Gokinjo, une Vie de Quartier

  • Auteur: Ai Yazawa
  • Origine: Japon
  • Année de création: 1995
  • Titre original: Gokinjo Monogatari
  • Licencié: oui
  • Titre français: Gokinjo, une Vie de Quartier
  • Editeurs: Akata (Delcourt)
  • Nombre de volumes: 7

Synopsis

Mikako Koda est une jeune étudiante à la fameuse école d'art Yazagaku (Yazawa Gakuen), et rêve de devenir styliste afin de pouvoir un jour créer sa propre marque de vêtements.
Son ami d'enfance Tsutomu Yamaguchi, qui vit sur le même pallier, se rend lui aussi à cette école, ce qui permet à leur belle amitié de perpétuer sous les regards de leurs amis et gens de quartier.
Entre rêve, amour et mode, quel sera le destin de ces deux jeunes gens?

Synopsis soumis par marwen

Par Beck le 02/05/2006 à 13:02

Première véritable incursion dans le monde des shojos, ce fut surtout pour moi la première approche de l'univers d'Ai Yazawa.

Alors premières pages et premières impressions : l'inégalité (voulue?) dans le dessin. La manière de dessiner et de mettre en évidence certains flots de sentiments contraste avec la façon de décrire la vie quotidienne des personnages. Ce choix (voulu ou pas) engendre un rythme agréable, ou le lecteur s'attardera forcément sur les moments clefs du scénario. On passe rapidement sur les moments faibles (le dessin y étant favorable) pour s'émerveiller devant les moments forts. Car que ce soit les expressions du visage, la mise en page, le dessin, tout est parfaitement orchestré par l'auteur pour émouvoir nos petits coeurs devant les périphéties psychologiques des différents protagonistes. Et une chose est sûre : cela fonctionne.

Pourquoi? Parce que l'ensemble sonne juste. Pas de "sursentiments", pas de renversements scénaristiques à but purement lacrymal, mais un scénario bien ajusté et une psychologie proche de la réalité. On plonge littéralement avec bonheur dans cette "vie de quartier", et chacun peut facilement s'assimiler aux différents personnages. Et à ce niveau aussi, pas de gros reproche à faire, avec une notion spécial au style vestimentaire qui sort indéniablement du lot.

Cependant, l'auteur, attiré par la lumière des sentiments, en oublie le côté obscur de l'être humain. A vouloir développer de nobles sentiments, la mangaka oublie toute une face de l'esprit humain : la méchanceté, l'égocentrisme, etc...
L'univers de l'auteur devient petit à petit "trop beau pour être vrai" et l'absence de "méchant" renforce ce sentiment.

Mais cela ne gâche finalement en rien la lecture de cette oeuvre car quand on constate la dure réalité de la vie, une incursion dans ce pays merveilleux ne peut faire que du bien.

7/10

Par marwen le 27/01/2006 à 16:23

Gokinjo ou le prequel de Paradise-kiss par l'incontournable reine du shôjo réaliste Ai Yazawa... 
 
Pour ceux qui comme moi ont connu Para-kiss avant de se lancer dans les aventures de Mikako (soeur de Miwako), ce sera un plaisir de découvrir ces 7 tomes durant lesquels l'environnement de Caroline (surnom donné à l'héroïne évoluant dans la suite de ce manga) prend un peu plus d'ampleur à la découverte de ce quartier. 
Je crois que c'est l'un des points cruciaux qui m'a tant fait aimer ce manga, on en apprend ainsi pas mal sur certains personnages secondaires de Para-kiss, et l'on a même droit à la fin du volume 7 à une petite histoire sur Miwako et ses amours enfantines. 
 
Cependant, Gokinjo possède aussi un charme propre loin de sa filiation avec sa séquelle. Ai Yazawa nous offre ici une histoire un peu plus légère que ce qu'elle a pu nous présenter dans ses autres oeuvres publiées chez nous, l'humour y est bien plus omniprésent et les interrogations sentimentales des personnages sont bien moins profondes que dans Nana par exemple. 
Cela pourrait être considéré comme un défaut, tant la véracité des sentiments de ses protagonistes a fait le succès de la mangaka, mais elle parvient tout de même ici à totalement nous accrocher, malgré l'absence des "tortures" psychologiques qu'elle fait souvent subir à ses héros. 
 
L'on assiste tout de même à une galerie de personnages tout en profondeur, l'exemple étant évidemment l'héroïne qui sous ses aspects loufoques cache des blessures que seul semble comprendre son ami d'enfance. Le fait par exemple que chaque choc se répercute sur elle par une transformation physique (piercing, coupe de cheveux...) traduit à lui seul le malaise présent malgré la légèreté de l'ensemble. 
Comme d'habitude chez Yazawa, on a droit a plusieurs histoires en parallèle mettant en scène les personnages dits secondaires, bien que dans ses oeuvres les "figurants" prennent souvent énormément de place, ce qui ajoute ici une épaisseur à Gokinjo, en particulier quant à l'histoire de Mariko la "kogal" et de son soupirant... 
Le scénario repose exclusivement sur les relations de ces jeunes gens, que ce soit de l'amitié ou de l'amour, thèmes traités avec justesse et sans drama, ce qui ne surprendra guère les fans de l'auteure tant elle excelle dans l'expression des sentiments. 
L'humour tient aussi le haut de la barre dans Gokinjo, certains chapitres sont tout bonnement délirants et il est rafraîchissant de voir que les mangakas ne reposent pas le rire que sur des blagues bien grasses. 
 
Niveau artistique c'est comme d'habitude du très bon, Yazawa ne cesse de m'étonner sur ce point (en particulier la façon dont elle s'amuse à habiller ses persos), même si on peut observer l'évolution de son trait entre cette oeuvre et sa suite. 
 
En conclusion une oeuvre bien sympathique qui ravira les connaisseurs comme les profanes, je conseille d'ailleurs à ces derniers de commencer Yazawa par ces 7 tomes, ce sera une petite intrusion en douceur dans l'univers si développé de celle-ci. 
Sur ce je me WAAAAAAAAAAAAAARP...

7/10

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