Mon bibliothécaire, ce héros au verbe si doux

» Critique de l'anime Toshokan Sensō: Kakumei no Tsubasa par Duna le
12 Mars 2018
Toshokan Sensō: Kakumei no Tsubasa - Screenshot #1

Avant-propos
Il est nécessaire d'avoir visionné la série éponyme de 2008 (que j'ai moins bien noté, ★★★ ou 7/10) afin d'apprécier pleinement ce film, qui en constitue la suite et non pas un condensé.

Chapitre I : hors-sujet

Incipit liber
Au commencement était le verbe, paraît-il. Bon, on s'en fiche un peu, l'important c'est qu'après l'écrit est apparu. Les comptes, les archives, les livres. Et, incidemment, la critique, le débat et la censure littéraires, qui sont au cœur de l'intrigue de Tochokan Sensô / Library Wars. Je n'avais pas pu accrocher au manga à cause de son chara-design, mais c'est avec grand plaisir que je me suis plongée dans son adaptation animée.

Livre (n., m.). Assemblage de nombreuses pages imprimées reproduit dans un certain nombre d'exemplaires. Mais aussi. Support potentiel d'un chef d’œuvre absolu comme d'une merd* ultime. Recueil de modèles et d'amis imaginaires. Espace d'évasion de la réalité. Manuel de décryptage d'autrui et de notre environnement. Vecteur d'idées et d'émotions fortes. Objet de délassement ou de l'élévation de l'âme...
Houlà, c'est quoi cette parodie d'ode grandiloquente aux accents élégiaques ? Watchaaa, flippant. Je vous jure que je n'ai pas consommé de substances illicites. Attendez, deux secondes, que j'atterrisse.

Toshokan Sensō: Kakumei no Tsubasa - Screenshot #2Bref, la lecture, c'est la vie. Et vu que t’en seras au mille quatre-cent quinzième caractère lu au terme de cette phrase, c’est que t’es d’accord avec moi !J'devrais faire de la pige, tiens, plutôt que de l'archivage. Ha, même pas en rêve, je kiffe trop mon taff.

Vous connaissez ce petit ouvrage jeunesse La Bibliothécaire, de Gudule (1995) ? Ah, même s'il faut lire ce bouquin enfant ou ado, pas grave vas-y fonce, c'est d'la bonne défonce. Tu redesign ta bien-aimée à la Picasso, tu plonges dans les livres comme Alice, et tu te fous de la gueule des militaires comme Gavroche, FONCE J'TE DIS.

Ah ouais attends, REVIENS, ON PARLAIT DE LIBRARY WARS ! C'est pas mieux que les Star Wars originaux mais ça dépasse largement les derniers sortis, tu verras.

Chapitre II : vif du sujet

Notes marginales
Le dessin et l'animation sont assez bons, et j'ai apprécié la musique. Le scénario est en partie prévisible (complètement cousu de fil blanc côté romance), mais reste agréable à suivre.

Toshokan Sensō: Kakumei no Tsubasa - Screenshot #3En vrai, on pourrait s'arrêter là, le reste ne sera que du blabla décoratif ; vous voilà prévenus.

Ainsi donc, nous retrouvons ce Japon d'un futur proche dans lequel un Comité d'Amélioration des Médias fait partie de l'appareil d'Etat et peut user de violence afin de faire respecter la loi de censure de la littérature jugée contraire aux bonnes mœurs, dûment inscrite dans la Constitution.

Le spectre de la censure et le croque-mitaine de l'autodafé, dans leurs versions spectaculaires, n'ont pas fini de faire couler de l'encre et de nourrir l'imagination des auteurs, comme dans Fahrenheit 451. En revanche, la censure ordinaire, invisible, est moins abordée. C'est le mérite qu'on peut accorder au manga en deux tomes Poison City (sorti deux ans après le présent film, et à la tonalité bien plus tragique).
La série appartient clairement au premier groupe, et ce film vient approfondir un peu les choses en introduisant le personnage d'un auteur qui réfléchit à sa complicité tacite du système en place. Certains "antagonistes" prennent également davantage de consistance et de crédibilité.

Des Bibliothécaires Armés... D. Trump a pompé son idée d'armer les profs de là, obligé ! Plus (ou moins) sérieusement, cette idée est plutôt sympa. Pas seulement parce qu'on développe bien ses muscles en portant des bouquins et parce que la mission de service public ressemble parfois à une bataille ; mais un peu quand même.
De plus, le format du film a aidé à aller à l'essentiel, et le résultat final ne comporte aucun temps mort.

Mot de la fin (a.k.a. : épilogue)
Mais alleeeeeeeeeeez Duna, avoues que tu crevais simplement d'envie de voir XXX sortir avec XXX, et XXX avec XXX ?! Ouais bon, ok. Un peu comme dans Life Is Strange, dans lequel tu PEUX mettre l'héroïne avec son meilleur ami, mais que tu sais PERTINEMMENT que tu choisiras l'autre option.

Cette critique est dédiée à
Archange-Roy. Oui, toi, là. Arrête un peu de te payer ma tête pour cet accès soudain d'honnêteté intellectuelle. MERCI.

Verdict :9/10
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A propos de l'auteur

Duna, inscrit depuis le 29/07/2011.
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