Je ne suis qu'une arme...

» Critique de l'anime Larme Ultime par Kael le
18 Juin 2017

… je ne peux que combattre et il se pourrait que je te tue.

Voilà, Voilà. D’ores et déjà, je peux vous affirmer que si vous cherchiez à vous détendre en cette période de forte chaleur, cette série ne sera pas la prochaine que vous regarderez. Moi-même, j’ai évité cette licence à deux reprises car je recherchais une bonne rigolade.
Pour l’anecdote, la première fois, j’étais à la médiathèque. Je me suis orienté vers un autre type de romance : Love Hina. C’était en 2005. À l’époque, j’ai cru lire un manga pour filles et faire le déglingo en public sans savoir que les connaisseurs allaient surtout me prendre pour un pervers et non pour un romantique. Dire qu’une situation semblable c’est reproduite lorsque j’ai acheté Suzuka…
Enfin, passons !

À l’origine, Larme Ultime est un manga qui a commencé en 1999 et fini en 2001. Né de l’association d’ « Arme Ultime » et de « Petite Amie » lors d’une recherche d’inspirations de l’auteur, le thème principal de l’œuvre n’est pas à chercher plus loin.

La série date de 2002. Ce qui est une bonne chose vu que le manga était achevé. La deuxième bonne nouvelle s’avère être que le studio Gonzo fut aux manettes. À l’époque, la saison précédente, il s’était occupé de Full Metal Panic et plus tard, Last Exile, Gankutsuou, ce sera lui. Néanmoins, l’information la plus intéressante arrive maintenant : c’est une femme qui réalise la série. L’auteur du manga est un homme, celui qui en charge de l’écriture de la série aussi. Pour contrebalancer, le producteur a voulu d’une femme pour la mise en scène, ce qui procure forcément une touche féminine bienvenue à la série.

Alors, comment débute Saikano (pour les intimes) ? Ne pas confondre avec Saekano évidemment.

Une fille, Chise, aime Shuuji, un gars à lunettes quelque peu renfrogné. Elle est au lycée, lui aussi. Sa copine, Akemi, qui aime ce gars qu’elle connait bien vu que c’est son ami d’enfance, incite pourtant Chise à se déclarer. Des masochistes comme Akemi, on en croise de temps à autres dans les animes, rien d’étonnant jusque-là. Shuuji accepte. La timide, petite et maladroite Chise semble heureuse et Akemi la sportive l’a dans l’os. Fin.

Eh bien non évidemment.

Chise n’est rapidement plus vraiment comme les autres. Elle devient une arme, la plus puissante de toute, une de type destruction massique quoi.

La série est sacrément avare en informations. On nous propulse dans cette histoire sans connaître le pourquoi du comment de la guerre, de l’ennemi, de la nature de Chise, etc… et, malgré des révélations, de méchantes zones d’ombres subsistent à la fin qui mettront à rudes épreuves vos capacités d’imaginations et d’interprétations voire d’indulgences.

Quant à nos personnages, ils vivent dans une petite ville assez lointaine du front qui n’est donc pas directement touchée par les bombes et cie. N’ayant plus d’internet, de télé, de radio… les habitants se doutent que cela ne va pas fort pour le Japon mais continuent à vivre comme si de rien n’était, ou presque.
Cela crée une sacrée ambiance surréaliste qui n’est pas pour me déplaire. La sensation que l’époque paisible puisse toucher à sa fin à tout moment apporte une certaine tension qui ne fera que s’accentuer aux fils des épisodes.

Saikano se centre beaucoup sur la manière dont Shuuji et Chise vivent leur relation impossible. Rappelez-vous, c’est le thème central, la raison d’être de cette œuvre. La romance ne s’attarde pas uniquement sur eux. La plupart des personnages mis en avant seront touchés par le thème de l’amour. L’action brute et pure, elle, sera au second plan.

À savoir que Shuuji et Chise ne sont pas toujours ensemble vu que cette dernière va au front et lui reste à la ville. Leur relation, ponctuée par des hauts et des bas, est très intéressante, touchante et surprenante grâce à la profondeur des dialogues, aux côtés fragiles de leur situation ainsi qu’aux nombreuses scènes marquantes.

Ceci-dit, ce ne sont pas les seuls à être au centre de moments poignants et intéressants. D’autres personnages, tel qu’Akemi, vont entrer dans la danse et bénéficier de la lumière de la scène. Des prestations qui ne laisseront pas indifférentes même si, globalement, Shuuji et Chise attirent les projecteurs à eux.

Chise est oppressée par le devoir qu’elle doit accomplir, celui de défendre la nation. Concrètement, elle vole dans le ciel, lance des missiles, fait tout péter et tue des gens. Cela la tourmente. D’autant plus qu’elle se demande si elle est toujours humaine tout en ne parvenant guère à se contrôler en présence d’ennemis.

Avec Shuuji, ils seront dépassés par les évènements et ce dernier n’a d’ailleurs pas accepté à la base cette relation avec Chise par amour. Sans oublier qu’il traine des choses qu’il n’assume pas.

Beaucoup de souffrances, de psychologie et de drames dans cette série. Cela ne rigole pas, allant parfois jusqu’au glauque.

Cette histoire possède une ambiance qui est également intimiste. Cela se ressent à travers le graphisme qui est à la fois très artistique et simple, comme peut l’illustrer des traits plutôt grossiers mais charmants de nos personnages. Cette légèreté se retrouve aussi du côté du scénario. Du coup, malgré sa dureté l’œuvre est pleine de douceurs. Un joli contraste qui est certainement renforcé par la réalisatrice. Ceci-dits, les dessins sont soignés et ne manquent tout de même pas de détails, notamment en ce qui concerne les moments clés et les décors. L’animation et la musique, qui m’apparaissent de très bonne qualité, soutiennent comme ils se doivent l’ensemble.

Ce qui peut faire défaut à l’œuvre est justement sa simplicité apparente. Toutefois, l’excellence ne recherche pas uniquement la complexité mais aussi la profondeur. Et, Saikano n’en ait pas dépourvue.

Pour peu que vous ne l’ayez pas vue, je conseille vivement cette série aux amateurs de romances impossibles et d’animes atypiques. Venez découvrir ce qui peut vous attendre si votre petite amie est une arme de destruction massique, qui plus est ultime !

À la prochaine ;)

Verdict :9/10
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A propos de l'auteur

Kael, inscrit depuis le 27/09/2014.
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