoir faire un film court. Solid State society est long (près de deux heures) et personne ne s'en plaindra tant on serait tenter d'en redemander lorsque le générique de fin apparaît.

D'un point de vue purement technique, le film est à l'image des deux saisons qui l'ont précédé : une petite merveille. Un produit sans aucun défaut, depuis le graphisme en passant par la musique, l'animation et le doublage. Le scénario est également exceptionnel, ce qui devient presque une banalité. Une affaire, apparemment anodine, dévie vers une autre qui, de fausses pistes en révélations étonnantes dévoile petit à petit un complot de grande envergure.

Au sein de cette brillante enquête policière à tiroirs, digne des deux premières saisons de GITS SAC, le film prend également le temps de nous livrer une réflexion sur la valeur de la vie, de la mort, sur une société où l'information et les moyens de communication sont devenus infinis, ce qui, paradoxalement serait-on tenter de dire, crée de plus en plus d'exclus dont la solitude et le désespoir sont tels qu'ils les font rechercher l'affection et la reconnaisance par tous les moyens.

Le film semble également jouer le rôle de miroir du premier film de Mamoru Oshii lorsqu'il se concentre plus précisément sur le destin de Kusanagi. Le film de 1995 se terminait par la rencontre de deux êtres différents mais complémentaires qui fusionnaient en un seul afin de perpétuer leur code génétique. L'acte sexuel comme seul moyen de se sauver. Après douze ans de gestation suite au film de Oshii, c'est à une véritable naissance à laquelle on assiste dans Solid State Society. Les êtres se séparent, le cordon ombilical est coupé, la vie s'échappe vers la lumière.

Et le cycle commencé par Oshii et repris par la série peut alors recommencer.

Pour conclure, on peut désormais dire que Ghost in the Shell Stand Alone Complex est sans doute la série la plus aboutie des années 2000. Graphisme, animation, réalisation, musique, scénario, réflexion, tout y est quasi-parfait. Et l'on aimerait voir tous les studios s'inspirer de la démarche de production IG et faire preuve de la même rigueur dans la recherche de perfection.

Une oeuvre référence.

Verdict :9/10
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A propos de l'auteur

HanaiSenpai, inscrit depuis le 16/01/2006.
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