Iblard Time

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Synopsis

Succession de petits tableaux (au sens strict) mis en valeur par de petites animations et une musique atmosphérique. Chacun de ces petits tableaux se succède sans lien apparent : il s'agit simplement de présenter diverses parties du monde d'Iblard.
Iblard est un univers fictif apparu pour la première fois en 1983 dans le livre "Un Voyage à Iblard". Son auteur, Naohisa Inoue, fidèle collaborateur du studio Ghibli, est un peintre réputé pour son sens du détail et de la féérie, que l'on peut remarquer notamment dans les décors de Mimi wo Sumaseba.

Synopsis soumis par watanuki

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#Par El Nounourso le 30/04/2008 à 19:42

Dans Mimi wo Sumaseba, l’univers d’Iblard m’avait séduit avec ses blocs montagneux errants dans le ciel, ses villes multicolores aux allures de conte de Noël, sans oublier le fameux chat aux yeux d’émeraude. Une belle touche de merveilleux qui tranchait agréablement avec le réalisme de l’histoire de la petite Shizuku.

Ne prenant pas la peine d’amorcer une quelconque narration, cette OAV est une sorte de diaporama mettant bout à bout des paysages du monde d’Iblard, avec un petit fondu au noir entre chaque diapositive. Les images ne sont pas totalement fixes mais si l’eau qui ondule au vent est plutôt bien rendue, la plupart des éléments animés contrastent avec le reste, soit parce qu’ils sont animés ou dessinés à l’ancienne, soit parce qu’ils sont modélisés en synthèse, souvent ratée.

Mêmes les décors réalisés à la peinture ne sont pas très réussis. Par un cadrage audacieux ou une luminosité crépusculaire, certains parviennent à exciter notre imagination… mais pour la majorité, ça reste de très mauvais goût. La faute revient principalement aux couleurs, assez immondes, qui gâchent des architectures et un coup de pinceau par ailleurs plutôt sympathiques. Passons rapidement sur la musique, du genre pénible qu’on a envie de couper. Les pistes changent régulièrement, mais aucune ne m’a pleinement convaincu.

Le design d’Iblard n’est pas dénué d’intérêt mais le choix de couleurs ruine presque tous les tableaux. En l’absence totale d’histoire ou même de réelle logique narrative, cette OAV n'a pas vraiment réussi à susciter mon intérêt. Au lieu de nous pondre ce diaporama soporifique, l’auteur aurait mieux fait de miser sur un nouvel artbook.

3/10

#Par watanuki le 24/04/2008 à 13:43

Iblard no Jikan propose une ballade dans le monde féerique d'Iblard, créé de toute pièce par Inoue. Grand amateur du Seigneur des Anneaux, il cherche à créer un monde aussi vaste et fourmillant de détails que celui de Tolkien.

Pas de chance, Inoue ne possède pas le sens de l'épique nécessaire à ce genre de production. Il possède en revanche cette capacité à suggérer le merveilleux, que le studio Ghibli a toujours su parfaitement instrumentaliser. Iblard no Jikan vient prouver que ce talent n'est pas auto-suffisant, tout simplement parce qu'Inoue est un très mauvais conteur (voir le manga édité par Kankô) doublé d'un scénariste nul, et nul à tel point qu'il n'est pas capable de faire dire quelque chose à ses tableaux, comble de l'impuissance pour un peintre.

On est dès lors condamné à passer d'une image à l'autre dans cette OAV de 30 mn un peu longuette, et l'on en retire souvent la désagréable impression que ce DVD n'a été édité que pour satisfaire un besoin narcissique d'ériger un monument à la gloire d'un univers extrêmement incomplet : doté d'un scénario à peine esquissé, il est aussi désespérément vide, peuplé d'à peine une dizaine de protagonistes, convoqués pour nous donner l'illusion que la vie qu'on y mène est heureuse et pleine de poésie. On est plutôt convaincu qu'elle est pleine d'ennui, tant les protagonistes n'y font rien, si ce n'est marcher ou voler de façon bien trop statique pour qu'on les envie : les petites animations qu'on trouve occasionnellement appuient cette sensation qu'Iblard est un bien triste monde. Elles sont très limitées et s'incrustent mal dans l'image. Pourtant, si elles existent, c'est bien parce que l'on a estimé que ces tableaux ne pourraient pas se suffire à eux-mêmes ! Pourquoi dès lors exhiber cette impuissance ?

L'esthétique d'Inoue est parfois superbe, souvent déplaisante, son goût du détail s'alliant à un choix de couleurs discutable évoquant le plus souvent les peintures fluorescentes ou délavées (c'est selon) que l'on trouve accrochées au mur des toilettes dans les chalets... Passées au filtre de Miyazaki, adaptées pour les besoins d'un décor du studio Ghibli, mises au service d'un scénario, elles fonctionnent parfaitement. Seules, exhibées dans toute l'exagération de leurs détails et le clinquant de leurs couleurs, elles désespèrent et écoeurent, ce sont des pâtisseries bien trop sucrées pour notre estomac.

Inoue n'a en définitive retenu que les aspects les plus déplaisants du pointillisme. S'il est capable de créer de très belles choses, il est souvent victime de son mauvais goût.

Cette OAV n'est rien d'autre qu'un très joli screensaver.

5/10