Mobile Suit Gundam AGE - conflit générationnel

» Critique de l'anime Mobile Suit Gundam AGE par Deluxe Fan le
23 Septembre 2012
Mobile Suit Gundam AGE - Screenshot #1

Le public qui a regardé Gundam AGE se compose de deux types de spectateurs : ceux issus du fandom de Gundam, et ceux attirés par l’association entre Sunrise et Level-5. Je préviens donc tout de suite : je fais partie de la seconde catégorie.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Level-5 est un studio de jeux vidéo japonais experts dans les licences « grand public », pour ne pas dire « jeune public ». Inazuma Eleven, Professeur Layton, Dragon Quest, autant de titres qui ont connu un énorme succès et qui pour certains ont déjà été adaptés en anime. Pas des débutants donc.
Akihiro Hino, big boss de Level-5, avait exprimé son désir de produire un jeu utilisant la marque Gundam. Sunrise avait justement besoin de toucher un public plus jeune pour renouveler sa fanbase, qui se composait alors principalement de vieux mécaphiles commercialement inintéressants. Et voir un anime Gundam par les producteurs de Inazuma Eleven, ça pourrait attirer des gosses, et donc faire vendre des figurines. C’est pourquoi ils décidèrent de s’associer pour produire une série télé.

Mobile Suit Gundam AGE - Screenshot #2Malheureusement, Level-5 est peut-être très bon pour ce qui est de produire des jeux vidéo plaisants à jouer, mais il est loin d’être au niveau pour créer des animes intéressants à regarder.

Gundam AGE partait avec une ambition démesurée : raconter une histoire qui se déroulerait sur une période de cent ans, avec plusieurs générations de héros qui se passent le relais. Un concept fort engageant qui promet un récit épique, voire biblique.

Dans les faits, cela ne fonctionnera pas. Les trois héros successifs, Flit, Asem et Kio, forment autant une famille que vous et moi. Les changements de générations se déroulent à coups d’ellipses temporelles absurdes qui nous font sauter vingt voir trente ans d’un coup, brisant complètement la construction des protagonistes. Le lien familial qui aurait pu donner un semblant d’émotion, tout comme le côté « passage de relais » très shônenesque est totalement absent. En bref, la promesse principale de la série est un échec que le reste ne saurait rattraper.

L’histoire est entièrement et exclusivement consacrée à la guerre entre la Fédération Terrienne (les gentils) et Vagan (les méchants). La narration se compose d’un alignement ininterrompu de sub-plots à l’écriture douteuse, qui convergent toutes vers le même but qui est d’amener des robots géants à se taper dessus. Tout comme dans Inazuma Eleven, le charisme des personnages est inversement proportionnel à leur nombre ; et là encore on puise dans à peu près toutes les sortes de clichés et de stéréotypes connus. L’amie d’enfance qui s’inquiète pour le héros et qui ne sert à rien, la jeune fille amoureuse du héros qui disparaît dans des circonstances hyperdramatiques, le pilote super classe qui apparaît juste pour se faire buter par le héros dans l’épisode suivant…. Rien ne manque.

Mobile Suit Gundam AGE - Screenshot #3La série n’est maintenue en vie que grâce à la perfusion constante de ces nouveaux éléments d’intrigue éphémères et de mauvaise qualité. On finit donc soit par perdre patience et abandonner, soit par éteindre son cerveau pour persévérer. Heureusement, le divertissement est présent en quantité, les combats de mechas représentant plus de la moitié du script. Ainsi le visionnage de Gundam AGE se transforme rapidement en une contemplation dénuée de sens de robots qui se battent et de lasers roses, jaunes, verts qui s’entremêlent dans un spectacle idiot et hypnotisant. L’animation raffinée et le design relativement soigné des engins contribue à cela, malgré le chara-design repoussant et la musique médiocre.

Gundam AGE n’était pas prévu pour m’intéresser mais j’ai quand même décidé de le regarder malgré tout : par honnêteté je ne peux donc pas m’acharner dessus. Je me contenterai de remarquer que, quelles que fussent les intentions des producteurs, elles ont misérablement échoué puisque la série a fait un flop retentissant au Japon, pays où la franchise Gundam fait pourtant vendre tout et n’importe quoi. Ce fiasco s’explique tout simplement par le fait que le genre mecha/guerre est passé de mode depuis longtemps chez les enfants japonais, et qu’il ne suffisait pas de remplacer les têtes des personnages de Gundam par ceux d’Inazuma Eleven pour en avoir le succès. Ce sont peut-être des gosses, mais ce ne sont pas des cons.

Les plus
- Une orgie de mechas
- Et bien animée en plus
- Début de série prometteur

Les moins
- Écriture maladroite et peu insipirée
- Personnages en carton
- Fin de série piteuse

Verdict :5/10
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A propos de l'auteur

Deluxe Fan, inscrit depuis le 20/08/2010.
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