LES PARADIS ARTIFICIELS - chapitre I "dans une mare je vois une fleur"

» Critique de l'anime Eizôken ni wa Te wo Dasu na! par jinrho78 le
03 Mai 2020
Eizôken ni wa Te wo Dasu na! - Screenshot #1

L'animation qui parle de l'animation. ça a l'air chouette mais en vérité est-ce que c'est si intéressant de dessiner des gens qui dessinent pendant des heures?
Tu ferais aussi bien de regarder un documentaire sur la création de ton anime préféré comme ça tu te sentiras plus concerné et t'en apprendras sûrement plus parce que ce que tu voulais savoir finalement c'est comment ça se passe en studio.
C'est normal, quand t'étais gosse, après que le magicien t'ait fait son tour, l'envie ne te manquait sûrement pas de savoir d'où sortait les colombes.
L'envers du décor ça intrigue, c'est même devenu un business, les making off, les journaux people, les émissions spéciales et autres chaînes Youtube etc.
Le temps aura passé et la place de spectateur émerveillé te convient peut-être tout à fait ou alors tu fais partie des curieux et dans ce cas je préfère te prévenir, Eizouken n'a pas grand-chose de didactique.
Ce que je peux en dire dans un cas comme dans l'autre c'est qu'Eizouken parle bel et bien d'animation mais peut-être pas comme tu l'aurais pensé.

Eizouken c'est donc l'histoire de 3 lycéennes qui veulent faire de l'animation.

Eizôken ni wa Te wo Dasu na! - Screenshot #2Midori est une vraie passionnée, elle est assidue, elle se bute qu'à ça, mais elle est toute seule dans son trip.
Ensuite il y a Sayaka, Sayaka en a rien à foutre de l'animation mais ça ne l'empêche pas de trainer avec Midori.
Enfin il y a Tsubame, modèle amateur tout en charisme dont la popularité n'est plus à faire et qui comme par hasard... est aussi dingue d'animation!
Sayaka va faire en sorte que Midori et Tsubame se rencontrent et paf ça fait des Chocapic.
c'est ainsi que la NERD, la neutre et le mannequin se retrouvent dans le même bateau.

Honnêtement ce genre de pitch tu n'aurais pu le voir que dans un anime et les anime sont justement des réservoirs à fantasmes, dans certains cas l'histoire est un simple prétexte à alimenter la connerie, dans le cas d'Eizouken elle sert de message.

Midori et Tsubame incarnent la passion rêveuse, elles ont un skill surréaliste pour leur jeune âge et qui leur donne le moyen de réaliser leurs ambitions bien qu'elles passent autant de temps à fantasmer leurs créations qu'à les réaliser.
Ce tableau est utilisé dans Eizouken comme un moyen permettant de nous immerger dans leurs démarches et par cette porte, nous faire entrer dans le monde de leurs extravagances.
Un monde qui concrétise sous nos yeux ébahis, le fantasme d'animation en même temps qu'il l'incarne.
Ce qui est ouf c'est qu'Eizouken n'est pas un projet original mais une adaptation de manga, ce qui était donc un manga qui parle d'animation devient une animation parlant d'elle-même par extension.
Le support devient le sujet au lieu d'être le simple instrument de l'histoire, donnant ainsi l'impression d'être un outil narratif indépendant des contraintes de l'écriture.

Eizôken ni wa Te wo Dasu na! - Screenshot #3Toutefois si Midori et Tsubame symbolisent l'animation dévorante et obsessionnelle qui n'a que pour seule limite l'imagination de ces artisans.
Sayaka elle, est extérieure ce qui lui permet de rappeler Midori et Tsubame à l'ordre, par analogie elle est le symbole du réalisme et des contraintes, du cahier des charges, des deadlines, des financements etc.

Eizouken est un manifeste faisant l'apologie de la technique pour elle-même comme Excel Saga ou Abenobashi pouvaient l'être de la narration en plus d'être représentatif, comme ses ainés, d'un fan service débridé rempli de clins d'oeil pour la culture Otak'.
On retrouve donc là encore l'animation qui se réfère à elle-même et à son univers.
Un trait récurrent chez le réal' Masaki Yuasa et qu'il nous rappelle comme étant l'apanage des créateurs d'animation.
La preuve en image de l'ingéniosité du savoir-faire et qui ne saurait se mesurer qu'au temps de travail monstrueux que cela représente de créer une "simple" séquence de 3 minutes sans paroles.
Et là je t'entends déjà me demander si j'ai fini de me masturber sur Yuasa en même que lui se masturbe.
Eizouken peut être passable ou génial selon en fait on l'on place son intérêt pour l'animation. pour ma part si je pouvais payer mon loyer en parlant de ma joie pour mon propre boulot je le ferais.

Mais ce que j'en retiens toutefois c'est le rêve vendu par Yuasa.
car au travers des déambulations pourtant surréalistes de notre trio dans un cadre qui l'est tout autant, Eizouken nous rappelle plus concrètement que rien ne naît du vide mais bien de ce que le monde extérieur nous inspire à chaque instant, ce jusque dans les détails les plus infimes pour peu qu'on sache y prêter attention. Et que le merveilleux d'un vaisseau spatial ne tient parfois qu'à un vieux hangar abandonné.
Finalement Eizouken fait peut-être mieux que de parler d'animation, il nous la fait vivre.
[i]Un message d'espoir en faveur de la profession à l'heure ou l'actualité concernant le métier, a rarement été aussi pourrie.
Quant à Yuasa, il semblerait qu'il va enfin pouvoir prendre un repos mérité après avoir fait son tour d'honneur.

Verdict :8/10
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A propos de l'auteur

jinrho78, inscrit depuis le 13/04/2014.
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