Porco Rosso

Informations générales
- Format: Film
- Année: 1992
- Titre original: Kurenai no Buta
- Nombre d'épisodes: 1
Staff technique [liste]
- Studio d'animation: Studio Ghibli, Studio Pierrot
- Production: NTV, Tokuma Shoten
- Réalisation: Miyazaki Hayao
- Chara-design: Miyazaki Hayao
- Auteur: Miyazaki Hayao
- Musique: Hisaishi Joe
- Animation clé: Ôira Shinya
Version française
- Licencié: oui
- Titre français: Porco Rosso
- Editeur: Walt Disney Studios Distribution
Doublage
Shûichirô Moriyama (Porco Rosso), Akemi Okamura (Fio), Akio Ôtsuka (Curtis), Tokiko Kato (Gina), Hiroko Seki (Gramma), Sanshi Katsura (Le vieux Piccolo), Tsunehiko Kamijo (Le chef des Mamma Auito)
Synopsis
Dans l’Italie de l’entre deux guerres en proie au banditisme aérien et à l’expansion du fascisme, un ancien pilote des forces aériennes s’est mué en chasseur de prime afin de subvenir à sa vie de bohème. Il est peu à peu devenu une réelle célébrité auprès de la population, d’une part pour son habileté en tant que pilote d’hydravion mais aussi et surtout du fait qu’il se soit transformé en porc. Nous suivons donc les pérégrinations de ce héros pas comme les autres mais néanmoins charismatique, bourreau des cœurs, entre ses turpitudes avec la police italienne, les pirates de l’air et son passé qu’il cherche à enfouir.
Synopsis soumis par Descartes
#Par Kanapeach le 01/01/2012 à 18:04
Porco Rosso, le Ghibli qui en a dans le lard. Sorti en 1992, ce n’est que 20 ans plus tard que je lance ce classique du célèbre studio. C’est plein d’espoir et d’attente suite à mon visionnage de Princesse Mononoke que mon doigt appuie sur play et me voilà parti pour près d’une heure trente de plaisir.
Premier point qu’il me tient à cœur d’évoquer, l’aspect technique. Et là énorme claque car la seule chose que je pourrai reprocher à cette œuvre (et encore la version Blu-Ray a du y remédier), ce sont les couleurs un peu ternes, rien de bien choquant cependant. Pour le reste c’est du tout bon. Il s’échappe une certaine magie de l’univers présenté, magie à laquelle Miyazaki a fini par nous habituer, alors que le cadre historique dans lequel semble vouloir s’inscrire Porco Rosso est loin d’être idyllique (sur fond de fascisme et d’après guerre). On a donc une succession de décors enchanteurs avec ses îles paradisiaques, sa mer et son ciel qui nous transportent, non décidément rien n’est à jeter de ce côté.
Là où ce film fait un peu moins bien c’est dans son scénario. Car ce qu’il fait la force d’un Chihiro ou d’un Mononoke, c’est bien leur histoire. Evidemment ce n’est pas dans l’intrigue générale que se trouvait le génie, mais véritablement dans le fond, tout ce qu’on y trouvait à côté, toute cette histoire parallèle qui faisait qu’on accrochait totalement au concept. Et bien malheureusement, ici, ça n’a pas été le cas. On reste dans le cadre instauré sans s’y évader, vous suivez l’histoire d’un porc mercenaire de l’air et puis ça s’arrête là. Déjà, pourquoi un porc ? Pourquoi est-il comme ça ? Pourquoi le background à peine rappelé n’a pas eu le droit à un développement plus concret ? Je suis persuadé qu’il aurait été appréciable de nous en dévoiler un peu plus sur ce personnage des plus intriguant. Ajoutons une fin certes amusante mais qui pose encore d’autres questions et pas forcément satisfaisante.
Restent en revanche des personnages charismatiques avec une présence à l’écran impossible à remettre en cause. Marco, notre porc favori, a une classe comme on en voit plus. Bourreau de ces dames, c’est un peu l’italien pure souche (avec en plus le doublage français énormissime de Jean Reno) comme on en fait plus. A ce protagoniste principal viennent se greffer toute une série de personnages secondaires pour la grande majorité comiques, pour une minorité touchants, très sympathiques. Bref du Ghibli. Et surtout du Miyazaki en ce qui concerne le chara-design. Rien de nouveau à ce niveau, mais qui irait se plaindre de cette patte à la fois simple et terriblement efficace ?
Enfin, pour ce qui est de la bande-son, encore et toujours du bon. Les doublages japonais crédibles laissent place à un doublage français pas mauvais du tout où quelques noms connus de nous seuls se sont prêtés à ce jeu et ont su donner vie à nos amis 2Desques. Quant aux musiques, pas de pistes aussi marquantes que d’autres travaux du même studio, mais des musiques qui supportent bien les scènes se déroulant à l’écran. Variant entre joies, tension et amusement, ces dernières se défendent bien et font leur office de distraire, après tout c’est juste ce qu’on leur demande.
Conclusion : Porco Rosso un film à voir oui ou non ? La réponse est évidente, oui, c’est un long-métrage que je conseille. Tout y est bon, parfois même succulent, mais je n’ai pas réussi à retrouver à ce petit plus qui différenciait Chihiro, pour reprendre cet exemple, de ses congénères. Bon, voire très bon, mais pas excellent comme je l’espérais. Un 8, ça reste quand même très respectable finalement.
#Par Scalix le 07/05/2008 à 22:30
Nom d’un chien, Porco Rosso a seize ans cette année. Seize ans !
Et ce n’est pas pour autant que le vieux cochon vieillit mal ; au contraire, il se porte encore très bien, pour notre plus grand plaisir, ou du moins, dans le cas présent, pour le miens.
Les Ghiblis sont généralement basés sur des schémas assez similaires, et très rapidement, on s’y retrouve sans jamais constater de similitudes trop frappantes. Porco Rosso n’est pas tout à fait un Ghibli comme les autres, dans le sens où le personnage principal est un ancien pilote militaire, bien usé par la vie et frappé de lassitude constante. Tel un ermite désabusé, il se replie sur sa petite île déserte, avec comme compagnons son avion, son transistor, ses clopes et sa picole. Un homme, un vrai.
On est donc très loin du parcours initiatique de l’adolescent(e) et de son contact privilégié avec notre mère à tous, la nature.
Ici, même si les paysages sont somptueux et parfois même touchants, Porco Rosso n’est pas franchement écolo. La nature fait office de décor, et ne provoque pas d’immenses raz de marée à chaque fois que Porco jette ses clopes et fout de l’essence dans l’eau.
Le scénario est donc basé sur la phase durant laquelle notre cochon préféré va changer de vie. Avec ses rencontres régulières face à un syndicat de pirates particulièrement stupides et obstinés, accompagnées d’un pilote hors-pair qui débarque des USA pour lui éclater sa tronche, sans parler de la petite fille de Piccolo, son réparateur préféré, qui vient perturber son activité hormonale, tous les éléments sont réunis pour faire un excellent film, où l’action ne cesse jamais vraiment, où l’environnement demeure perpétuellement divin, et où l’ambiance nous donne des ailes.
Visuellement, c’est une tuerie, encore aujourd’hui. Les séquences de bastons aériennes sont hallucinantes de réalisme et de dynamisme. Il en devient presque grisant de voir tous ses pilotes tournoyer dans tous les sens avec une aisance déconcertante. D’autant plus que les avions sont tous super stylés, que ce soit le petit chasseur du particulier, ou le gros molosse façon B-17 abritant tout un équipage de pirates du ciel.
Le character-design est par contre clairement identifiable, du pur Miyazaki. Mais franchement, qui s’en plaindrait ? Les expressions des personnages sont extrêmement riches, le burlesque est omniprésent et on se marre souvent rien qu’à voir la tronche de certains protagonistes.
Les décors sont à pleurer. Les immenses étendues d’océan, parsemées de quelques rayons de soleil traversant d’épais nuages, le tout accompagné d’un minuscule vaisseau rouge traçant sa route « vers l’infini et l’au-delà » forme l’équation magique faisant jubiler le spectateur avisé. Evidemment, par cela, j’entends celui qui sait reconnaître et apprécier les travaux du maître Miyazaki à leur juste valeur.
Musicalement, Joe Hisaishi a tout donné.
J’avais le souvenir d’un style assez identique à chaque film du studio, mais là je dois bien avouer m’être totalement planté : Porco Rosso ne ressemble à rien d’autre sur ce plan là.
Les morceaux sont pêchus, collent à merveille à l’atmosphère classieuse et élégante de l’adriatique, avec leurs consonances italiennes.
Les séquences humoristiques, qui au passage le sont vraiment, sont accompagnées de musiques de cirque, un peu comme on peut en entendre parfois dans Paprika, pour ceux à qui ça parle. Quoiqu’il en soit, le tout s’écoute très bien et fait office de deuxième peau au film, tant l’ensemble est synchrone.
Inutile d’en dire plus, et de toute manière, ce qu’il y avait, selon moi, à savoir a été dit. Porco Rosso est une tuerie qui fera rêver tous ceux pour qui l’aviation fut un fantasme d’enfance.
Tout en simplicité, le film nous fait parcourir un très agréable périple, dans un univers absolument ravissant d’esthétique et de légèreté.
#Par Starrynight le 20/07/2006 à 19:44
Porco Rosso est un héros assez atypique chez Miyazaki. Tout d'abord, il est un adulte mûr au lieu de l'habituel enfant ou adolescent. Ensuite, il n'est plus tout à fait humain (ou du moins il occupe une place à part dans l'humanité), en raison de la malédiction qui l'a transformé en cochon.
Porco met d'ailleurs volontiers à profit sa particularité pour échapper à beaucoup de contraintes. Il s'est habitué à son aspect et ne cherche pas vraiment à rompre le charme.
Son pendant féminin, Fio, est plus classique mais néanmoins sympathique : jeune fille énergique et déterminée avec un grand coeur, un caractère bien trempé et teinté d'humour.
Comme dans beaucoup de ses films, Miyazaki nous présente une histoire sans bons ni méchants. Les pirates de l'air sont plus drôles et ridicules que dangereux, Porco lui-même n'est pas blanc comme neige, seul le fascisme et la police fasciste en particulier sont un véritable ennemi. Cependant, ils interviennent très peu et servent plus de toile de fond dans un cadre historique.
Porco Rosso est d'ailleurs un des rares films de Miyazaki (avec Mononoke, mais dans ce dernier film, la période est plus vague) résolument inscrit dans un cadre spatio-temporel précis : l'Italie de l'entre deux guerres, caractérisée avant tout par le design de ses hydravions et par une Adriatique un peu anarchique où s'affrontent des pirates de l'air et des chasseurs de prime.
Ce film a également un parfum nostalgique, un peu romantique, avec sa musique des années 30 et l'hôtel Gina, havre de paix pour les aviateurs qui s'y retrouvent pour évoquer l'âge d'or révolu de leur profession. On y trouve également un air de conte de fées où Fio joue le rôle de la princesse.
Marque de fabrique des studios Ghibli, les paysages et l'animation sont splendides. J'aime tout particulièrement cette scène paisible à la tombée du soir où Porco survole la côte avant d'être rejoint par Curtis qui le défie.
Miyazaki peut ici développer à loisir sa passion des avions et des aviateurs, dont Fio résume si bien l'esprit lorsqu'elle défend Porco et son hydravion devant les pirates.
Une oeuvre à découvrir absolument.
