NieA under 7 (NieA_7)

NieA under 7 (NieA_7)

Informations générales

Staff technique [liste]

Version française

  • Licencié: oui
  • Titre français: NieA under 7 - domestic poor @nimation
  • Editeur: Déclic Images

Doublage

Ayako Kawasumi (Mayuko Chigasaki), Yuko Miyamura (NieA)

Synopsis

Au 20ème siècle, les extra-terrestres cohabitent avec les humains. A part quelques caractéristiques, ils leurs sont assez semblables. Niea est l'une d'entre eux, elle fait partie de la classe des parias, ce qui provoque souvent le rejet par ses congénères.
Elle vit avec Mayuko dans un modeste "appartement" au dessus de bains publics. Mayuko est étudiante qui en plus de ses cours doit faire des petits boulot pour lui permettre de vivre. Niea, dont la seule préoccupation est de manger, bouscule sa vie déjà assez chargée...

#Par El Nounourso le 26/04/2010 à 13:33

J'ai été attiré vers cette série en suivant la piste de Yoshitoshi ABe, chara-designer original. A la réalisation, on retrouve d'ailleurs Tomokazu Tokoro (Haibane Renmei). Sur le papier, NieA_7 s'annonçait donc sacrément prometteur ! En réalité, et bien que la série dégage un certain charme, la déception est au rendez-vous.

Le truc à savoir, c'est qu'il s'agit d'une série "tranches de vie". Chaque épisode est un morceau de la vie quotidienne de Mayuko, étudiante fauchée et héroïne de l'histoire. Le problème, c'est que sa vie n'a vraiment rien de passionnant. Elle livre le journal le matin, travaille dans un restaurant le soir et étudie entre les deux (on ne sait pas quoi d'ailleurs). Il faudrait calculer la durée cumulée des nombreuses séquences dans le train ou le bus, c'est assez effrayant. Oh bien sûr Mayuko est assez attachante, car à la fois courageuse dans le boulot et maladroite dans ses relations sociales... Il n'empêche que l'on s'ennuie.

Constituée de 13 épisodes, la série se paye le luxe d'être particulièrement lente et répétitive. Si encore il y avait quelque chose à contempler ou des sentiments complexes à élucider, mais non. La cohabitation humains/aliens est devenue si banale que rien d'extraordinaire n'en ressort. On aurait pu imaginer un semblant d'aventure autour de la discrimination des "under" ou du vaisseau-mère, que nenni. Restent les personnages, plutôt bien croqués. Je pense surtout à la fillette du restaurant, plus mature que son père, et à la fameuse NieA, une sorte d'estomac sur patte ressemblant un peu à Ed de Cowboy Bebop.

Malgré son originalité et quelques bonnes idées, NieA_7 ne passionne pas. La mise en place d'un fil directeur aurait sans doute été plus pertinente que ces tranches de vie soporifiques. La série vaut uniquement pour trois ou quatre de ses personnages...

5/10

#Par Cheesus le 09/01/2009 à 22:33

Autant prévenir tout de suite, point d'action endiablée, de sentimentalisme larmoyant ou d'intrigues à tiroirs dans NieA_7. Cette série suit la vie plutôt banale, quoique teintée d'un zest de fantastique, de Mayuko Chigasaki, une étudiante fauchée passant son été entre son école de rattrapage pour l'entrée à l'université et ses petits boulots. Mayuko loge dans l'établissement de bains publics d'une petite bourgade de la banlieue éloignée de Tokyo. NieA, une jeune extraterrestre de caste inférieure, partage sa chambre.

Le décor est planté dans ce qui paraît être plus un village qu'une petite ville. L'endroit, un quartier pauvre, semble victime d'un exode progressif mais inexorable. La vie y est calme et paisible à l'image du rythme lent de la série, et presque anachronique tant les manifestations de la modernité s'y font rares. C'est là l'univers dans lequel évolue Mayuko, troublée par les choix et questionnements qui s'annoncent à cette période de sa vie.

Tout semble opposer les deux colocataires Mayuko et NieA, leurs relations sont électriques et donnent lieu à de véritables scènes de ménage. Mayuko est une travailleuse acharnée bataillant dur pour assurer sa misérable subsistance matérielle, honnête, droite dans ses bottes, mais sérieusement introvertie et honteuse de sa situation. Elle considère NieA comme un parasite. Celle-ci est exubérante, insouciante, paresseuse, vorace, fourbe et fière. En fin de compte, ces deux personnages se complètent comme le yin et le yang. Ainsi, Mayuko va progressivement prendre du recul et comprendre que ce qu'elle déteste dans NieA est probablement ce qui lui manque.

De NieA_7 se dégage une atmosphère forte, à la fois mélancolique et légère. Les scènes burlesques récurrentes, revivifiantes sans être de haut vol, évitent de sombrer dans la tristesse ou le misérabilisme. Ainsi les situations plus ou moins catastrophiques ne servent jamais à provoquer des émotions faciles, mais permettent de montrer que le quotidien des protagonistes est loin d'être aussi désespéré qu'il en a l'air de prime abord.

La série nous plonge littéralement dans la vie de Mayuko et de son entourage et nous en ressort à la fin tout aussi subitement. Ainsi quasiment aucune explication ne sera donnée sur de nombreux points mystérieux du scénario, comme par exemple la banalité de ces extra-terrestres aux formes humaines divisés en castes, ou ce qui arrive à ce vaisseau-mère caricatural littéralement planté au milieu du décor. C'est au spectateur à prendre cette histoire comme elle vient et à l'apprécier pour ce qu'elle est, une sorte d'invitation au carpe diem, un thème majeur dans cette série.

NieA_7 développe de nombreux autres thèmes, en particulier les problèmes d'intégration, de compréhension ou de discrimination liés aux cohabitations des cultures. Bien sûr, Chada le « faux Indien » illustre par ses gaffes ses difficultés d'intégration dans la société japonaise. Tout comme son alter-égo à la fin de chaque épisode, qui présente aux japonais des traits de culture indienne dans des séquences filmées absurdes et hilarantes. Plus subtilement, le système de castes des extra-terrestres, servant de support à l'arrivisme, à la rivalité, au mépris et à l'ignorance, explicite et dénonce des rapports sociaux bien réels. Ces aliens, tellement « humains », sont plus un prétexte à dérouler une critique sociale tout à fait terrestre, que des éléments d'un récit fantastique ou de science-fiction.

La ville et le village sont deux mondes différents, l'une tentant irrémédiablement d'absorber l'autre. Plus que des territoires, ce sont des modes de vie qui s'opposent. L'équipe constituée autour des bains Enohana tente ainsi avec l'énergie du désespoir de préserver son existence face à la montée de l'anonymat urbain individualisé. Car ces bains publics auxquels ils sont profondément attachés représentent à leurs yeux le tissu social qui les fait vivre, fait d'entraide et de débrouille, de malheurs et de joies. Au milieu cet univers considéré comme immuable bien que menacé à tout instant de disparaître, Mayuko cherche sa voie. Elle tente de se construire une identité qui fait sens, un lien entre futur et passé. Notons que cette question d'identité était déjà centrale, bien qu'abordée sous un angle complètement différent, dans Serial Experiments Lain, réalisé par les mêmes auteurs.

Le graphisme et l'animation, sans être exceptionnels, sont plutôt soignés. Le déroulement au style très classique est ponctué de scènes en SD (Super Déformé) ou de petites animations loufoques lors des passages humoristiques. Les musiques blues de la bande son mettent magistralement en valeur les différentes ambiances. Les génériques de début et de fin, qui ont leur atmosphère propre, poétique, se marient très bien avec le reste et sont tout à fait plaisants à suivre (ce qui est très rare, de mon point de vue).

Les personnages sont à la fois drôles, énigmatiques et attachants, et c'est avec plaisir que l'on suit leurs aventures au fil des épisodes. Mais c'est dans sa globalité que NieA_7 peut être pleinement appréciée. Sa construction intelligente, le traitement des thèmes développés et la douce mélancolie qui s'en dégage en font une série à la fois atypique et brillante.

9/10

#Par Starrynight le 24/02/2008 à 15:34

Après avoir visionné plusieurs œuvres de Yoshitoshi Abe (Haibane Renmei, Serial Experiments Lain et Niea_7), je commence à retrouver des éléments communs entre elles, une sorte de patte de l’auteur. Celui-ci aime nous plonger sans pourquoi ni comment dans une histoire en apparence banale, très proche d’un journal intime et de la description d’une vie quotidienne, si ce n’est qu’un élément fantastique y est ancré, indissociable de ce quotidien plus si banal. Ainsi Niea_7 nous mène sur les pas de Mayuko, jeune étudiante fauchée qui habite et travaille dans un vieil établissement de bains quasi déserté et au bord de la faillite. Jusque là, une scène comme il doit a priori en exister beaucoup au Japon. Sauf que dans le placard de sa chambre dort Niea, jeune extraterrestre blonde aux oreilles pointues, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle est à des années-lumière des « standards » de la Science-fiction concernant les aliens. En effet, Niea est dotée d’à peu près tous les défauts de l’espèce humaine : elle est entre autres goinfre, entêtée, casse-pieds, bruyante, cupide, faux jeton, malhonnête, irrespectueuse, flemmarde, sans scrupule et d’une mauvaise foi monumentale.

Tous ces personnages évoluent autour des bains d’Enohana, dans une petite ville de campagne située à proximité d’un cratère habité par des coreligionnaires de Niea (sauf qu’eux arborent en plus des antennes aussi esthétiques qu’une parabole à un balcon) ; une gigantesque soucoupe volante couchée sur le côté – le vaisseau mère (bosen) – occupant tout l’horizon. L’histoire est simplissime pour ne pas dire inexistante : Mayuko va à l’école, Niea va chercher une connerie à faire, Mayuko revient et trime aux bains, Niea trouve une nouvelle connerie à faire, Mayuko se sert la ceinture, mélancolise et râle sur Niea qui vient d’imaginer une dernière connerie à faire. Fidèle à lui-même, Abe nous construit un quotidien des plus mornes, transcendé par le fait que côtoyer des extraterrestres fausse forcément cette vie de tous les jours, laquelle y gagne une part de magie. Enfin, devrait, car il faut bien avouer – et c’est le gros défaut de cet anime – que l’ennui est lui aussi des plus quotidiens et que regarder l’épisode suivant demande un certain effort. Niea_7 s’échoue dans le Triangle des Bermudes de la narration soporifique, ce qu’avait réussi à éviter une série comme Haibane Renmei. Mais il faut dire que cette dernière série possédait deux atouts qui font malheureusement défaut à Niea_7 : le drame et une symbolique riche. Niea_7, lui, est un anime vide où il ne se passe rien pendant quasiment toute l’histoire et s’avère aussi passionnant qu’un visionnage de Derrick, l’enquête policière en moins. Seuls les 3-4 derniers épisodes voient des événements plus intéressants pointer leur nez et relever une sauce jusque là d’une fadeur sans pareille.

Heureusement, un autre aspect, qui lui est tout à fait inhabituel chez Abe, tente de transformer les bâillements en rires : l’humour, le burlesque. Niea_7 ose la parodie (les collègues de Niea sont tous plus ridicules les uns que les autres, ne serait-ce qu’avec ces antennes qui viennent tout droit des séries B de SF des années 70) et l’utilisation régulier du SD. Plusieurs personnages en tiennent une bonne couche, tant chez les humains (l’amie de Mayuko fan d’extraterrestres et de paranormal) que chez les ET maison (l’indien chef de la communauté qui profite des réunions pour faire goûter ses plats au curry) et des séquences sont réellement excellentes, voir par exemple Niea qui défonce le toit pour faire voler une soucoupe volante branchée sur secteur ou encore la version officielle selon laquelle c’est un éléphant furieux ou une poule kamikaze qui aurait fait ce fameux trou béant dans le toit.

Malgré tout, même si cet anime est émaillé de quelques bonnes trouvailles, il a vraiment du mal à passionner son spectateur et à ne pas donner la désagréable impression de pédaler dans le néant interstellaire.

5/10

#Par chimikcerise le 14/09/2005 à 20:55

J'ai été assez déçue par cette série, à vrai dire je n'ai même pas fini de la regarder car j'ai trouvé l'ensemble assez plat et qui manquait vraiment de piment comparé aux autre oeuvres de Abe. De même j'ai trouvé les graphismes beaucoup moins beaux et attirants que Lain ou Ailes Grises. Il y a néanmoins quelques bons moments, des petits truc par ci par la qui font qu'on ne peut pas dire que cette serie est nulle mais bon je ne lui trouve personnellement pas grand intérêt.

5/10

#Par Soul @ngel le 17/12/2004 à 22:23

Niea_7 est une série, comme souvent dans les productions d'Abe Yoshitoshi (Lain, Haibane Renmei...), complètement atypique. C'est une série assez intimiste car elle décrit la vie de Mayuko comme le ferait un journal intime. 
L'univers créé est très original, certains passages font penser à notre société contemporaine (lorsque l'action se déroule en ville) et tout les passages à la campagne, nous transportent dans un endroit un peu hors du temps. 
Niea_7 est empreinte d'une douce mélancolie et d'une certaine tristesse, un peu comme dans Haibane Renmei, mais quelques passages humoristiques viennent détendre l'atmosphère. 
Le chara-design est excellent, les dessins superbes avec de magnifiques couleurs. Niea et Mayuko sont toutes deux très attachantes et les musiques signées Yoshio Owa collent parfaitement à l'ambiance créée par Abe. 
On peut cependant reprocher un défaut à cette série: sa trop courte durée. En effet, elle dure treize épisodes mais la fin laisse en suspens trop de questions, il aurait été préférable d'avoir un ou deux épisodes supplémentaires pour donner quelques réponses. 
 
En conclusion, une série rafraîchissante, très agréable à voir. Si vous avez apprécié Haibane Renmei, jetez-vous dessus. Pour les autres, il est préférable de regarder quelques épisodes avant de l'acheter. Dommage que la fin ne réponde pas aux nombreuses questions.... 

10/10