Avant tout et pour rétablir une erreur courante faite par ceux qui ne font que lire le manga en lui même , battle royale , c'est avant tout un roman , sacré nom d'une pipe , et certainement pas un film , apparu bien après, n'est-ce pas byakuya.
Un roman magnifique et gore , et contrairement a ce que l'on pourrait croire , parfois plus gore que le manga , qui quant à lui insiste bien trop sur le "sexuel" à mon goût. Car si le manga n'est pas à mettre entre toutes les mains au risque d'un effet "scream", le roman est quand à lui à interdire aux personnes sensibles ou trop patriotes. Peu de modifications sont apportées entre le roman et le manga , et elle reste la principale ; les ébats sexuels des protagonistes , principalement de Mitsuko Sôma , ponctuent le manga , et on tombe vite dans un côté mi-obsédé mi-lourdingue. Sinon , les différences entre le manga et le roman sont principalement les flash-backs , ajoutés par le mangaka mais corroborés par l'auteur du roman , Koushun Takami, ou de légères modifications du scénario.
Quand au manga lui-même, il faut le dire, le dessin, très particulier, peut-être un peu trop "américain" ne satisfait pas tout le monde, bien que j'y adhère totalement de façon personnelle, car on sent bien que cette américanisation n'est pas intentionnelle, malgré le fait que le héros, Shuya Nanahara, ressemble davantage au jeune rocker typique des années 90 plutôt qu'au jeune japonais habituel. Mais au final, ça passe tout seul, et même ceux que le dessin rebutent apprécieront l'histoire et le train d'enfer qui caractérise le mythe battle royale , autant le roman que le manga et a postériori le film ( bien plus récent , rappelons le pour certains !!!! )
Pour finir, le sujet de battle royale en lui même (pour les feignants ne souhaitant pas lire les 800 et quelques pages du roman) parait très choquant car placé dans un monde compossible mais actuel, et finalement, on finir toujours par se dire " mais bon sang , on en est pas si loin que ça .... ça peut arriver dans notre monde ! " Les personnages représentent d'ailleurs un panel très varié des différents êtres humains réels ( du simple jeune groupie ou rocker au malade mental aggravé en passant par le génie de l'informatique ou le nabot en retard sur sa croissance ) et visibles par tout un chacun dans notre société actuelle. Il reste d'ailleurs amusant de noter que tout ce joli petit monde se retrouve dans la même classe d'une grosse quarantaine d'élèves (qu'une erreur de traduction a réduit à la 3eme - car le terme réel est "3eme année" ce qui correspond à une terminale occidentale - ce qui explique mieux le physique et les réactions des protagonistes. )
Le manga , comme le roman ( qui mérite un gros 10/10 ) dénonce a merveille les perversions de nos sociétés ainsi que les différents malaises de la jeunesse, mais biaise légèrement par certains côtés , comme le sexuellement censurable qu'il met en exergue, ou aussi l'agaçante tendance des personnages principaux à vider leur glandes lacrimales et à chialer à la première occasion ; on notera le fait que le héros parait de plus en plus secondaire au court du récit , autant sur le plan scénaristique que charismatique ; on s'attache beaucoup plus aux personnages secondaires , qui meurent tous les uns après les autres , qu'au couple des deux héros qui survit ; mais ce côté était déjà bien présent dans le roman .
Au final, d'un point de vue totalement personnel , ce manga d'exception ne remporte pas la palme des dix points par une trop grande tendance à la "pseudo-pornographie" et au tout-snif. Bien que tout colle pour en faire une immense et cultissime série , ces deux "problèmes " récurrents et le dénouement de certaines "vies" par des morts rarement salvatrices tombant du mythe au pathétique ( surtout celle de Mitsuko , femme fatale dont la mort tombe dans le total ridicule ) et parfois une exagération trop marquée ( comme le "problème de bras " du "grand méchant" ) font perdre un point à ce superbe manga, mais un seul, et pas plus .
Le film m'avait beaucoup plu pour son coté politiquement incorrect qui manque à beaucoup de film. c'est donc avec une certaine appréhension que je me suis décidé à lire le manga du même nom. Mon constat est sans appel: le manga est bien meilleur.
Pas de surprise, l'histoire est la même mais elle n'a pas ce gout d'inachevé que l'on pouvait avoir à la fin du film et ce, pour une raison très simple. La psychologie est plus travaillée, ainsi, chaque personnage est étudié sous toutes les coutures possibles, individuellement comme en groupe. Il ne s'agit plus uniquement de Shuya et Noriko mais de toute la classe. Tout au long de l'aventure, on les observe avant et pendant le massacre qui s'organise gentiment. Alors que le film était déjà bien sadique, le manga l'est encore plus car il montre une classe, ou plutôt des groupes très soudés, explosés dans ce jeu cruel où la loi du plus fort s'inscrit naturellement. Chacun d'eux vit l'expérience différemment mais au fil des tomes, on sent la folie les gagner et leur instinct de survie prendre le dessus sur l'amitié. Plus exactement, certains dévoilent leur véritable nature de psychopathe en herbe. La raison qui les pousse à tuer parfois leurs amis est propre à chacun: protéger quelqu'un, volonté de gagner, prouver sa valeur aux autres et à soi-même, passer le temps.
Evidemment, les héros dignes de ce nom cherchent à protéger des personnes qui leur sont chères comme ce brave Shuya, un peu moins énervant que dans le film, qui sert de chevalier servant à Noriko qui serait morte 20 fois sans son soupirant dévoué. Voilà pour les 2 principaux mais je dirai d'un point de vue général, les protagonistes sont trop nombreux. En effet, chaque tome passe en revu un ou plusieurs personnages, en détaillant presque trop son passé. Ce n'est pas vraiment un reproche car ce domaine est parfois le grand oublié des mangas et animés mais il y a une quarantaine d'élèves ce qui fait beaucoup, surtout que les histoires ne sont pas toujours intéressantes. L'auteur se serait contenté des personnages principaux, en survolant un peu plus les secondaires, je pense que le manga aurait gagné en clarté.
Par contre, j'en apprécie 2 particulièrement: Kiriyama et Mitsuko. Ils étaient déjà excellents dans le film mais ils rayonnent dans la version papier. Kiriyama, au lieu d'être fou, devient froid et sans âme, ce qui le rend encore plus inquiétant. Mais contrairement au film, il apparait comme attachant quand on sait le pourquoi de son état. La folie est remplacée par la fatalité. Et ce cas s'applique aussi à Mitusko qui de démone passe à victime. Son histoire est la plus dur et la plus détaillé car l'auteur préfère laisser le doute sur Kiriyama plus longtemps, chose que je comprends tout à fait. Elle est la plus seule du groupe et la plus en manque de tout ce qu'un enfant doit avoir. Perdue dans un monde qui semble la renier, elle cherche un moyen de survivre, parfois en totale contradiction de ce qu'elle souhaite au plus profond d'elle même. Quelque part, la situation de Kiriyama peut se traduire aussi sous la forme d'une quête car lui aussi a perdu une chose vitale. Je ne les vois plus comme des tueurs sanguinaires mais comme des victimes d'un monde qui ne leur a pas fait de cadeau.
Le dessin est sans conteste le grand défaut de Battle Royale. Certes, on pourrait y voir une certaine originalité mais pas moi. J'ai souverainement détesté les personnages qui sont tous aussi moches les uns que les autres. Là encore, Kiriyama et Mitsuko sont les 2 seuls gagnants car ils arrivent (difficilement certes) à dégager quelque chose. Même le décor n'est pas toujours esthétique mais c'est le seul point qui peut sauver le dessin, bien qu'il soit tantôt trop vide, tantôt trop brouillon.
Malgré un dessin auquel je ne suis pas sensible, Battle Royale est un bijou par son politiquement incorrect, sa psychologie travaille et son histoire passionnante. Le film et le manga sont relativement proches mais ce dernier est de bien loin supérieur à la version cinématographique. Ce n'est pas à mettre entre toutes les mains pour la brutalité de certaines scènes. Mais dès que vous aurez l'age, foncez lire cette oeuvre qui ne vous laissera pas insensible. Je mets 8 pour pénaliser le dessin.
Une série bien sympa, enfin sympa n'est pas forcément le terme le plus adapté...
J'ai eu beaucoup de mal à adhérer à Battle Royale, du mal à se plonger dans l'histoire, crédibilité des personnages, et surtout le dessin, bref tout me rebutait sauf... l'histoire.
Avide de connaître la suite, j'ai su commencer à me faire au dessin et à l'ambiance. Il en sort un manga très glauque et qui vous retourne l'esprit (comme dit précédement on ne regarde pas nos amis de la même manière), on arrive même à se demander "et si ça m'arrivait, qu'est-ce que je ferais ?".
Bref un bon manga mais à ne pas mettre entre toute les mains...
Jusqu'où êtes-vous prêt à aller pour survivre ? Enfin un manga qui tord le cou aux clichés reçus du genre : "je suis prêt à mourir pour mon meilleur ami". L'ambiance est glauque à souhait, la nature humaine exposée dans toute sa perversité, et on en retient une bonne leçon : personne ne sait jamais comment il va réagir. L'instinct de survie collective ou individuelle, personne ne sait jamais lequel va le pousser à agir. Attention, méfiez-vous, vous pourriez regarder votre meilleur pote de travers après ça ! Le film du même nom est excellent. Mais évitez de manger quelque chose de trop lourd si vous avez l'estomac sensible...
C'est le genre de manga réservé à un public averti (sinon votre petit frère de 6 ans vous semblera bizarre). Une histoire à la Higlander (il ne doit en rester qu'un) pour un suspense des plus appréciables. Un conseil : ne pas trop s'attacher aux personnages. Mon coeur a eu pas mal de remous à chaque fois que je tournais une page. La méthode: on se fixe sur un personnage, on voit son passé, sa vie avant qu'il atterrisse sur cette saleté d'île et enfin, comment il va mourir. Paradoxe : pourtant la force qui se dégage de ce manga est son message. Il ne faut pas perdre espoir et toujours, toujours aller de l'avant. Une belle leçon de vie, non ? De l'action et de la réflexion, avec un soupçon de sentiments pour relever le tout. Mon mélange idéal.