De l'univers Gundam émane de nombreuses séries tv et mangas, et ce depuis la première série diffusée au début des années 1980. Incontournable lorsqu'on parle de mécha au même titre que Macross, ici la série de 1985 Zeta Gundam a fait l'objet d'une adaptation en trois films d'animations de la part de Sunrise. Sorti en 2005, le premier film, A new translation, retrace la première partie de la série tv, du premier épisode au quinzième. Pour mieux comprendre "l'étendue" du film, il est recommandé d'avoir vu la toute première série (ou les trois films) et la série Zeta Gundam. Mais dans le cas contraire, le plaisir n'est pas gâcher pour autant.
Cette entreprise, celle de réadapter dans un format plus court une série, est loin d'être une première pour Sunrise et est quasiment le passage obligé d'une série Gundam à succès. Sauf qu'ici, vingt années séparent Zeta et ce film, et autant en terme de technique d'animation. Et c'est ça qui frappe l'oeil, dès la première alternance entre des plans de la première série de 1985 et d'autres complètement refaits avec la technologie d'aujourd'hui. Ce melting-pot est très audacieux, témoignant de la volonté d'accorder les fans de la première série, en clair les puristes, et les fans d'aujourd'hui.
Audacieux mais aussi presque sadique, on nous laisse miroiter ce qu'aurait pu être entièrement "refait" Zeta Gundam. Mais loin de cracher dessus, la qualité technique est de toute beauté, grâce notamment au contraste saisissant entre une animation séparée de deux décennies mais aussi parce que Sunrise a accompli un bon travail sur les scènes de combats entre méchas, très réalistes et très rapide.
La rapidité est le point fort et en même temps constitue le défaut principal du film. Même si les combats de méchas doivent représenter un tiers du film, le scénario avance à pas de géants ce qui floue totalement l'unité de temps. Les personnages débarquent et même pas le temps de dire "ouf !" qu'ils disparaissent. Cependant, avec du recul il aurait êté difficile de faire mieux lorsque l'on doit compresser une quinzaine d'épisodes en un film d'une heure trente.
En effet, c'est une réussite. L'éssentiel a été préservé, le choix des scènes a été judicieux pour conserver un fil conducteur : Camille Bidan. Le personnage principal évolue de manière crédible, et chose remarquable il n'obéit pas au fameux diktat gundamien du jeune ado fraichement pilote et terriblement doué. Certes doué, il l'est Camille, mais son talent est relativisé par celui des autres qu'il affronte, ce qui fait qu'on se retrouve dans les rapports de force a contrario des autres séries Gundam. D'autant plus que sa psychologie est merveilleusement bien soumise à l'environnement où il évolue. On sent vraiment que progressivement il perd ses repères voir sombre dans la folie, finalement un personnage très attachant dont on peut s'identifier facilement.
En conclusion, ce film est une petite réussite et divertie très bien son spectateur. Nul besoin d'être fan de mécha ou de Gundam, pour apprécier ce film d'animation. Aussi curieux que cela puisse paraître les deux autres films ne valent pas le coup, si ce n'est de savoir la suite...