[Spéciale Halloween] PSYCHO DIVER — Cyberpunk 1997

» Critique de l'anime Psycho Diver - Soul Siren par Deluxe Fan le
31 Octobre 2021
Psycho Diver - Soul Siren - Screenshot #1

Bienvenue dans le Manoir Deluxe, un lieu où se chevauchent réalité et fiction… On raconte qu’il y a bien longtemps, cet endroit était habité par un individu passionné d’animation japonaise, à laquelle il avait consacré toute son existence. Mais au moment de sa mort, il n’avait pas fini de regarder ses dessins animés favoris ; son esprit continua donc d’errer en ce monde, sa soif d’anime ne pouvant être étanchée. Et il paraît que le soir d’Halloween, ceux qui se rendent dans son Manoir peuvent entendre la voix de cet esprit leur parler d’animes horrifiques.

Lorsque l’on pense à des animes d’horreur on pense forcément au format OAV, lorsque l’on pense au format OAV on pense forcément aux années 90, et lorsque l’on pense à des OAV des années 90 on finit forcément par parler du studio Madhouse. En effet, le studio dominait complètement ce format à l’époque, en grande partie grâce aux productions horrifiques signées du maître Kawajiri. Toutefois, sentant le vent tourner, les responsables du studio parmi lesquels le légendaire Masao Maruyama décidèrent dès la fin des années 90 d’investir leurs talents dans d’autres formats tels que les films et les séries télé, ce qui précipitera le déclin du format OAV mais assurera à Madhouse une décennie supplémentaire de succès dans les années 2000.

Psycho Diver - Soul Siren - Screenshot #2Sorti en 1997, Psycho Diver est donc parmi les derniers représentants de ce genre à part entière qu’est l’OAV Madhouse. Situé dans un Japon plus ou moins futuriste, le récit a pour protagoniste Busujima, qui exerce la profession de Plongeur indépendant. Cela ne signifie pas qu’il nettoie les assiettes du restaurant, mais plutôt qu’il plonge dans l’esprit de ses clients afin de les soigner du mal qui les ronge de l’intérieur. Un jour, Busujima est contacté par le manager de Yuki Kanou, une jeune chanteuse à la mode qui semble possédée par une entité qui lui confère des pouvoirs psychiques potentiellement mortels et qui sont déjà venu à bout de Plongeurs expérimentés. Busujima débute son enquête, et croise rapidement la route d’une organisation secrète qui a des vues sur les capacités de Yuki…

Long de trois-quarts d’heure à peine, cet anime répond parfaitement au cahier des charges de l’OAV Madhouse ; il suffit de quatorze secondes après avoir appuyé sur Lecture pour que la tête d’un type éclate à l’écran dans une grande gerbe de sang et de cervelle pulvérisée. Violence, sexe et conspirations, tous les ingrédients qui nous font tant aimer la japanime des années 90 sont concentrés ici, même si le mélange est loin d’être aussi abouti que d’autres OAV de l’époque. Par exemple les fameux plongeons qui constituent la base de cet univers ne durent finalement que quelques minutes et n’apportent rien de spécial si ce n’est des effets 3D immondes et un étalage d’imagerie macabre bien dégueulasse. Le scénario est sympathique à suivre mais reste superficiel ; certes la base du fantastique c’est de laisser une marge d’interprétation au spectateur, mais on se rapproche ici finalement plus du thriller de science-fiction qui lui réclame un certain niveau de détail dans la narration.

Psycho Diver - Soul Siren - Screenshot #3En revanche la mise en scène tape dans le mille : rarement on aura vu un anime aussi sombre, au sens littéral du terme. Le film baigne dans un noir quasi-total, les ombres sont énormément exagérées et les personnages ne sont souvent que des silhouettes obscures que l’on devine vaguement au travers des lumières de la ville. L’animation n’est pas vraiment au niveau de ce que dix ans d’OAV Madhouse nous ont habitué, on voit que le studio avait commencé à envoyer ses meilleurs animateurs vers la production des long-métrages qui feront sa célébrité au tournant de la décennie. Cela n’a toutefois pas tant vieilli, un bon design et une mise en scène stylisée parviendront toujours à compenser une animation un peu faible.

C’est toujours amusant d’aller regarder un peu le staff de ce genre de vieux animes car on y reconnaît parfois des noms importants, et en l’espèce c’est le cas du réalisateur Mamoru Kanbe. Vétéran de l’animation japonaise, il débute à la fin des années 80 comme assistant de production sur le film Nausicäa de la Vallée de Vent de Miyazaki, excusez du peu. Il devient ensuite réalisateur avec un goût marqué pour l’horreur, le macabre et l’angoisse. Outre cet OAV qui marque sa première vraie réalisation dans le genre, il se fera connaître sur des productions telles que Elfen Lied (2004), Kikoushi Enma (2006), Denpa Teki no Kanojo (2009), The Perfect Insider (2015) et récemment The Promised Neverland (2019). Pour le coup Kanbe c’est pas un réalisateur yes-man, il y a une vraie ligne directrice dans sa carrière et c’est intéressant d’en tirer le fil.

Autre anecdote, le personnage principal Busujima est doublé par le comédien Jôji Nakata, qui à l’époque avait déjà une bonne dizaine d’années d’expérience dans le doublage d’anime mais qui obtient là son premier vrai rôle principal, avant que sa carrière n’explose avec les rôles d’Alucard dans Hellsing et Kotomine Kirei dans Fate. Nakata est une des voix les plus reconnaissables du milieu et même avec trente ans de moins il est absolument immanquable.

Psycho Diver n’est pas un indispensable du genre comme peuvent l’être d’autres OAV de Madhouse de l’époque, mais c’est quand même un anime valable, avec quelques idées et du style à revendre, idéal pour une soirée d’Halloween. En attendant le Manoir Deluxe referme ses portes et vous donne rendez- vous l’année prochaine… Si vous survivez jusque-là.

Verdict :6/10
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A propos de l'auteur

Deluxe Fan, inscrit depuis le 20/08/2010.
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