Dommage. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit en parlant de ce manga.
Dommage tout d’abord car même si l’idée de départ est alléchante : une jeune fille toute mignonne et glauque de surcroît assez intelligente, partagée entre sa vie de petite fille bien réelle et de fantôme, étant à la recherche de sa mère disparue ; l’histoire devient rapidement difficile à cerner.
On est à la fois dans un flottement continu où on ne sait pas vraiment à quel pan du scénario se raccrocher et en même temps face à un trop plein d’informations se mêlant toutes les unes aux autres, on a une impression de tourner en rond, jusqu’à embourber l’avancée du manga, et ce, malheureusement du début à la fin.
Au niveau graphismes c’est un peu la même chose, le manga a donc au moins le mérite de conserver une certaine constance dans ses défauts. Le dessin est assez brouillon et ne nous permet pas d’apprécier l’histoire dans son intégralité en nous faisant buter sur la multitude de petites incohérences parsemées ça et là.
J’ai été beaucoup déçue par la fin, on est encore pleinement dans le manga et celle-ci arrive brusquement et plus que maladroitement. Bref s’il y a une œuvre à lire de Kei Toume ce n’est sûrement pas celle-là.
Acony est l'exception qui confirme la règle. Toutes les autres oeuvres de Kei Toume que j'ai pu lire m'ont touché mais pas celle-ci.
Alors que Luno, Fugurumakan Raihoki ou encore les Lamentations de l'Agneau avaient un univers propre, plein de poésie et d'émotions, Acony est étrangement dénué de tout celà. L'atmosphère est plate, insipide, bien loin de la mélancolie habituelle de l'auteur. Peut-être est-ce du au lieu? En effet, l'action se passe dans un "immeuble fantôme" mais la mangaka n'insiste pas assez sur cette histoire de fantôme ou le fait maladroitement. Du coup, on ne rentre jamais parfaitement dans la lecture de ce manga.
Ensuite, les personnages manquent de profondeur et se contentent de reprendre des styles déjà vu. Un garçon indépendant et une jeune fille triste et solitaire. Ok, ce sont des persos récurrents dans l'univers toumien mais il ne s'en dégage aucun attachement et le lecteur ne s'attarde pas sur nos 2 jeunes héros. Il en va de même pour les autres antagonistes qui traversent ce one-shot. Potentiellement intéressants, on ne les voit pas assez. Le scénario se contente de tourner autour du passé de la jeune fille mais révèle les éléments de réponse bien trop vite. L'histoire perd son intérêt rapidement. Celà se voit aussi par la fin qui tombe comme un cheveu sur la soupe. Les fins ouvertes ne sont pas habituelles chez la mangaka et ce style ne lui réussit pas.
Le dessin est classique, avec toujours les mêmes effets, surtout chez les filles. Regards froids, cheveux très noirs, teint pale. Les hommes aussi se ressemblent avec un visage inquiet, et un regard abattu. Donc, de ce coté, je n'ai rien à redire. Si, peut-être sur le décor qui est vide, ce qui n'est pas habituel. Ca ne choque nullement et je dirais même que celà ajoute un charme certain.
Acony est un manga maladroit, sans fin et au scénario décousu. Il a au moins le mérite de prouver que Kei Toume est humaine, elle ne réussit pas tout ce qu'elle fait.