Kaze no Sho (Le Livre du Vent)

Kaze no Sho (Le Livre du Vent)

Informations générales

  • Auteur: Furuyama Kan, Taniguchi Jirô
  • Origine: Japon
  • Année de création: 1992
  • Titre original: Kaze no Shô
  • Nombre de volumes: 1
  • AKA:
    • - Samurai Legend

Version française

  • Licencié: oui
  • Titre français: Kaze no Shô - Le Livre du Vent - Les Chroniques Secrètes des Yagyû
  • Editeur: Panini Manga

Synopsis

1899 : dans un salon, une poignée d'hommes écoutent Katsu Kaishû leur compter l'histoire de deux clans s'affrontant pour des rouleaux secrets, dont le contenu pourrait bouleverser le régime en place.
Un flashback se met en place, nous sommes en 1643 : le clan des Yagyû est au désespoir de récupérer le rouleau volé par le clan des Tokugawa. Ils font alors appel à Jubei, un maître dans l'art du sabre, fidèle serviteur de son clan. Celui-ci se retrouvera très vite face à face avec son alter ego du clan opposé, Yashamaro, un combattant extrêmement doué qui surprendra Jubei de façon dramatique.
Dès lors, cet affrontement des deux clans tournera au face à face de deux hommes d'honneur dévoués corps et âme à leur clan.

Synopsis soumis par watanuki

#Par El Nounourso le 04/06/2008 à 11:50

Autant le dire tout de suite, c'est la première fois que le maître Taniguchi m'a déçu. Non pas que ce "livre du vent" soit foncièrement mauvais, non, mais le résultat est quelque peu décevant. Le fait que Taniguchi sorte de son registre habituel n'excuse en rien la qualité moindre de cet ouvrage.

D'abord enthousiasmé par cette chronique guerrière de l'époque d'Edo, je me suis progressivement désintéressé de l'histoire. Cette dernière met en image l'affrontement entre partisans de l'empereur retiré et partisans du shogun. Cette opposition est symbolisée par la rivalité de deux maîtres du sabre : Yashamaro et Jubei. Leurs personnalités trop tranchées (révolutionnaires fougueux au service de l'empereur VS défenseur serein du bakufu) ne les rend pas particulièrement intéressants. Et le coup du manuscrit secret dérobé n'apporte finalement pas à grand chose à l'intrigue, il sert surtout à intriguer (appâter) le lecteur via l'alléchante quatrième de couverture.

Puisque c'est un récit de guerre, on assiste bien sûr à de fréquents combats, principalement à l'arme blanche. La violence des assauts surprend un peu au début, surtout de la part d'un dessinateur comme Taniguchi, mais on se lasse assez vite de voir des samurais se faire pourfendre en une seule attaque sanglante. J'ai quand même apprécié la description de techniques particulières aux noms joyeusement exotiques. Plutôt bien dessinés, ces duels manquent quand même de dynamisme et, si je puis dire, d'enjeu. Si on occulte le combat final, leur issue est en effet courue d'avance.

Pour ce qui est de l'univers décrit, on est un peu noyés sous les noms géographiques, de seigneurs ou de vocabulaire guerrier, tant et si bien que le manga prend parfois l'allure d'un documentaire un peu dur à digérer. Restent quelques jolis paysages, malheureusement trop rares, entre deux scènes de massacre. L'ambiance est bien là, mais l'immersion réussie d'un récit n'a jamais suffit à le rendre passionnant. Je ne me suis pas à proprement parler ennuyé, mais j'avoue que je m'attendais à autre chose, plus épique et truffé de surprises. De ce point de vue c'est une vraie déception.

Kaze no Sho est un récit guerrier se déroulant à l'époque d'Edo. Trop centrée sur des combats vite lassants, trop proche d'un documentaire et dénuée de tension dramatique, cette histoire ne m'a pas vraiment convaincu.

5/10

#Par watanuki le 25/02/2007 à 20:16

Taniguchi par-ci, Taniguchi par-là, ce mangaka est la star hexoganale du manga, le seul auteur à "franchir les frontières" avec une aisance qui permet de ne pas désespérer de ce sous-genre qu'est le manga par rapport à la sainte BD franco-flamando-ibérico-auteuriste... qui effecitvement est très bonne au demeurant.

Alors, voyons voir ce Kaze no Shô : j'ouvre le manga imprimé sur du PQ par les mauvais soins de Panini Comics (même la jaquette est en papier mâchée, on comprend que l'éditeur ait eu honte de faire payer 15 euros pour ça, et qu'il ait inclus une lithographie cadeau qui décorera splendidement vos cabinets) et, sans surprise, je me heurte au trait impeccable de cet auteur, à ses personnages qui m'évoquent d'immondes amas de chair qui, selon la perspective, semblent parfois loucher au coeur de l'action. Taniguchi possède ce style qui lui est propre, les amateurs apprécieront la précision du trait et la pleine maîtrise de l'harmonie des planches.
Ce n'est toutfois pas peu dire que le dessin évoque grandement Otomo, mais un Otomo qui aurait fait manger 500 tonnes de chips à ses personnages avant de les dessiner en train de nager dans des cuves de Coca-cola.

En ce qui concerne l'histoire, elle n'est pas de Taniguchi, et propose un schéma extrêmement classique, avec une introduction qui personnellement ne m'a pas convaincu, en rigidifiant terriblement la narration : un vieux renard de la politique raconte à son auditoir les dessous de la vie politique au XVIIème siècle, démarche d'historien qui est une preuve de bonne foi du scénariste (féru d'histoire), mais qui n'électrisera pas les fanatiques de Naruto.

Et pourtant, dans ce parti pris de réalisme, certaines scènes, de combat notamment, paraissent à deux doigts de Ninja Scroll, notamment dans cette aptitude des personnages à faire des sauts de 3 mètres de haut (chez Naruto, c'est 15 mètres : Jubei est un petit joueur). Ce type de liberté pour les besoins de la mise en scène n'est pas criticable tel quel, mais cela détonne grandement avec la soif du détail et le désir d'ancrer (encrer) solidement le récit hors de toute affabulation.
La narration demeure quant à elle linéaire et sans surprise (affrontement, pseudo-défaite, entraînement acharné, pseudo-vistoire), à tel point que le fameux choc que je m'attendais à subir en lisant Taniguchi n'a pas eu lieu, et Kaze no Shô me paraît être un rendez-vous manqué avec le maître : pas assez de chaleur, et un trop grand désir d'impartialité quant à la narration a dévitalisé l'oeuvre. On a souvent l'impression que le dessinateur, admiratif face au scénariste, bride ses élans personnels.
Quoi qu'il en soit, c'est évidemment bien mieux que si Taniguchi nous avais pondu un sous Ninja Scroll (ce dont il serait probablement incapable)

Un manga qui se lit bien, qui n'ennuit pas, mais qui ne convertira pas les sceptiques.

6/10