Quand j'ai vu que c'était Ken Akamatsu, je me suis jeté sur ce manga en anticipant mon plaisir. J'aurais mieux fait de rester dormir.
Ce manga est paru avant Love Hina avant d'étre réédité un peu après (la nouvelle version contient 8 tomes au lieu de 9) et je dirai que c'est le brouillon avant le chef d'oeuvre. AI non-stop est imparfait à beaucoup d'égards.
L'histoire est trop simplette et j'ai eu un sentiment de déjà-vu. Ca vous rappelle rien une fille qui sort d'un écran, un peu cruche et qui fait les 4 volontés d'un héros-looser. Oui c'est bien l'histoire de Vidéo Girl Aï (avec quelques différences. Cette fois, la jeune fille ne sort pas d'une cassette mais d'un ordi). J'ai vraiment cru voir un remake (Vidéo Girl Aï est paru juste avant). Le problème est que AI non-stop est bien moins consistant et l'intrigue ne décolle jamais.
Le héros est classique: looser, pas un canon et ne rêve que d'avoir une jeune fille obéissante à ses côtés. Satie n'est pas plus dégourdie (un peu comme Belldandy dans Ah! My goddess) et son insouciance est même irritante à force. D'ailleurs sa "soeur" ne vous rappelle pas quelqu'un? Oui, c'est Urd (de Ah! my goddess) à s'y méprendre. Je n'avais pas l'intention de faire une comparaison mais avouez que les ressemblences avec d'autres persos sont frappantes. Il y a d'autre persos plus ou moins intéressants qui apparaissent dont une "méchante", la reine du lycée qui rend fou tous les hommes....... je sais, ca vous dit quelque chose (Sayoko dans Ah! my goddess).
Le design est hésitant et pas très joli mais j'ai vu pire. On arrive à reconnaitre la patte de Akamatsu (si on a lu Love Hina avant bien sur). C'est moyen, ni plus ni moins.
Ce manga est un mélange entre Ah! my goddess et Vidéo Girl Aï sur beaucoup trop de points et j'ai trouvé celà fort décevant. Je ne sais pas si c'est fait exprés mais Ken Akamatsu ne s'est pas trop foulé pour trouver ces idées. Ce n'est qu'un vulgaire copier/coller sans la moindre inventivité.
Ai ga Toremanaï est un grand classique désormais de Ken Akamatsu, qui a été tardivement diffusée en France (après Love Hina en tout cas) par Pika, dans une édition tout aussi soignée.
En 8 volumes, Akamatsu dresse le portrait d'un lycéen doué en informatique qui parvient à matérialiser trois IA féminines... C'est très léger, et en fait, les mêmes défauts de Love Hina ressurgissent ici.
Le coup de crayon de l'auteur n'est pas à remettre en cause, quoique l'oeuvre soit moins aboutie artistiquement que LH... Mais bon, on peut en dire autant des premiers tomes de City Hunter de maître Tsukasa Hojo ! L'histoire en fait n'a pas réellement de scénario, et les personnages qui la traversent épisodiquement (le hacker, la copine de classe, la rivale) servent dans un chapitre, et basta. Sous-employés, ces personnages rendent l'histoire trop décousue pour être intéressante. Voilà mon humble opinion.
Un très gros regret : la fin, qui est abrupte et aurait largement mérité un étalement sur plusieurs tomes. Contrairement à Love Hina où tout est presque couché à partir du volume 13, il y a encore de la marge dans AGT ! Beaucoup de mystères persistent. Beaucoup trop ! En une dizaine de pages, l'auteur met un terme à deux tomes supplémentaires qui auraient été nécessaires pour clôturer une histoire mal démarrée, mais devenue attendrissante avec une N°30 qui s'humanise et dont les traits s'adoucissent. Il est intéressant aussi pour ceux qui bossent sur le dessin de voir l'évolution des traits d'Akamatsu entre les différents tomes.
Enfin, j'ai perçu parfois quelques scènes (double punch) des préludes à Love Hina... Kitsune vaut par exemple Twiny... Amusant, pour les fans de Akamatsu ou ceux qui aiment bien son coup de crayon (je fais partie de la seconde catégorie).
5 car l'histoire est banale et l'humour particulier, la fin est un échec scénaristique... Mais c'est du Akamatsu !