Dômu - Rêves d'Enfants

Informations générales
- Auteur: Ôtomo Katsuhiro
- Origine: Japon
- Année de création: 1983
- Titre original: Dômu
- Nombre de volumes: 1
Version française
- Licencié: oui
- Titre français: Dômu - Rêves d'Enfants
- Editeur: Les Humanoïdes Associés
Synopsis
Des morts successives et surtout inexpliquées touchent un quartier résidentiel plutôt paisible. La police bute complètement et n'arrive pas à percer le mystère qui entoure cette affaire.
Synopsis soumis par Gemini no Saga
#Par Sacrilège le 18/10/2008 à 18:54
Selon le synopsis de la quatrième de couv, ce manga est, je ne cite pas : « quelque chose de ressemblant à une formidable enquête policière avec des meurtres à foison et un suspect insuspecté ». C’est assez flatteur n’est-ce pas ? Toujours est-il que le synopsis était bien et semblait projeter le spectre d’un manga admirable. Emplie d’espoir d’avoir enfin trouvé un manga correspondant à l’enquête policière quasi parfaite que je cherchais, j’ai tout de suite commencé à le lire.
On est en pleine action dès les premières pages : une vingtaine d’accidents mortels ont déjà eu lieu dans un même ensemble d’habitations. Cool. Ça va être intéressant ; en plus il y a plus d’une 300aine de pages, c’est évident on va avoir droit à une enquête qui tue.
Non.
C’est franchement dommage, il y a un bon départ mais finalement pas vraiment d’investigation. Tout s’explique simplement, et presque dès le début, par le surnaturel. Je suis navrée mais résoudre un problème de fantômes qui possèdent les âmes des gens et qui flottent dans les airs, ce n’est pas ce que j’appellerais communément une enquête (enquête, enquête, enquête, c’est bon je l’ai tellement répété que ce mot n’a plus aucun sens à mes yeux).
A part ce léger quiproquo de base, je n’avais pas vu la présence du mot « fantastique » sur le manga - que je n’ai toujours pas vu d’ailleurs – je n’ai aucune autre raison de critiquer négativement ce one-shot. Tout d’abord niveau graphismes c’est très très bien fait, avec beaucoup de noirceur par moments mais dans les moments adaptés et en de proportions respectables ; ensuite l’histoire, surnaturelle certes (qui m’a au passage fait penser à Bienvenue au Gamurakan), mais sans temps morts du début à la fin de l’intrigue et qui parvient sans problèmes à capter l’attention même si l’on nage parfois dans un flou psychologique. Et dernièrement, le suspense, qui est tout aussi présent. On s’attend à voir de nouveaux morts, ils arrivent, mais d’une telle façon que le suspense reste planant autour des différents événements.
C’est donc un bon livre dans le sens où on ne pense pas au temps perdu en l’ayant lu vu que ce temps n’étant pas du tout perdu.
#Par watanuki le 24/04/2008 à 12:49
N'étant pas pas particulièrement amateur d'Otomo, j'ai acquis la nouvelle édition des Humanos avec un peu de scepticisme, séduit plus par le prix que par autre chose. Quoi qu'il en soit, après lecture, on est forcé de constater que ce one-shot est un vrai chef-d'oeuvre, maîtrisé de bout en bout.
Otomo parvient à capter avec talent l'ambiance étouffante de la vie d'un quartier logeant les classes moyennes : vieillesse et jeunesse y cohabitent, ragots, bassesse et mélancolie transpirent des murs de béton, provoquant frustration et ennui. Sur ce terreau stérile le mangaka bâtit une intrigue excellente parce qu'elle joue sur un contraste extrême entre la banalité de vies souvent déprimantes et la possibilité pour certains élus de jouer avec ces vies pour littéralement tuer le temps.
Y a-t-il une dénonciation des conditions de vie dans ce type de quartier ? Pas sûr. Toujours est-il qu'en plantant le décor entre quatre barres de béton Otomo crée un huis-clos parfait, avec la possibilité de faire appel à un nombre infini de protagonistes qui servent en fin de compte de poupées aux héros de cette histoire. Tout proportion gardée, Domu est tout à fait comparable à Amer Béton dans la façon qu'il a de présenter un quartier comme un gigantesque espace de jeu où la morale n'a plus droit de cité et où la seule volonté suffit à créer les limites d'influence d'une personne. Mais Domu choisit le minimalisme là où Amer Béton choisit de toujours tendre plus vers le symbolisme et le mysticisme : Otomo fait le choix du réalisme absolu, cela lui permet de dépeindre les héros de façon encore plus incroyable, ils paraissent simplement effrayants dans cet univers banal, nettement plus terrifiants que les personnages d'Akira, parce que cette fois-ci ils ont prise sur notre réalité, pas sur une réalité alternative de science-fiction.
Parallèlement à ce fantastique occasionnel mais parfaitement rendu, les aléas et les errements de l'enquête policière sont représentés avec talent, on suit cette histoire comme on lirait un bon polar. L'excellence demeure, on referme le livre en n'ayant pas obtenu toutes les explications, mais une chose reste sûre : le titre est un indicateur précieux. Ces "rêves d'enfant" ont quelque chose de nettement plus puissant et terrifiant que nos rêves d'adulte... et vouloir tout expliquer reviendrait à perdre tout l'onirisme de cette histoire.
Entre rêve et réalité, cauchemar et fantastique, Domu est un chef-d'oeuvre du manga, le pendant parfait de la série TV Paranoia Agent.
#Par Mortis Nova le 31/01/2005 à 21:57
Exellent, magistral, superbe.
Les synonymes sont nombreux pour définir cette oeuvre du manga.
Dans le style d'Akira, Otomo le Génie nous place dans une cité, victime de meurtres aux circonstances étranges. Dans ce one shot terrifiant d'efficacité, vous serez emmené dans un scénario mêlant intrigue policière et fantastique, des personnages multiples et tous intéressants, des décors architecturaux impressionants de justesse et le trait classique mais tellement stylisé de l'auteur-légende.
Un manga noir, terrible, presque malsain, mais incroyablement prenant et efficace. Difficile de donner d'autres indications sur Dômu sans en gâcher le plaisir, lisez-le, c'est tout.
De par sa courte longueur, je l'estime encore plus que le merveilleux Akira. A posséder absolument.
