Makai Senki Disgaea est le genre de série très attirante de prime abord. Déjà, l'histoire, même si on sent que ce ne sera pas très originale, donne envie d'être suivi et le charadesign est des plus séduisants. Que nous cache donc cette petite série, inspiré d'un jeu vidéo du même nom?
Le premier épisode pose les bases tout de suite : ce sera de l'humour ou rien. A savoir que rien n'est à prendre au sérieux dans cette série. De part le caractère du prince, totalement décalé, ou les personnages volontairement caricaturaux tel que Captain Gordon, tout est là pour avertir le spectateur. Que cela ne tienne, l'humour n'a jamais tué personne. Hors le problème est que cette humour est un peu... gamin.
Car oui, les premiers épisodes filent et il faut bien l'admettre : le public visé est jeune, voir très jeune. C'est assez étonnant lorsque l'on sait que l'histoire se passe en enfer (qui n'a rien à voir avec l'idée qu'on s'en fait communément), mais ici, tout est "gaminisé". Du coup, la série perd énormément en crédibilité et en logique. A savoir, qu'il s'agisse d'anges ou de démons, leurs réactions seront à la fois bonnes et mauvaises, ce qui peut paraître déroutant dans un univers qui se veut en règle générale plus manichéen. Du coup, l'enfer, la terre et le paradis deviennent plus des sortes de "peuples", ce qui au final fait perdre beaucoup de saveur à la quête de Laharl.
La première partie de l'anime reste assez désagréable à suivre. Malgré un charadesign de qualité et des couleurs franchement agréable, l'escapade jusqu'au trône des enfers s'avère longue et ennuyeuse. Les épisodes s'enchaînent sans réel logique et leur contenu manque cruellement d'intérêt. De plus, l'animation est affreusement lente et donne l'impression que tout l'anime est en mode "Slow Motion". Enfin, l'anime se veut jouer la carte de la parodie et de la surenchère dans les émotions (genre le monologue du méchant, les répliques classiques), mais ne le pousse pas assez loin. On se retrouve donc assis entre deux chaises, à se demander si les auteurs se moquent ou s'ils sont vraiment sérieux et du coup pas crédible pour un sou.
Arrivé au 8e épisode, je me demandais vraiment si ça valait le coup d'aller jusqu'au bout de la série...
Et bien ma foi, oui. Car les derniers épisodes s'avèrent innattendus. En effet, alors que le scénario laisse penser que la série se terminera lorsque Laharl regagnera son trône, ce dernier y arrive assez rapidement. Du coup, on se demande bien qu'est ce que va nous réserver la suite du scénario. On est donc surpris, surpris par la tournure pas si évidente que prennent les derniers épisodes, ainsi que par la fin, que je trouve originale et pas aussi prévisible que le reste de la série pourrait laisser le croire.
Makai Senki Disgaea est donc une bonne surprise. Malgré un humour naïf et un univers mal exploité, on suit avec beaucoup de plaisir le fameux trio, surtout dans les derniers épisodes. Alors que le début ne vaut même pas la moyenne, la fin et sa tournure innattendu permette à l'anime de remonter dans mon estime et de lui accordé une note on ne peut plus correcte. Comme quoi... il faut parfois aller jusqu'au bout d'une série pour que celle-ci gagne en valeur.
Tiré d'un jeu vidéo, cette série a tout pour plaire. Les graphismes sont attirants, et le chara-design sort de l'ordinaire, car plusieurs genres peuvent s'y retrouver. En effet, que ce soit pour le trio des personnages principaux, ou les personnages secondaires, chacun est traité d'une manière spécifique qui permet d'accentuer son caractère, jusqu'à le rendre parodique.
Ainsi le prince démon se révèle être un gamin capricieux, incapable de tenir en place plus de deux secondes, toujours à mettre en place un plan démoniaque (nous dirons plutôt qu'il trouve une opportunité, et qu'il interprète de travers) pour conquérir les trois plans que sont l'Enfer, le Paradis, et le monde des humains, ce qui est son idée fixe. Jusqu'à son rire, tout chez lui est finalement ridicule.
Sa première "servante" démoniaque est plus douée et plus vicelarde, mais sa maladresse et son manque flagrant de puissance font qu'elle obtient souvent un résultat bien en-dessous de ses prétentions. Mais mon personnage préféré reste sans aucun doute Flonne, une apprentie ange dont on se demande bien comment elle a pu arriver jusqu'ici en un seul morceau. Totalement naïve, toujours à côté de la plaque (elle est la seule à s'émerveiller devant la beauté de l'amour alors que tout le monde met les voiles pour échapper à une explosion imminente), et connaissant parfaitement ses classiques scénaristiques, elle est finalement la vraie cruche de la série, mais on finit par s'attacher devant tant de "pûreté" (mais la vie finira bien par lui infliger un jour un revers qui la sortira de son monde rose bonbon à la Walt Disney...).
Les autres personnages sont tout aussi déjantés, chacun parodiant et détruisant à sa manière le rôle qu'il croit tenir à la perfection: du beau gosse au super héros (Capitaine Flam tu n'es pas de nôtre galaxie... ^^), personne ne sortira entier de cette série, pour nôtre plus grand bonheur.
Au final, Makai Senki Disgaea est une série totalement déjantée, dont le but avoué est de nous faire rire d'un bout à l'autre, en mettant à bas tous les classiques de l'animation Japonaise; du grand art en perspective, et une réussite totale, à regarder sans modération. Vous ne pourrez plus regarder une série Japonaise comme avant.