VOUS REPRENDREZ BIEN UNE AUTRE TRANCHE DE VIE?

» Critique de l'anime A Place Further Than the Universe par jinrho78 le
02 Mai 2018
A Place Further Than the Universe - Screenshot #1

En général lorsque je vois une affiche aux couleurs saturées, avec une bande de lycéennes en train de poser pour la photo Instagram, je me méfie justement de l'envers du décor.
Une méfiance qui redouble lorsqu'il s'agit des fameuses "tranches-de-vie" qui ont souvent une fâcheuse de tendance à meubler sans grande conviction en relevant grossièrement le charme de ce qui est anecdotique et finissent ainsi par en perdre le charme plus qu'autre chose.

Pourtant, malgré cela il semblerait que l'A Place Further Thanks Universe ait des vues plus authentiques à défaut d'être plus ambitieuses dans les valeurs que ce dernier entend évoquer.
Notamment en utilisant ses personnages comme fer de lance, non pas en tant que gigantesque harem à guest star mais bien en creusant la psychologie d'acteurs clairement définis par le récit.

Une chose qui en passant, ne va pas forcément de-soi et même si je kiffe qu'un anime réalise mes fantasmes les plus secrets à l'occasion; il est heureux de constater qu'A Place Further Than Universe se soit montré plus malin en refusant de se plier au dogme du plotage mutuel de nichons au bain comme interaction sociale car c'est bien connu, toutes les meufs font ça entre elles pour briser la glace. (en même temps je suis jamais allé vérifier, p'tet que c'est une pratique répandue dans les onsen)

A Place Further Than the Universe - Screenshot #2Un exemple fameux parmi l'amas de clichés dont le genre aime souvent s'entourer et dont le charme trivial n'échappe à personne (ou presque) mais qui malheureusement prend souvent plus de place qu'il ne devrait, provoquant ainsi l'effet d'un disque rayé tournant en boucle.

On croirait presque que je vante le mérite d'un produit sophistiqué mais en vérité l'anime essaye simplement d'approfondir un sujet qui le mérite amplement:
la quête initiatique dans notre monde à nous.
Un monde où l'on va à l'école pour apprendre un métier pour ensuite payer une voiture pour aller travailler, pour ensuite travailler pour rembourser la voiture qu'on vient d'acheter...

Ça ne vend pas forcément du rêve... on ne s'étonne plus de ce fameux blocage sur le thème du lycée qui apparemment est ce qui arrivera de mieux aux jeunes Japonais genre Relife ... (Personne ne voudrait créer des traumatisés avant l'heure hein...)

Néanmoins tout n'est pas perdu! bien qu'à force de voir en conséquence, des scénarios légitimement orientés vers les fantasmes les plus barrés, les plus plus cons, ou les plus rentables, l'on finirait presque par oublier que dans la vie ba y'a des trucs sympas autrement plus "proches" comme par exemple: le voyage.
Souvent traité avec fantaisie, plus rarement avec esprit. A Place Futher Than Universe choisit pourtant d'assumer les deux en proposant de suivre le parcours de quatre lycéennes qui feront des pieds et des mains pour se rendre en Antarctique.

A Place Further Than the Universe - Screenshot #3Une histoire de pseudo-réalité qui donnerait presque envie d'y croire...
l'anime propose un sujet sujet clair, soutenu par une écriture des plus appliquées et qui trouve un fond de vérité bienvenu dans son propos.
Aussi ce n'est pas surprenant de retrouver Atsuko Ishizuka à la réal' - et qui était aux manettes de Sakurasou no Pet no Kanojo - ainsi qu'Hanada Jukki scénariste spécialiste des "tranches-de-vie" et par analogie, des "cute girls doing cute things", nous livrant ici un travail subtil et soigné au script ainsi qu'à la composition.
Ce qui par ailleurs en fait un bon copain de Kyoani' même s'il me laisse toujours aussi perplexe étant donné la qualité très variable de leur scénars'...

Cela dit si la partie visible de l'Iceberg est le charme d'interactions complices suffisamment spontanées pour être honnête, l'anime ne s'égare pas pour autant dans les soirées pyjama/pâtisserie/shopping et n'ignore pas sa partie immergée et accessoirement son sujet de fond: le deuil et axiomatiquement, le fait d'oser prendre des risques pour aller de l'avant...
Le deuil d'une mère pour Shirase mais aussi le deuil de la version plus jeune avant la 2.0 pour Kimari qui en a marre d'être spectatrice de sa vie et qui veut vivre une expérience dont elle se souviendra.
D'ailleurs à ce titre la façon dont est traitée sa relation ambiguë avec son amie d'enfance Megumi est tout à fait représentative de la démarche de l'anime:
creuser le noeud des relations entre les individus concernés ainsi que les préoccupations qui tendent à les unir sans nier ce qui peut les séparer.

A Place Further Than the Universe - Screenshot #4Néanmoins l'anime reste un gâteau doux et fondant garanti sans overdose d'aspartam. même si parfois les parts de gâteau au culcul la praline me sont vraiment restées sur l'estomac... notamment le fameux slogan sur l'amitié girl's power en néons roses flashy qu'il est impossible de ne pas voir... ceci dit ce n'est pas plus mal d'arrêter de "Seineniser" en vain à chaque instant surtout quand ça relève davantage du bluff que d'un contenu concret.
Tout comme il est appréciable de ne pas systématiquement traiter les ados comme des dramaqueen infantiles qui voient le monde en binaire.

D'autre part, même si j'ai pas vraiment pigé l'intérêt de ces gros détourages en blanc comme si les perso' baignaient sans arrêt dans la lumière même la nuit...(le halo de l'espoir sans doute)
au regard de la totalité de la série c'est ce que j'appelle du taff de qualité estampillé label "je-ne-vous-manque-pas-de respect en toute impunité".

Et c'est finalement ça le plus drôle, ou la volonté de faire simple et concret finit par devenir un défi à part entière car; des trucs de robots, d'extraterrestre, de sociétés secrètes luttant dans l'ombre contre le mal, de lycéennes avec de gros canons, de RPG avec des épées divines où des types qui voient les yokai où yurei chais plus à force, on en a eu des tas, du très bon comme de la daube.
Mais vouloir parler de ce qu'il se passe dans la vie avec un réel souci d'équilibre entre la part romancée et la réalité des faits puis parvenir à toucher juste, même de manière infime ba c'est autrement plus compliqué en fin de compte.
Et c'est sûrement pour ça que ça vaudra toujours le coup d'essayer même si ce n'est plus à la mode.

Verdict :7/10
Ce que les membres pensent de cette critique :
Convaincante (5)
Amusante (2)
Originale (0)

3 membres partagent cet avis
0 membre ne partage pas cet avis

A propos de l'auteur

jinrho78, inscrit depuis le 13/04/2014.
AK8.1.13 - Page générée en 0.053 seconde - 8 requêtes ★ DB.8.0.146467 ★