Kiss ! Kiss ! Kiss ! Je ne pense plus qu'à ça !

» Critique de l'anime Sakura Trick par Kael le
23 Août 2017

Je sais, cette critique de 30 nuances de bisous débute de la meilleure des façons.

L’histoire commence au début de l’année scolaire. Haruka et Yuu entrent en première année dans un Lycée qui fermera ses portes dans 3 ans. Devant le panneau d’affichage de l’école, le stress qui s’empare soudainement d’elles se dissipe l’instant d’après : Elles sont dans la même classe ! Youpi ! Leur amitié perdurera, que dis-je, s’éveillera à d’autres saveurs, transformant dès le premier épisode leur relation en une des plus intimes.
Oui, nous sommes dans de la romance entre filles, du Shojo-Aï, qui démarre en seconde et qu’y restera jusqu’à la fin.

Au cours du premier épisode, le ton est donné sans ambiguïté. Ce sera mignon, drôle et pervers. Reste à savoir dans quelles proportions mais j’y reviendrai plus tard.

Haruka et Yuu ont des personnalités qui se complètent et s’opposent en même temps. La première est studieuse tandis que la seconde s’endort non seulement en classe mais aussi pendant ses révisions (comme moi à la grande époque *sic*). Une est sportive l’autre pas (vous devinez). H est jalouse, Y est capricieuse. Les deux se partagent le lead mais Haruka domine d’une longueur, plus particulièrement au début. La série joue bien avec ces diverses facettes et parvient à animer des personnages avec du tempérament malgré l’enrobage mielleux. Plutôt réussi. Ce qui m’étonne toujours lorsque cela s’avère être le cas, comme-ci c’était une erreur de pré-production.

J’en viens aux bisous. Le fil rouge de l’œuvre est là. Une petite trentaine pour douze épisodes. La très grande majorité de ces moments doux et sucrés concerneront Haruka et Yuu. Aucun ne sort de nulle part. Ils sont tous amenés en amont d’une façon ou d’une autre. Ils se construisent. J’y ai apporté une attention particulière lors de ce second visionnage. Certains sont plus faciles que d’autres mais la volonté de les insérer correctement est louable d’autant plus que je considère que le pari est réussi dans la plupart des situations. Faut tout de même éviter de les aborder avec un point de vue sérieux et rester dans le ton de l’œuvre. La base quoi.
Le risque d’overdose est réel et cet anime ne s’adresse pas à ceux qui n’ont aucun affinité avec le fan service. Les passages sont plus ou moins appuyés avec un départ en boulet de canon. Hormis les bisous, vous aurez, dès l’entame, des plans sur cuisses et seins, une fille qui se prend le coin d'un bureau avec « Manko » (ceux qui ont vu Ebichu comprendront, les autres… Regardez cette série) ce qui fera immédiatement fuir ceux qui ne se sentent pas concernés ou qui seront très désappointés. Quant à l’OP, il fera sans doute quelques « Instant Kill ».
Ceci-dit, la comédie est très bien dosée dans cette série et tous ses ingrédients sont transformés de manière à nous proposer un plat qui n’oublie pas la dérision et la détente, allant jusqu’à créer quelques séquences exprès pour le rappeler. Point de malaises ici suite à la consommation d’aliments avariés. La série parvient donc à se prémunir de passages douteux et à rester mignonne en désamorçant les mines perverses sur son passage grâce à l’omniprésence de moments réellement amusant pour les amateurs du genre.

Je te vois tu sais avec ta main levé depuis tout à l’heure.

Okay Michel, tu t’en fous, tu veux savoir comment et où ça se bécote. Je ne veux pas te gâcher la surprise mais je peux te dire que ça mets la langue (qu’on voit très peu de fois) avec plus ou moins d’intensité selon les situations. Si tu veux mon avis Michel, ça reste gentillet, c’est mignon quoi mais cela t’émoustillera surement, je te connais bien. Après, si j’en crois mes mémos (oui, j’ai numéroté et décrit tous les bisous), tu n’auras pas ton onsen et ton parc d’attraction mais t’inquiète pas, tu auras le reste. J’espère que tu n’accélèreras pas les épisodes uniquement pour les séquences bisous, je te fais confiance Michel. Tu t’intéresseras aux pourquoi, j’en suis certains, et tu verras que ce n’est pas juste des séquences que l’on a collé les unes à la suite des autres sans esquisser le moindre effort. Cela reste surréaliste, je suis d’accord, mais cela crée une mélodie, ça ne te frappe pas au hasard les touches du clavier. Sois y attentif…

*Soupir*

Revenons-en aux personnages si vous le voulez bien et laissons Michel à ses fantasmes.

Haruka et Yuu ont quatre amies présentent dans leur classe qui forment deux duos.

Kotone habite chez Shizuku pour des raisons familiales. Elle est blonde (signe de richesse), espiègle et bavarde. Shizuku est plutôt réservée, mignonne et parait joyeuse lorsqu’elle est énervée.
Yuzu possède le caractère du garçon manqué. Son sérieux dans les études profite à sa comparse Kaede qui n’arbore pas d’émotions particulières (ce qui a tendance à effrayer) mais qui s’avère plutôt farceuse, du genre à mettre une fausse araignée dans les cheveux, et observatrice.

Ce sont des personnages, en plus de la grande sœur de Yuu, qui soutiendront bien la série grâce à leur simple présence mais aussi par leurs interventions et participations récurrentes à la vie de tous les jours d’Haruka et Yuu. Faut tout de même laisser un peu de temps en bouche avant d’en ressentir toutes les saveurs, de s’attacher à eux et à la recette. Vous connaissez le principe.

Seulement, de par cette exposition, on s’attend à l’éclosion de romances parallèles à celles d’Haruka et Yuu mais cela n’en sera pas « vraiment » le cas. Ce ne sont pas des relations amoureuses mais bien une seule relation qui est particulièrement décrite dans cette œuvre, celle d’Haruka et Yuu.
Dommage que la série n’est pas proposée la diversité qui semblait pourtant propice et réalisable. À mes yeux, ce n’est pas dommageable pour douze épisodes mais j’aurais réfléchis à une sanction poussée autrement. Cela étant dit, Sakura Trick se prive d’un bonus que j’aurais pu lui accorder, ce qui forcément influence tout de même mon avis final.
À côté de cela, vu que la relation entre Haruka et Yuu s’appuie sur une comédie plus stagnante qu’évolutive, leur romance ne prend pas une dimension plus élevée que celle de départ. On reste dans ces séries qui tournent relativement autour de leur concept de base. Du coup, pas de points bonus à ce niveau-là non plus. Cela fait bien le travail mais ça ne cherche pas plus loin ou presque.
Cette remarque va aussi pour l’animation, la mise en scène et le graphisme. Nous ne sommes pas loin du minimum syndical pour ce type de série. Le tout est relativement appliqué avec quelques passages et effets convaincants mais rien qui me permettent d’attribuer à Sakura Trick un quelconque bonus pour sa partie technique et artistique. Quant à la musique (oui, je sais, c’est aussi une forme d’art), même tarif, du standard qui suit bien les diverses situations avec des mélodies plaisantes et pertinentes mais passe-partout.

Dommage.

La dernière ligne droite de l’anime, elle, a le mérite d’achever correctement le travail sans toutefois y mettre un point final. La série nous proposant même un petit twist du pauvre et attendu, mais qui reste agréable et parvient à se mesurer au sein d’une série qui, en y regardant de près, n’en fait pas trop, tout en sachant nous dire adieu avec le sourire et la nostalgie d’une année scolaire qui se termine.

Bref, vu que Michel commence à m’emmerder à vouloir savoir où on trouve cette série, ce que je ne peux pas faire ici, je vais conclure.

Au final, cet anime, je le conseille aux amateurs de comédies mignonnes et de délires otaku sous fond de shojo-aï. Être en phase avec l’anime est essentiel. Vous passerez de bons moments devant Sakura Trick si vous savez apprivoiser les concepts étranges, allant jusqu’à les intégrer à votre monde personnel. La déception viendra surtout d’un manque de petits plus qui auraient pus élever la déjà bonne qualité de cette série. Je garderais en mémoire un anime au concept racoleur et casse-gueule qui s’en sort plutôt bien grâce sa comédie, ses personnages et sa légèreté de ton.

Ceci-dit, j’aimerais terminer en vous recommandant quelques séries qui possèdent de la romance entre filles afin de vous proposer de la diversité dans ce domaine sans devoir immédiatement créer une liste ou vous écrire plusieurs critiques en même temps (logique pour quelqu’un qui osait mentionner sur sa fiche scolaire dans la partie loisir : sieste. Comment une telle personne se fatigue à écrire tout ça alors ? Le paradoxe humain).
Allez, c’est parti, le bouquet final commence dans 3, 2, 1…

Si vous cherchez un anime plus orienté gags, ce sera Yuru Yuri vainqueur des Kobe Awards 2012 dans la catégorie meilleure série. De la romance fleur bleu ? Maria-Sama Ga Miteru vous tends les bras. De l’intensité ? Strawberry Panic vous réchauffera. Un cadre contemporain et réaliste ? Aoi Hana sera votre choix. De la S.F. ? Simoun vous contera une histoire atypique de prêtresses qui défendent leur nation. Du WTF sophistiqué ? Yurikuma Arashi vous parlera d’ourses affamées d’amours. De l’ambiance mystérieuse ? Blue Drop sera votre extra-terrestre. De l’indispensable ? Utena, la seule et unique. Pour les déviances plus lourdes, ce sera en MP, vous me trouverez aisément.
Si vous les connaissez déjà, vous avez mes plus sincères marques de respects. Dans le cas contraire, vous pouvez les noter sur vos listes. Le genre ne possède pas beaucoup de titres mais lorsqu’il pointe le bout de son nez, le dépaysement est assuré par un service venu d'ailleurs.

Sur ce, je vous souhaite de profiter du divertissement qu’offre Sakura Trick.

Á la prochaine ;)

Verdict :7/10
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A propos de l'auteur

Kael, inscrit depuis le 27/09/2014.
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