Pas grand-chose à sauver !

» Critique de l'anime Descendants of Darkness par Kael le
20 Octobre 2017

Qu’elle idée. Me voilà bien. Je suis censé écrire quelques paragraphes sur cette série. Pas évident. D’après la fiche, nous sommes face à un mélange détonnant : shonen-ai, comédie, psychologie, horreur, super-pouvoirs, bishonens, surnaturel, mystères et sexe. Déjà, une étrangeté : Shonen-ai + Sexe. Yaoi + Sexe, je veux bien mais là c’est quelque peu intriguant. Bon, autant l’écrire, cela signifie que ce sera plus sous-entendu qu’explicite et que le sexe va falloir que vous le cherchiez ailleurs qu’ici. Enfin, commençons par le commencement, quel est l’intrigue de cet anime ?

Nous suivons des shinigamis qui enquêtent sur Terre à propos d’histoires mystérieuses d’humains décédés de morts non naturelles, de possession ou encore de mourants qui retrouvent étrangement leur vitalité. Leur devoir principal, lui, étant de guider les âmes des morts mais ils ne peuvent pas le faire si des problèmes, comme ci-dessus, se présentent, notamment lorsque le(s) responsable(s) de ces troubles ne sont pas, eux-mêmes, mort(s).
Chaque shinigami est assigné à un secteur et la série débute avec des investigations à mener dans celui… de notre héros qui n’est autre qu’Asato Tsuzuki, un shinigami talentueux possédant soixante-dix années d’anciennetés. Ceci-dit, au vu de ses capacités, il pourrait aspirer à une meilleure place au royaume des morts. Pourquoi n’est-ce pas le cas ? Eh bien, nous n’en savons rien sur le moment et on en apprendra d’avantage plus tard.
Au cours du premier épisode, alors qu’Asato suivait déjà une piste brulante et saignante, sur laquelle il est miraculeusement et rapidement tombé dessus au détour d’une ruelle, il rencontre de manière brutale son nouvel équipier sur Terre, Hisoka Kurosaki, un jeune homme, à ce qu’il parait, récemment mort de maladie. Cet Hisoka, en plein parc, lui colle un pistolet dans le dos, croyant avoir affaire à un individu suspect, plus particulièrement un vampire, vu qu’il rode dans le coin depuis tout à l’heure. On est en plein jour et l’endroit est bondé de personnes qui, au passage, n’en ont d’ailleurs rien à cirer de la situation alors que le manège d’Hisoka est un des moins discrets que j’ai peu voir. Surement pas assez de budget pour l’animation d’une foule paniquée, c’est la crise.
Ces dix premières minutes brillent déjà par une écriture suspecte et des situations improbables. Elles annoncent la couleur, et la bonne, car la suite de la série ne sera qu’une succession de mises en scène invraisemblable que le caractère surnaturel de Yumi no Matsuei ne sauvera jamais.
L’antagoniste de cette série, Muraki, est un mystérieux docteur, qui est autant qu’humain que vous et moi, trempant dans toutes les affaires que nos shinigamis auront à résoudre. Muraki s’adonne à des expériences pour des raisons que nous ignorons et il s’intéresse particulièrement à Asato et connaît bien notre jeune Hisoka. Nos deux shinigamis le rencontreront à de nombreuses reprises sans arriver à le mettre hors d’état de nuire. Nous aurons souvent droit à des fuites abracadabrantes de Muraki et la série se permet même d’être flemmarde au point d’oublier de penser à une raison, même farfelue, de lui permettre de fausser compagnie à nos shinigamis. Parfois, Muraki use de moyens de pressions ou d’astuces afin de garder son impunité mais, globalement, c’est comme s’il se promenait tranquillou, sans stress. Après quelques épisodes, le bon sens voudrait qu’à sa simple apparition, on lui balance la purée, histoire qu’il ne cause plus de soucis et qu’on en finisse avec lui, mais non, ça blablate et… chaque un retourne à ses occupations après, ou pas, un affrontement quelconque.
Alors, j’ai bien écrit que cette série était comique. Seulement, ce ne sont que des moments classiques de légèreté qui ne sont pas le cœur de l’œuvre. Non, la série n’est pas une comédie, elle est sérieuse et psychologique ; Muraki oppresse nos deux shinigamis tout au long de la série et délivre aux spectateurs les principales scènes à caractère homosexuelle, de manière brutale, perverse ou vicieuse qui ne sont, toutefois, pas très choquantes et surtout peu convaincantes, même si on comprends pourquoi nous avons le tag sexe sur cette fiche : une sombre séquence de viol qu’on nous resservira à coup d’image au singulier comme si on était arrivé à la fin d’une route d’un jeu érotique amateur (ou pas d'ailleurs).
Le côté horrifique de cette série est vaguement présent. Quelques morts horribles par-ci, par-là, sans aucune tension particulière, du moins réussies, si bien qu’on ouvre la bouche plutôt pour bailler que pour manifester des émotions plus positives. Le ratage de cette immersion n’est pas à imputer aux musiques, mais à l’animation médiocre qui n’aide pas la mise en scène peu inspirée et à la narration qui enfonce, dans le même temps, le contenu de la série.
D’ailleurs, niveau structure scénaristique, le bon point est qu’une enquête n’est pas égale à un épisode mais à plusieurs. Le problème, c’est que l’écriture est, vous l’aurez compris, mauvaise et qu’une série lambda qui fonctionne dans l’autre sens propose, même à long terme, des épisodes avec un contenu nettement supérieur à ce que nous avons ici.
À la fin, nous pourrons tout de même nous réjouir d’avoir eus, distillés durant la série, des éclaircissements sur le passée et les relations de nos trois protagonistes principaux. Ces mystères-là ne sont plus ! Par contre, alors que nous espérions une conclusion respectable du temps que l’on a accordé à cette œuvre, on nous livre une pauvre séquence finale qui parviendra à baisser un peu plus encore la qualité de l’anime et qui fera même mine de conclure avant de se décider à revenir sur cette décision. Du grand art.

Dommage que la série échoue à exploiter son univers, ses personnages torturés, ses enquêtes, sa noirceur, ne proposant qu’une copie brouillonne et décevante qui n'a que son caractère étrange pour séduire le spectateur. Je ne conseille donc pas cette série, plus particulièrement encore, à celles et à ceux qui ne s’intéressent habituellement pas à des séries de bishonens. Quant aux adeptes, à moins que vous soyez du genre à vouloir tous les attraper, préférez-en d’autres, notamment si vous attendez des relations amoureuses. Vous remarquerez que je n’ai même pas évoqué celle du duo Asato/Hisoka vu que… ben… je l'attends encore. D’un autre côté, bien que nous ayons « shonen-aï » et « sexe » accrochés à cette fiche, « romance », elle, y est absente ! Méfiez-vous !

À la prochaine ;)

Verdict :4/10
Ce que les membres pensent de cette critique :
Convaincante (6)
Amusante (0)
Originale (0)

0 membre partage cet avis
0 membre ne partage pas cet avis

A propos de l'auteur

Kael, inscrit depuis le 27/09/2014.
AK8.1.13 - Page générée en 0.031 seconde - 7 requêtes ★ DB.8.0.129369 ★