Rémi Sans Famille

Rémi Sans Famille

Informations générales

Staff technique [liste]

Version française

  • Licencié: oui
  • Titre français: Rémi Sans Famille
  • Editeur: Déclic Images

Doublage

Masako Sugaya (Remi), Yousuke Kondou (Vitalis), Hiroko Suzuki (Baruburan), Jukichi Uno (Narrator), Junpei Takiguchi (Dorisukoru), Kaneta Kimotsuki (Patricia)

Synopsis

Rémi coule des jours paisibles aux côtés de sa mère à Chavanon, petit village du Massif central, jusqu’au jour où il découvre la vérité sur ses origines dans des circonstances dramatiques. Victime d’un grave accident sur un chantier où il travaille à Paris, son père a besoin de beaucoup d’argent pour intenter un procès à son employeur, en vain. De retour au pays et aigri, celui-ci constate avec colère la présence de l’enfant qu’il avait trouvé puis recueilli huit ans plus tôt, songeant alors le confier à un orphelinat. À l’insu de sa femme, il décidera de le vendre au Signor Vitalis, un comédien ambulant, plongeant la malheureuse dans un profond chagrin.

Ainsi commence pour Rémi un très long périple qui le conduira sur les traces de sa vraie famille…

Synopsis soumis par birdy

#Par Cloud93 le 21/01/2010 à 23:54

Un anime culte que j'ai pris plaisir à redécouvrir en DVD. C'est le genre d' anime qu'on ne voit plus aujourd'hui, ce genre d' animes à la Lady Oscar ou Ashita No Joe qui ont quelquechose en plus que d'autres séries. Un truc "poétique", notamment par la patte graphique.

Même si le style fait vieux, à l'instar d'un Lady Oscar, je n'ai pas eu de mal à m' immerger.

L'histoire est vraiment prenante, elle s'adresse aux petits comme aux grands. Remi sans famille, c'est une histoire qui ne fait pas de concessions: elle est dure, parsemée de moments tristes mais aussi de moments de joies et d'espoir. C'est un récit vraiment touchant.

L'évolution de Remi est très intéressant et toutes les épreuves qu'il va subir vont lui forger un caractère d'homme, comme dirait Vitalis.
On ne prend pas les enfants pour des idiots.

Les personnages sont très attachants, notamment les animaux qui suivent Remi. On découvrira toutes les facettes de l'etre humain dans Remi Sans Famille, de la plus sombre à la plus généreuse.

La musique est magnifique. La chanson de Vitalis en italien qui est absolument sublime.

Pour conclure, cette série n'a pas pris une ride; elle me touche toujours autant.

9/10

#Par birdy le 22/10/2009 à 22:41

Si vous aviez comme moi une dizaine d’années dans la première moitié des années 80 et que vous consultez ce site, il est probable que vous conservez un souvenir ému des animations nippones diffusées alors à la télévision, dont quelques unes sont devenues des références incontournables – ou « cultes » : je traduis pour les plus jeunes !

Pour ma part, ne vivant pas en France à cette époque, je les ai découvertes avec grand plaisir ultérieurement, et même à l’âge adulte. Fort heureusement, échappant à un vide existentiel – d’accord, j’exagère ! –, il y en a au moins une que j’ai pu regarder et apprécier à l'occasion d’une rediffusion dans l’émission « Croque Vacances » sur TF1, durant l’été 1986. Je veux bien sûr parler de celle qui nous intéresse ici, « Rémi Sans Famille », adaptée du célèbre roman « Sans Famille » de Hector Malot (1830-1907).

Compte tenu de cette entrée en matière, vous allez sans doute me soupçonner de manquer d’objectivité dans la rédaction de ma critique. Autant le dire franchement, je ne vais pas chercher à dissiper ces soupçons, et tenter bien au contraire de vous convaincre de regarder ce chef d’oeuvre de toute urgence, si ce n’est pas déjà fait.

Le scénario respecte assez scrupuleusement l’oeuvre de Hector Malot, excepté l’épilogue qui a été légèrement modifié (j’y reviendrai plus loin). Dans ces conditions, il n’est pas utile de dissocier la critique de l’animation de celle du livre.

Bien que l’auteur ait écrit une soixantaine de romans, seuls ceux pour enfants sont passés à la postérité, « Sans Famille » paru en 1878 étant de très loin le plus connu. L’histoire du petit Rémi, l’enfant trouvé, est caractéristique d’une littérature propre à la deuxième moitié du 19e siècle, dénonçant avec force les injustices sociales criantes et l’exploitation de la misère. En ce sens, même s’il s’adresse avant tout à de jeunes lecteurs, l’analogie de ce roman avec certaines œuvres de Victor Hugo ou de Émile Zola est assez évidente. Cette comparaison doit cependant être nuancée, dans la mesure où il prend également la forme d’un « conte philosophique » dépassant les clivages sociaux, Rémi découvrant finalement qu’il est issu d’une riche famille aristocratique anglaise à laquelle il a été enlevé à la naissance.

En dépit de ce destin tragique, Rémi sera élevé par sa douce « maman Barberin », puis éduqué par le bon « maître Vitalis » pour qui il deviendra comme un fils. Cet homme au passé mystérieux lui enseignera tout ce qu’il sait, et lui inculquera surtout des valeurs qui en feront une personne responsable et indépendante. Rémi connaîtra de nombreuses aventures qui, tout en le confrontant à la réalité parfois bien triste du monde qui l’entoure, comporteront aussi des moments de bonheur partagés avec ceux qui deviendront ses amis. L’épilogue – dans l’animation uniquement – résume très bien ce paradoxe : après avoir si difficilement retrouvé sa famille et goûté à une vie confortable durant un hiver, le manque de liberté incitera notre héros à reprendre la route, pendant un laps de temps qui n’est pas précisé, en compagnie de son ami Mattia. Cet intermède très symbolique n’existe pas dans le roman, lequel insiste bien plus sur le devenir, dix ans plus tard, de tous les protagonistes, parents et amis compris.

Sur le plan technique, juger aujourd’hui une animation datant de plus de 30 ans est assez délicat, et requière à tout le moins un minimum d’indulgence. Vous relèverez certainement ici ou là des approximations au niveau du graphisme, et des simplifications dans le déroulement de l’action, mais l’ensemble reste de très bonne facture. Les émotions des personnages sont rendues avec beaucoup de justesse, et les moments d’intensité dramatique sont généralement marqués par des arrêts sur image du meilleur effet. Les plus observateurs remarqueront de nombreux plans « vertigineux » et des superpositions d’images, qui s’expliquent par une réalisation originale en 3D : vous devez utiliser des lunettes équipées d’un filtre vert d'un côté et neutre de l'autre pour en profiter. Enfin, le générique reflète bien les sentiments mélangés qui se dégagent de l’histoire, avec un tempo lent emprunt de tristesse et de mélancolie précédant un tempo rapide exprimant la bonne humeur et l’amitié – pour l’anecdote, notez les intonations de « titi parisien » du jeune chanteur dans la version française !

Cette superbe adaptation d’une œuvre qui aura marqué des générations d’enfants ne s’est pas démodée au fil des années. Il est impossible de ne pas éprouver une grande sympathie à l’égard du personnage principal, auquel chacun s’identifiera aisément dans ses joies comme dans ses peines. Puisqu’il faut bien noter l’animation – quelle vulgarité ! –, je vais laisser parler mes sentiments et lui attribuer la note maximale.

10/10